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Olivier de Seyssel pour porter la voix de la filière

  • Olivier de Seyssel aux cotés du Premier Ministre au Salon de l’Agriculture (© SHF)
    Olivier de Seyssel aux cotés du Premier Ministre au Salon de l’Agriculture (© SHF)
  • Sur le stand de la SHF
    Sur le stand de la SHF
Récemment élu à la tête de la gouvernance de la filière (voir notre précédente édition), Olivier de Seyssel semble de toute évidence la personnalité pertinente pour porter la voix de l’élevage.

Issu du syndicalisme agricole, fervent partisan des interprofessions, rompu aux arcanes du champ politique, il est céréalier dans le Bas Pays Savoyard (entre Ain et Savoie, proche de Chambéry) et propriétaire d’un petit élevage de chevaux de courses (trois poulinières de galop et trois poulinières de trot). Très impliqué dans la filière courses en tant que commissaire puis président de l’hippodrome de Lyon, il fut le créateur de l’hippodrome de la Soie. Il est aussi connu pour avoir, à la demande de la FDSEA, réussi la fusion des caisses MSA Ain et Rhône dont il est le président.

Comment est-il arrivé à la présidence de la gouvernance ? il explique.

« En fait aux dernières élections j'ai été élu vice-président du Cheval Français, de la SETF (Société d’encouragement à l’élevage du trotteur français) , et au premier conseil d'administration de la SETF on se répartissait les rôles et surtout la représentativité de notre société au sein de différents organismes. 

Le président m'a alors demandé de suivre le dossier de la filière et unanimement les cinq présidents ont souhaité que les courses continuent à présider cet organisme. Ils m'ont demandé de bien vouloir prendre la présidence, ce que j'ai accepté, tout en sachant que je connaissais vraiment de très loin tous les tenants et les aboutissants de cette filière. 

J'ai rencontré bien évidemment individuellement la totalité des représentants des sociétés mères et quelques satellites et puis j'ai essayé de comprendre où on pouvait aller.

Il y a des clivages importants, il y a des choses qui ne me paraissent pas franchement abouties et moi, avec mon côté agricolo-agricole et ma vision agricole des différentes productions, je m’aperçois que la filière équine est loin de cela. Alors elle a des raisons pour être loin. iI y a le côté amateur et il y a le côté professionnel qu'on n’a pas forcément dans les autres filières où c'est uniquement professionnel. 

Ce que j’ai expliqué à mes collègues c'est que j'avais une vision beaucoup plus interprofession et que la gouvernance de la filière devait devenir une interprofession. Quelle est l'utilité de la gouvernance de la filière ? C'est de travailler sur tous les dossiers transversaux. Ce n'est pas de s'occuper des dossiers spécifiques à la FFE, à la SFET ou à la SHF, c'est vraiment tous les dossiers transversaux et ils sont très nombreux. 

Pour pouvoir les faire avancer ces dossiers transversaux, il faut que demain on s'élargisse et qu'on construise une vraie filière et une vraie interpro avec les syndicats, avec toute la représentativité qui est assez exemplaire, avec les Conseils des chevaux qui sont en relation avec le terrain, avec les collectivités territoriales, département, région et autres. 

Tout ça, il faut arriver à le restructurer pour que les sociétés mères restent des sociétés mères et gardent la main sur cette interprofession et qu'elles puissent avoir demain des outils, des outils syndicaux pour faire avancer les choses : dossier de la TVA, dossier du transport et les multiples dossiers que l'on souhaiterait faire avancer et puis que l'ensemble de la filière se sente représenté et avoir un interlocuteur. 

Et je pense que le ministère, les pouvoirs publics, ont besoin aussi d'avoir cet interlocuteur unique avec et je ne l’oublie pas, le bras armé de l’IFCE qui doit être vraiment au service de cette filière. L’IFCE est un outil qui a énormément de compétences, mais qui doit être vraiment au service de la filière ce qui n’est pas forcément toujours le cas. Ça c’est mon analyse. J'en apprends tous les jours parce que c'est compliqué quand vous débarquez dans un milieu dont vous ne connaissez pas tous les tenants et les aboutissants ». 

Est-ce le dossier de la TVA qui va mobiliser pour le moment ?

« Non. Le dossier de la TVA est un dossier qui me tient à cœur, pas seulement pour les courses. On ne peut pas avoir un discours au ministère ou avec les pouvoirs publics en disant « Nous sommes une profession, nous sommes des professionnels avec un secteur amateur, c'est évident, mais nous sommes avant tout des professionnels » et de ne pas bénéficier des avantages des professionnels. Quand j'en ai parlé au Premier Ministre au Salon, il m’a répondu « Mais j'ai fait le boulot » « Non, lui ai-je dit, vous avez fait la moitié du travail. Avoir reconnu les centres équestres, c’est une très belle victoire. Dans toutes les entreprises agricoles, toute la TVA est à 5,5 sauf avec les équins et ce n’est pas normal ».  

Un professionnel produit un poulain avec de la TVA à 20 %, un amateur produit un poulain identique sans TVA. 

