Gérald Dumas tient un centre équestre dans une charmante bourgade, Vors, à proximité de Baraqueville, à quelques encablures de Rodez. Son activité se décompose entre le poney-club, le débourrage, la préparation de jeunes chevaux en vue des concours de sauts d’obstacles et la gestion d’une écurie de propriétaires.
En dépit de journées bien remplies, Gérald Dumas laisse une part à une autre passion complémentaire : l’élevage. Quant on lui demande d’où vient cette passion, il répond un sourire aux lèvres : « depuis toujours ». C’est lors de concours d’élevage qu’il a rencontré Roger Pomarede, éleveur aveyronnais dont l’élevage a été bâti sur la souche d’Olga, et qu’il a commencé à travailler pour lui (débourrage et présentation de jeunes chevaux). Ce dernier souhaitant réduire l’effectif de son élevage, Gérald Dumas a profité de l’occasion pour lui racheter deux juments : Obsetion et Oraison. La première pour ses origines (Obène d’Or), son modèle (une belle jument expressive bien typée Anglo-arabe) et sa production (notamment Jouable, une jument qui a bien tourné en Espagne sur des épreuves à 1,35 m). La seconde, une fille de Riago, avait 4 ans et s’est avérée être une vraie jument de concours (cycle classique 5 et 6 ans avec qualification pour Fontainebleau).
L’élevage de Gérald Dumas est résolument tourné vers le cheval de sport et plus particulièrement vers la race Anglo-arabe, « pour son énergie, sa beauté, son respect et surtout son intelligence de la barre ». Le choix de l’étalon se fait par rapport à la jument, dans le but d’une complémentarité. Même s’il reste un fervent adepte de la race Anglo-arabe (deux filles de ses poulinières ont été saillies pour conserver la souche), il n’hésite pas à croiser avec des Selle Français : Diamant de Semilly, Papillon Rouge, Dollar du Mûrier.
La production est récente, mais comme il aime à le dire, il a eu « la chance d’avoir un poulain champion de France des foals mâles AACR, avec une note de 8,2 » qui le consacre champion suprême des foals mâles AA et AACR. Chance ou destin ? Le bien nommé Uraison du Destin grandit tranquillement au Haras du Batut, chez Renée et Gilbert Sturbois, non loin de Rignac, à mi-chemin entre Villefranche-de-Rouergue et Rodez. L’histoire aurait pu commencer ainsi : « Il était une fois, quand un homme de cheval passionné, Gérald Dumas, rencontre un couple parisien, Renée et Gilbert Surbois, férus d’élevage… De leur rencontre naquit le Haras du Batut. » Mais c’est une autre histoire…