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Complications du poulinage : le poulain

Même si dans la grande majorité des cas, tout se passe bien pour le poulain, certaines études montrent qu’environ 12 % des poulains meurent entre 0 et 3 mois, dont une majorité pendant la période néonatale, entre 0 et 7 jours.  
Une hygiène rigoureuse et une bonne compréhension de l’importance du colostrum peuvent améliorer considérablement les chances de survie du poulain.
Le poulain doit être debout une heure après la naissance. Certains peuvent avoir des difficultés à se lever dans ce délai en l’absence de pathologie particulière, il faut alors les assister dans leurs tentatives.
Si la station debout ne peut être obtenue mais que le poulain est vif, un bon œil, avec un bon réflexe de succion, on peut traire la jument et faire boire au biberon 200ml de colostrum. Attention, à la fausse déglutition, il faut que le poulain soit en décubitus sternale et administrer lentement cette tétée.
Si le réflexe de succion n’est pas bon, il ne faut pas faire boire le poulain, les risques de fausse déglutition sont alors trop élevés.

Prise du colostrum
Le poulain doit être debout et capable de téter 2 à 3 heures après le poulinage.
En effet, il naît dépourvu de défenses immunitaires car le placenta de la jument est imperméable aux immunoglobulines (anticorps).
Dans les premiers temps de sa vie, sa protection contre les maladies infectieuses est assurée par les anticorps contenus dans le colostrum.
Ce transfert d’immunité est permis par l’existence d’une perméabilité transitoire (<24 heures) de la paroi digestive vis-à-vis des immunoglobulines.
Les risques de maladies infectieuses augmentent considérablement lorsque le transfert de l’immunité passive est insuffisante. 70 à 80 % des poulains septicémiques présentent un déficit d’immunité passive.
Les déficits d’immunité passive s’expliquent soit par un déficit en quantité et/ ou en qualité du colostrum soit par une mauvaise prise ou une mauvaise absorption par le poulain.
Des méthodes de tes existent pour évaluer la qualité du colostrum. Il est possible de réaliser également le dosage des immunoglobines sériques 24 heures après la naissance, grâce à une prise de sang et évaluer ainsi la qualité de l’immunité.
On peut évaluer la qualité du colostrum en évaluant sa concentration en immunoglobulines.
Chez le poulain nouveau-né, l’immunité passive est évaluée par un dosage des anticorps dans le sang, douze heures après la naissance.
Lors de suspicion d’un transfert d’immunité passive insuffisant, il ne faut pas attendre pour réagir.
Si c’est la qualité du colostrum qui est suspecté, il faut faire boire au moins 1 litre de colostrum de bonne qualité dans les premières 24 h après la naissance.
Si c’est la prise par le poulain qui est suspectée, il faut traire la jument et faire boire au biberon le colostrum si le réflexe de succion est bon. Si non, il faut réaliser un sondage naso-gastrique et passer le colostrum par cette sonde.
Des préparations sous forme de pâtes ou de lyophilisats, riches en immunoglobulines peuvent être intéressantes.
Au-delà de 24 heures, on peut avoir recours à des transfusions de plasma équin.

Mesures hygiéniques
Toutes les manipulations faites sur le poulain nouveau-né exigent un nettoyage des mains et du matériel employé.

Désinfection du cordon ombilical

Le cordon se rompt en général à 5 cm de l’abdomen.
Si la rupture spontanée ne s’est pas faite, on peut tenter une rupture manuelle en plaçant les mains de part et d’autre du site habituel de la rupture.
Si cette manœuvre est impossible, il faut couper le cordon après avoir réalisé une bonne hémostase à environ 5 cm de l’abdomen.
Le cordon est une des principales portes d’entrée des infections bactériennes chez les poulains.
Pour cette raison, le cordon doit être régulièrement désinfecté jusqu’à temps qu’il soit sec. La teinture d’iode donne de très bons résultats ; il faut toutefois veiller à ne pas brûler la peau.

Mesures de préventions médicales :
L’administration systématique d’un sérum antitétanique est recommandée. Elle protège le poulain pendant environ 3 mois. Les sérums anti-septicémiques ont une efficacité plus discutée du fait de la grande diversité des germes mis en cause dans les cas de septicémies. Ces sérums sont tout de même fortement recommandés. Ils ne remplacent toutefois pas la protection colostrale.
L’administration systématique d’antibiotiques ne fait pas l’objet d’un consensus. C’est également le cas des lavages rectaux systématiques pour prévenir la rétention de méconium car le risque de rupture du côlon n’est pas négligeable.

Dr. Alix Martin et Nicolas Delalande
09/04/2009

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