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Professionnalisation, ancrage agricole : la SHF à la pointe du combat

  • Gabriel Attal reçu sur l'espace SHF
    Gabriel Attal reçu sur l'espace SHF
Sur un stand commun avec France Galop, la Société du Trotteur Français (SETF), l’AFASEC, le PMU et la Fédération Nationale des Courses Hippiques (FNCH), la SHF a pu porter collectivement l’excellence de notre filière équine. « Cette démarche, commente Michel Guiot, nous a permis de conforter nos actions en faveur d’une filière équine forte et unie, aux fondations profondément ancrées dans le paysage agricole. Nous avons ainsi été heureux de pouvoir recevoir de nombreux élus sur cet espace d’échange, et de défendre collectivement nos intérêts sur les thématiques sociétales, fiscales, ou encore environnementales ». 

Déjà présente l’année dernière, mais seule sur son stand, la SHF a joué collectif cette année. Sous la présidence Malivet, il ne s’est pas passé grand-chose, regrette le président de la SHF. « L'année passée on s'est dit que notre place était au Salon de l'Agriculture parce qu’on veut professionnaliser notre filière et marquer notre ancrage agricole ».

La donne a changé cette année avec l’élection d’Olivier de Seyssel à la présidence de la gouvernance. Dès la première réunion une stratégie sur cinq ans a été élaborée sur les principales thématiques transversales. « Quand on a vu que tout ça repartait sur des bonnes bases, j'ai remis sur la table le Salon de l’Agriculture et on a pris un stand commun. C'était la première fois que les courses étaient avec la SHF. Le mardi soir on a fait un apéro commun, chacun a fait son discours dans le respect mutuel et on a passé une semaine à rencontrer députés et personnalités, ensemble ou séparément, notamment le président de la Commission des Lois. C'était vraiment très enrichissant et en plus maintenant on sait travailler ensemble. La filière est sur les rails de l’interprofession parce que c’est vers ça qu’il faut aller. J'avais toujours dit aux 4 maisons mères d'élevage en dehors de la Fédé, que+ je ne comprenais pas qu'on ne soit pas soudés comme les doigts d’une main.  Il y a eu le couac de la TVA où je n'ai jamais réussi à rassembler tout le monde. La Fédé a eu ce qu’elle voulait et elle a bien joué, mais nous n’avons pas été servis. Pour la vente de chevaux on n'y est pas arrivés alors que depuis 2018, dans le règlement zootechnique de l'Union Européenne (RZUE), il était écrit noir sur blanc que les chevaux étaient considérés comme un produit agricole et que l'élevage de chevaux était une activité agricole. Sur ce Salon de l’Agriculture on s’est dit que le premier sujet dont il fallait parler c'est celui de la TVA parce qu'avec les courses on a vraiment les mêmes problèmes. Aujourd'hui on a de vrais arguments pour défendre ça parce qu’en dehors de ce RZUE le cheval dans tout son cycle de production c'est un animal de rente avec des chevaux qui sont herbivores, qui utilisent des surfaces en herbe, la plupart des éleveurs de chevaux n’ont que des surfaces en herbe et en général ils mettent très, très peu d’engrais chimiques donc ça va dans le vrai sens et sauf contradiction sanitaire tous les chevaux peuvent intégrer demain le circuit alimentaire,  même si ce n’est pas une généralité. Et puis en plus, la TVA de la reproduction est à 5,5 sauf pour les chevaux de sport. 

Aujourd’hui la professionnalisation de la filière ne passera que par une TVA réduite. C’est une promesse qu’Attal nous avait faite mais qui n’a pas encore abouti. » 

Michel Guiot évoque aussi le marché gris que génère une économie souterraine avec la valse des espèces et dont Bercy ne semble pas avoir conscience. Quant aux chevaux millionnaires, il partage le même point de vue que celui exprimé par Olivier de Seyssel.

Olivier de Seyssel a accéléré un peu ce mouvement-là ?

« C'est plus facile parce que quand on a un président comme Malivet qui était plutôt contre et pour qui tous les sujets passaient par la Fédé. Il a défendu la TVA mais côté Lecomte. Je lui ai dit maintes fois  «te rends-tu compte que tu ne défends même pas ton intérêt, l'intérêt de tes éleveurs, tu es élu par des gens du galop et tu ne les défends pas ». Aujourd'hui c'est clair qu’Olivier a une vision et en même temps un esprit très agricole, très syndicalisme agricole et c'est clair, c'est une chance pour la filière de se retrouver tous dans cette nouvelle mouvance. Aujourd'hui je suis assez confiant et j'ai beaucoup d'espoir. On s’entend très, très bien avec Olivier, on est sur la même longueur d'onde et sur tous les sujets. En 3 mois on a plus travaillé qu’en 3 ans avec l'ancien président. Pour moi c'est encourageant. »

Est-ce qu'à terme l’amateur va disparaître ?

« Non. Ce qu’on ne veut surtout pas c’est que les petits amateurs disparaissent, ils nous achètent nos chevaux. donc les cavaliers amateurs, les éleveurs amateurs peuvent continuer mais pas avec les mêmes droits, les mêmes avantages que les professionnels, c'est un choix. Nous avons édité en partenariat avec le groupe Fidal, un groupe d'avocats spécialisés, un livret qui explique les avantages qu'il peut avoir demain à devenir professionnel, par exemple l’exonération des plus-values. La prime aux naisseurs que j'ai remise en route c'est  pour professionnaliser la filière. Elle ne concerne que les professionnels, l’amateur ne le touchera pas. Ce qu'on a fait avec le label des cavaliers de jeunes chevaux et Jean-Maurice c'est aussi pour la professionnalisation de notre filière ». 

Des élections prochainement ?

« Aujourd'hui j'arrive au bout de mon mandat qui est un peu prolongé parce qu’on a eu un changement de statut pour être ad hoc avec le RZUE et ce changement de statut doit passer par le Conseil d'État donc c'est très long. L’assemblée générale aura lieu en mai ou juin je pense et avec là aussi un changement. Il n’y aura plus de cooptés parce que je pense que pour être efficace à la SHF il faut avoir les mains dans le cambouis, il faut des gens qui soient professionnels et qui aient besoin de la SHF comme outil de travail. On passera de 36 administrateurs à 24. Et demain ce sont 12 personnes qui animeront la SHF ». 

Propos recueillis par ER

29/03/2024

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