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Débat FFE : une femme de rupture

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Une petite heure de débat, courtois, d’où les « piques » lancées par la candidate au sortant n’ont pas manqué mais rapidement réfutées. Utile, cette confrontation, plus pour cerner la personnalité des impétrants que l’originalité de leur programme, déjà largement connu. Trois personnalités bien distinctes.

Anne de Sainte Marie, sûre d’elle, jouant de son charme discret de jeune femme bien élevée, à l’aise à l’oral, sans lire de notes, avec un brin de malice dans l’art de distiller ses punchlines « passer d’une fédé parpaings à une fédé de l’humain », « les Français ont peur ».

Elle s’arroge le monopole du sentiment…

Beaucoup de promesses dans son catalogue de bonnes intentions pour la gouvernance d’une Fédération idéalisée d’où les professionnels sont curieusement absents, me semble-t-il. Elle l’a joue solo, privilégiant le « je » au « nous ». Lamotte-Beuvron n’est pas l’Elysée…

Elle brandit comme un gonfalon sa récente mais riche expérience des métiers du cheval, avec aplomb, conviction et une pointe de culot. C’est Jeanne d’Arc revisitée en daronne de l’équitation. Une femme de rupture.

Bien plus contrasté, Jacob Legros. Moins à l’aise qu’elle à l’oral, il lit ses notes qui parlent de son expérience de professionnel de la profession. C’est du vécu, du parler vrai. Il récuse habilement son clin d’œil sur l’aspect salarié ou bénévole du rôle de Président, « nous n’avons pas fait campagne ensemble » il la toise sur l’aspect des statuts « on doit les respecter, ils ont été votés ». Son credo à lui, c’est le bien-être des professionnels qui passe par un changement de modèle économique des structures, par l’amélioration des conditions de vie et de la protection sociale des dirigeants. Pour lui, la Fédération, « c’est nous, les dirigeants de club ».

Pragmatique, Serge Lecomte. Comme à son habitude. Le discours n’a pas changé. Il s’adresse sans artifice de langage aux professionnels « tout ce que nous faisons à la Fédération sert collectivement aux groupements équestres. La décentralisation est réelle. On ne peut pas raconter de balivernes aux dirigeants ». Réfute une autre baliverne venant de sa droite « non je ne raccroche pas au nez des journalistes ». (Je peux témoigner, Serge Lecomte n’a jamais refusé de me parler au téléphone).

Elargir la base de la pyramide en transformant le piéton en cavalier, offrir des clients aux éleveurs, assurer la formation de tous les cavaliers, offrir du rêve aux jeunes sur le parc fédéral, c’est le sens de son engagement. Riche, la Fédération ? Non, répond-il, c’est une fédération bien gérée ». « Nous sommes des éducateurs, des pédagogues, des agriculteurs » conclut-il.

Du concret. Pas de chimères.

Rendez-vous au prochain épisode, jeudi 18, même lieu, même heure.

Etienne Robert

16/02/2021

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