Comment voulez-vous qu’on soit professionnels ? Ce n’est pas acceptable parce qu’en plus on a perdu de l'activité. L’IFCE a fait une étude très claire montrant que l’activité depuis que la TVA est passée à 20 % a baissé dans tous les secteurs de la filière équine. En fait, c'est aussi une perte de ressources pour l'État qui aurait perçu plus de rentrées de TVA en laissant le taux à 5,5 %. Quand certains avancent l’argument des chevaux qui se vendent à plusieurs millions, il faut savoir que ça concerne à peine 1 % des chevaux et tous ces chevaux millionnaires sont vendus à l’étranger. L’exemple n’est pas bon. 

Ce que je veux, c’est arriver à convaincre les parlementaires, le ministère et autres qu’on nous a menés en bateau pendant des années en nous disant que c’était un problème européen, alors que maintenant, Bruxelles ayant donné sa liberté à chaque pays, c'est bien un problème franco-français. Il suffit d'avoir le courage politique et évidemment les budgets. Je vous dis, j’en suis convaincu, qu'en quelques années on retrouvera une activité grâce à cela et Bercy ne sera pas forcément perdant. Mais il faut le courage politique pour ramener définitivement la totalité de cette filière à 5,5 % ».

Le Salon de l'Agriculture vous a permis d’avancer sur ce sujet ?

« Je ne vous cache pas que je suis allé assez vite parce que j'ai estimé qu'il y avait une fenêtre de tir avec la problématique de la crise agricole. Comment j'ai avancé ? J'ai transmis le dossier au Premier Ministre et au Ministre de l'Agriculture, ils ont reçu à chaque stand ce type des demandes par tout le monde, donc je veux dire que ce n’est pas comme ça qu'on va avancer. Je crois à l’importance des syndicats. Ce que je souhaitais lors du Salon de l’Agriculture c’était que soit inscrit à la FNSEA, à la coordination rurale, aux jeunes agriculteurs, qui transmettent des dossiers en ce moment. La FNSEA a transmis 125 demandes au sujet de la crise agricole. Il faut que cette problématique de la TVA soit inscrite dans ces 125 demandes. Je ne suis pas en train de vous dire que si c'est inscrit ça va aboutir, ce qui est important c'était de l'inscrire et qu’elle fasse partie des revendications agricoles de la profession et dans la revendication spécifique à la filière équine, en haut du panier. Je ne vous dis pas qu'on va y arriver rapidement mais je ne désespère pas de pouvoir avancer sur ce dossier-là, en terme de délais je n’en ai aucune idée. Et je n’ai aucune promesse du Premier Ministre ou du ministre de l’Agriculture ».

Vous parliez du dossier du transport 

« Il y a d'autres dossiers effectivement. Bruxelles vient de sortir un texte sur le transport des animaux. Il dit quoi ce texte ? Il dit que vous ne pouvez plus transporter une jument qui vient de pouliner, c'est-à-dire que pour aller la faire saillir sur une saillie de chaleur de lait, ce n’est pas possible parce que pour le bien-être animal, le poulain ne supporterait pas le voyage. Si vous lisez entre les lignes, demain, pour emmener une jument à la saillie avec son poulain, il faudra qu'un véto constate, donc déjà un coût pour l’éleveur, qu’elle est apte à monter dans le camion et il faudra qu'un véto constate à l'arrivée qu'elle a bien supporté le voyage. 

On est tombé sur la tête. Et là-dessus il faut être très, très vigilant. Avec une filière forte on est à l'affût de ces textes-là, on peut donner notre avis et combattre certains lobbyistes ou certains défenseurs ayatollahs de la défense animale qui ne veulent rien comprendre et là-dessus si on n’a pas une filière forte je vous garantis qu’on va être malmenés. 

On ne peut pas comparer un camion de cochons qui part à l'abattoir et un van aéré, climatisé, avec 50 cm de paille qui transporte une jument qui va faire 200 kilomètres pour aller à la saillie. Il faut pouvoir expliquer ça et seule une filière unie parlant le même langage peut le faire.  

C’est un challenge passionnant, j’espère qu’on va y arriver mais s’il n’y a pas une volonté de la profession, il faut arrêter rapidement ». 

Propos recueillis par Etienne Robert


Guide des éleveurs FIDAL/SHF

Dans le cadre de son mandat et de sa profession de foi, la professionnalisation de la filière est un objectif prioritaire pour Michel Guiot, Président de la SHF et son équipe. C’est également un sujet primordial pour les autres acteurs de la filière équine et notre Ministère de tutelle. 

En partenariat avec la SHF, le pôle équin de FIDAL (cabinet d’avocats en droit des affaires) a élaboré un guide destiné aux éleveurs qui souhaitent se professionnaliser.

Ce document complet explique et compare les quatre structures juridiques les mieux adaptées à l’élevage dans la filière équine.

Présenté lors du Salon des étalons de Saint-Lô, le guide a eu un franc succès auprès des éleveurs présents et est désormais consultable en ligne sur le site de la SHF ou par mail à contact@fidal.com.

29/03/2024

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