Trois axes
En grande pompe donc devant un parterre de 600 invités et des personnalités et grands témoins de la politique et de l’économie du cheval, tels le professeur Denoix, Julien Epaillard, Serge Lecomte, président de la FFE, Paul-Jacques Tanvez, l’homme des sols équestres, Richard Dick au nom de l’élevage. Christophe Debalorre a fixé face à cet aréopage la feuille de route autour de trois axes : les sports, la formation et le développement touristique. Ambitieux projets.
« Notre Pôle International des Sports Équestres nous permet d’entrer dans la cour des grands. Et l’envergure que prend cette réception le confirme, ces installations de qualité font déjà référence à l’international. Les professionnels du jumping nous l’ont assuré, peaufinant l’organisation de grands rendez-vous au cœur de l’Orne dès l’an prochain. Par ailleurs, je vous confirme qu’un engagement a été signé pour l’accueil en vue de la préparation des Jeux Olympiques avec une très, très grande nation du sport équestre sur un autre continent qui a été séduit par nos installations sportives. Cette avancée considérable offre à notre Haras National du Pin, et aussi et surtout à notre beau département, une dimension toute nouvelle, mais ce projet désormais achevé et cet équipement aujourd’hui inauguré, ne constituent effectivement qu’une étape. En remerciant à nouveau l’ensemble des forces vives aux côtés du Conseil Départemental, je les invite à faire preuve du même enthousiasme pour la suite des projets. Soyons persuadés qu’il en sera de même pour les 3 autres volets : le volet formation, le volet tourisme, et le développement de la filière équine dont la mise en œuvre est maintenant lancée. Qu’il me soit permis de saluer tous les conseillers départementaux et l’unanimité avec laquelle ils ont fait du Haras National du Pin, leur cheval de bataille pour que notre département entre dans une 3e dimension. À l’image de la Vendée qui a son Puy du Fou, ou de la Vienne qui a son Futuroscope, l’Orne a fière allure avec son Versailles du cheval ».
« Pas de malthusianisme »
En homme de cheval qu’il est, Hervé Morin a brossé le prospère tableau de la Normandie équestre : « quand on a la chance d’avoir une région qui a, pardon de le rappeler, 6 800 entreprises dans la filière équine, 1 milliard 300 millions d’euros de chiffre d’affaires, quand on a la chance d’avoir plus de la moitié des chevaux, pas simplement de sport, mais de la totalité des chevaux qui naissent, qui sont en Normandie, 55 % de la totalité des chevaux des 3 disciplines naissent en Normandie. Quant au bout du compte vous avez environ 40 000 licenciés, on a là une équation qu’il nous faut en permanence entretenir. (…) Quand vous avez la chance d’avoir 20 000 salariés travaillant dans le monde rural, dans le sport équestre, ou dans le cheval en général, et bien vous vous dites que vous avez une pépite et que cette pépite-là il faut la cultiver matin, midi et soir, et il y avait un lieu qui était le Haras National du Pin, qu’on appelait dans l’histoire de France le petit Versailles, avec désormais un nouveau Louis XIV Christophe de Balorre, eh bien, quand on a la chance d’avoir ce patrimoine historique et qu’on le voit tomber, c’est-à-dire qu’il nous a fallu faire combien de millions d’euros de travaux pour simplement remettre hors d’eau un certain nombre de bâtiments. Eh bien, il nous appartenait d’en faire un des joyaux (…) Et je le dis aux Manchois qui parfois se disent « Mais si vous faites Le Pin, ça va être compliqué pour St Lô », c’est idiot, c’est malthusien. La France est morte de malthusianisme à de nombreuses reprises. C’est comme les 35 h, moins vous travaillez plus vous aurez de boulot pour les autres, ça n’a jamais été comme ça. Plus il y aura d’activité, plus y aura de développement, plus il y aura de croissance, plus il y aura d’investissement, plus l’activité globalement continuera à croître. Et c’est ce schéma-là qu’on a décidé d’emprunter à travers cet investissement, c’est parce qu’on sait que derrière il y a une activité économique, il y a de l’emploi, il y a du développement et il y a de l’aménagement des territoires ».
Recherche, enseignement, tourisme
Là ne s’arrête pas le renouveau du Pin. Hervé Morin en a détaillé avec gourmandise et précision les contours. Ce qu’il appelle le 2e pan du « carré magique » c’est la recherche et l’enseignement supérieur avec le Cirale pour lequel la Région a investi 40 M€ dans le Cavaldos pour accueillir la totalité de la formation vétérinaire équine en France soit 400 à 600 étudiants en permanence.
Le 3e pan, c’est le sport. En exemple, le Normandy Summer Tour initié par Christian Paillot.
« Quand Christian Paillot amène des écuries du Pérou, du Chili, de Colombie, des États-Unis, derrière ça veut dire quoi ? Ça veut dire des gens vont s’installer, vont embaucher, vont investir, consommer pendant des semaines et des mois, consommer dans la filière équine et consommer dans la région tout entière. On a la chance là d’avoir un modèle absolument exceptionnel et extrêmement rare de la concentration de tous ces éléments ».
Quant à l’avenir touristique, il passe par une renaissance totale du château transformé en hôtel avec une cinquantaine de chambres et l’arrivée d’un chef étoilé. La construction de cabanes dans les arbres ajoutera un plus à la destination touristique.
E. R.







