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Philippe Martin : « Une baisse de 11% des naissances »

« Les concours d’élevage Modèle et Allures n’attirent plus, comme hier, les gros acheteurs institutionnels qui stockaient les foals jusqu’à 3 ans avant d’en faire le tri. Les acheteurs marchands, qui font, en toute logique, subir aux éleveurs
la loi du marché ne se hasardent plus à supporter le risque financier du stock.

Les acheteurs utilisateurs veulent des produits « garantis sans risques » avec reprise assurée pendant deux ans dès qu’ils perdent le contrôle de leur monture au premier virage … idée à suggérer aux acheteurs de voiture…

Les charges, contraintes et tracasseries de toutes sortes pèsent de plus en plus lourdement - moralement et financièrement-sur l’éleveur.

La Pratique Sportive - l’essentiel de notre débouché – est de plus en plus coûteuse, et le nombre de licenciés compétition est en baisse.

A la différence de toutes les productions agricoles, le fabricant de matière première doit assurer lui-même la valorisation de son produit et sa commercialisation.

L’éleveur qui vient de faire naitre « le plus beau poulain de la planète » est aveuglé par l’espoir et peut manquer d’objectivité sur le réel potentiel de son produit d’où une surestimation de sa valeur.

L’individualisme gaulois des éleveurs, le jacobinisme des Haras, et  l’hégémonie, le monopole, le protectionnisme exigés par certains, sont en train de produire leurs effets.

Les producteurs nord européens-Belges, Hollandais, Allemands – qui ont refusé la marque nationale unique sont mieux armés que nous face à la crise. Une offre plus large, une capacité d’innovation et de réactivité générée par l’hyper agressivité concurrentielle qu’ils se livrent entre eux au sein même de chaque pays, leurs donnent le « mordant » qui nous manque.

Sans doute ne sommes-nous qu’au tout début des difficultés que nous avons redoutées : « …Avant qu’il ne soit trop tard… ». Puisque l’on peut d’ores et déjà annoncer une baisse d’au moins 10% des naissances de chevaux de sport français en 2011.

Les solutions miracles à effet immédiat n’existent pas.

Cessons d’attendre notre salut des autres.

A chacun des éleveurs, au nouvel Institut et au Ministère de l’Agriculture d’assumer leurs choix ou de revoir fondamentalement l’organisation de notre élevage et de sa valorisation. »

13/08/2010

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