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Finales Coupe du monde FEI de saut d’obstacles et de dressage : les tenantes du titre , CSO : Beezie Madden , Dressage : Helen Langehanenberg

Celle qui défendra son titre à Lyon en avril prochain est une grande dame du circuit international. Une figure respectée, ne serait-ce parce qu’elle a « fabriqué » elle-même les chevaux qui l’ont menée au succès. Cela fait des années, des décennies même, que l’on sait que l’Américaine Beezie Madden est l’une des meilleures

Celle qui défendra son titre à Lyon en avril prochain est une grande dame du circuit international. Une figure respectée, ne serait-ce parce qu’elle a « fabriqué » elle-même les chevaux qui l’ont menée au succès. Cela fait des années, des décennies même, que l’on sait que l’Américaine Beezie Madden est l’une des meilleures cavalières du monde. Il ne lui manquait plus qu’un titre individuel pour sceller cette affirmation. C’est fait depuis le 28 avril dernier où elle remportait à Göteborg, le sanctuaire de cette épreuve, la finale de la trente -cinquième Coupe du monde devant le Champion olympique Steve Guerdat et le Français Kevin Staut. Beezie connaît bien cette épreuve : sa première finale, elle l’a courue en 1987. Il aura fallu attendre douze participations pour qu’enfin, l’année de ses 50 ans, la victoire lui sourie. Beezie n’est pas issue de cette filière d’amateurs aisés malgré son nom de jeune-fille, Patton, que les speakers français s’obstinaient à attribuer à une filiation avec le fameux général Patton qui avait libéré la Normandie. Que nenni: Beezie était, avant de l’épouser, la cavalière professionnelle du marchand de chevaux John Madden (aujourd’hui président de la commission de saut d’obstacles à la FEI). La John Madden Sales Inc., établie dans l’état de New York, achète, forme et vend des chevaux de compétition, entraîne des cavaliers pour le haut niveau. Beezie est la cheville ouvrière de cette affaire. Elle travaille, valorise et, parfois, mène pour elle, un cheval au haut niveau. Son succès, elle le doit à son travail, à son talent et à l’organisation mise en place avec son mari. Tout au long de cette longue carrière, elle a conduit un nombre


impressionnant de chevaux au plus haut niveau. Ils s’appelaient Trudeau, Gusty Monroe, Medrano, Nothern Magic, Girl Next Door, French Rapture, Dynamite, Dominique et plus près de nous, Judgement, Authentic (le double champion olympique par équipe et médaille de bronze individuel à Pékin à qui elle vient d’offrir sa retraite à 18 ans), Via Volo (surtout connu pour ses déboires aux Jeux olympiques de Londres et pourtant 4e de la finale de Leipzig en 2011) et Simon, le puissant Champion de Göteborg. Tous des chevaux classés plusieurs fois parmi les trois premiers d’un Grand Prix majeur ou finalistes de la Coupe du monde (avec onze chevaux, Beezie est certainement la cavalière ayant qualifié le plus grand nombre de chevaux différents pour une finale).


Et la liste n’est pas exhaustive : c’est dire le talent fou de cette besogneuse qui méritait bien cette Coupe du monde, au moins « pour l’ensemble de sa carrière. »


Avec ses 30 ans à peine et son cheval léger, Damon Hill, Helen Langehanenberg fait partie de cette génération qui a fait souffler un vent, une tempête même, de fraîcheur sur l’équipe de dressage allemande. Elles étaient toutes mignonnes sur la seconde marche du podium olympique de Londres avec Kristina Sprehe et Dorothee Schneider !


Helen est la première de cette nouvelle génération à avoir remporté un titre individuel en détrônant en avril dernier, la reine Adelinde Cornelissen, dans la finale de la Coupe du monde de Göteborg.Elle viendra donc à Lyon pour défendre ce titre et ce sera un ravissement pour le public français. Ce premier titre s’est enrichi en août dernier de deux médailles d’argent individuelles, en Grand Prix spécial et en RLM, derrière l’intouchable Championne olympique, l’Anglaise Charlotte Dujardin. Une performance qui ancre bien l’Allemande au sommet de la hiérarchie mondiale. Et si Charlotte avait la bonne idée de se qualifier pour Lyon, le duel sera sublime!


Pour atteindre ce sommet dans ce sport, la route est difficile. Surtout en Allemagne où on compte un cavalier de Grand Prix dans chaque village. Son métier, Helen l’a appris chez Ingrid Klimke, la fille du légendaire Reiner Klimke, champion olympique de dressage et elle-même double championne olympique de concours complet par équipe (2008 et 2012). Pour être précis, Reiner Klimke a remporté 23 médailles d’or en championnats, dont 6 aux Jeux olympiques! Une maison sérieuse donc où, alors âgée de 16 ans, Helen a formé avec Ingrid un Hanovrien de 7 ans nommé Princeton L au Grand Prix. Elle a elle-même sorti le hongre en Grand Prix et Grand Prix spécial,


décrochant rapidement le fameux «Goldene Reitabzeichen», une distinction récompensant les premières dix victoires à ce niveau. Au cours de ce premier séjour formateur, en 2005, Helen a monté un jeune cheval nommé Damon Hill, avec qui elle remportait le championnat d’Allemagne des 5 ans... un cheval qu’elle retrouvera quelques années plus tard.


Helen est ensuite allée poursuivre son parcours de formation chez le Champion olympique, du monde et d’Europe et ancien entraineur national, Klaus Balkenhol. Entretemps, en 2003, elle avait monté avec son compagnon, Sebastian Langehanenberg, devenu son mari en 2008, sa propre affaire. En2010, elle retrouve Damon Hill et sa carrière s’envole. Elle entre dans l’équipe A en 2011, année où elle remporte une médaille d’argent par équipe aux Championnat d’Europe, puis, en 2012, elle perd la Coupe du monde pour à peine plus de 1% de différence avec Adelinde


Cornelissen. Un an plus tard, elle tenait sa revanche à Göteborg après être passée sur la deuxième marche du podium olympique par équipe de Londres.


12/04/2014

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