- Toute l’actualité du cheval et des sports équestres

ANSF: « Aide-toi, le ciel t’aidera »... peut-être

Très net le message qui est passé lors de cet AG de l’ANSF : les aides vont considérablement diminuer pour certainement disparaître totalement.  
Ce n’est pas nouveau, RGPP oblige, mais l’insistance avec laquelle le message se répète ne laisse aucun doute. Il va falloir trouver des financements ailleurs.
Réélu pour un second mandat de quatre ans à la tête de l’association nationale de race, Yvon Chauvin n’a caché ni ses inquiétudes face au désengagement de l’Etat, ni ses ambitions pour une ANSF forte. De nouvelles procédures sont en route pour trouver de nouvelles ressources nécessaires au fonctionnement d’une association de race qui se veut encore plus présente sur le terrain. A l’heure du bilan de ce premier mandat, le président sortant a brossé un tableau plutôt optimiste avec 1) le rétablissement d’une situation financière saine, 2°) la réorganisation du stud-book, 3) la mise en oeuvre d’élection au suffrage direct (1 éleveur adhérent = 1 voix), 4) un programme d’actions qui s’est traduit par la création d’un site d’engagement, la réorganisation des JSF à St Lô, le testage hivernal des jeunes étalons, la formation permanente d’un corps de juges, la labellisation de la voie femelle, la caractérisation, la création d’un réseau de délégués en région au service des éleveurs, l’édition de supports de communication.
Le bilan financier qui s’équilibre autour de 1 500 000 € est bon. Jean-Louis Bourdy-Dubois, trésorier, a clairement expliqué le mécanisme qui conduit à un résultat d’exercice bénéficiaire de 120 984 € malgré des fonds propres encore négatifs mais en nette amélioration puisque la dette (563 000 €) est quasi apurée aujourd’hui. Les points positifs selon lui : l’augmentation du nombre d’adhérents, la mise en place de partenariats et la création de nouveaux services. Les points négatifs : la baisse des subventions (- 30 %), la réduction des fonds Eperon et l’augmentation des charges.
L’inscription des poulains au programme d’élevage a rapporté cette année quelque 390 000 €. Peu de contestation sur ce chapitre qui avait donné lieu en son temps matière à polémique. Yvon Chauvin a rappelé qu’il s’agissait d’un engagement volontaire de l’éleveur au programme d’élevage du stud-book de la marque SF. La quasi totalité des éleveurs - 7400 sur 7764 naissances 2009 - a choisi cette adhésion qui procure à l’association un revenu sûr.
Comment faire ?

Face aux personnalités qui se trouvaient dans l’assistance, notamment Philippe de Guénin, directeur général de l’IFCE et Patrick Dehaumont, chargé du comité de préfiguration du GIP France Haras, les responsables des actions collectives ont passé en revue l’année 2009 : Michel Gaspard pour les juges, Jean-Baptiste Thiébot pour la vois mâle, Bernard-Pierre Le Courtois pour la voie femelle. L’importance de la souche basse fut mise en évidence par l’éleveur de Brullemail. Cinq générations de poulinières ont été observées pour promouvoir les meilleures lignées du stud-book. « Il faut, dit-il, faire le maximum pour que les bonnes pouliches soient mises à l’élevage. Les jeunes juments doivent bénéficier des points pace de leur mère sans toutefois devoir déshabiller les juments âgées pour pouvoir habiller les jeunes. Car il manque 600 000 € de primes aux naisseurs (PAN). Comment encourager la jeune génétique dans ces conditions ? Ce sera le chantier de la nouvelle équipe. »

« Consolider notre unité »

Invité à s’exprimer, le président de la SHF salua le travail réalisé par l’ANSF. Chargée de la valorisation des jeunes chevaux dans six disciplines (130 000 engagements en 2009), la SHF met aussi en oeuvre le process de la création de la société mère du cheval de sport. « Elle s’appuie, rappelle Marc Damians, sur toutes les composantes de l’élevage. Nous devons rendre notre filière lisible pour l’Etat et pour les collectivités et trouver un financement pérenne. Pour cela, il faut consolider notre unité et avancer groupés. » Message reçu puisqu’Yvon Chauvin l’a assuré de son entier soutien.
Une des premières sorties en public pour Philippe de Guénin et Patrick Dehaumont. Le premier, âgé de 48 ans, ancien DRAF des Pays de la Loire, ancien conseiller technique pour les productions animales dans le cabinet d’Hervé Gaymard (2002-2003), ancien directeur de l’Office national du lait, a été nommé directeur général de l’IFCE, en poste à Saumur, le mois dernier. Quant à Patrick Dehaumont, 53 ans, vétérinaire, jusqu’à ce jour directeur de l’agence nationale du médicament vétérinaire, il vient d’être désigné par le ministre de l’agriculture pour mettre en place le GIP France Haras. Mission délicate dans laquelle il succède à Jean Lesne. Tous deux ont parlé de financement pour confirmer que l’Etat réduirait considérablement sa participation dans le cheval. Même sentiment exprimé par Jean Lesne et par René Beaumont, sénateur de Sâone-et-Loire, vice-président du groupe cheval à l’assemblée nationale.

La PAN en panne et la PACE dans l’impasse ?

Charles de Certaines, chef du bureau de l’équitation à la sous-direction du cheval a fait un point de situation sur les encouragements. Deux axes se dégagent : conforter les 76 000 emplois de la filière et permettre aux professionnels de s’impliquer plus fortement. « La reconnaissance des compétences, dit-il, c’est le moteur de la réforme ». Sans nier le désengagement de l’Etat qu’il estime être de l’ordre de 25 %, il en atténue la portée par l’apport du fonds Eperon. « La réforme des encouragements, dit-il, passe par une redéfinition des priorités pour éviter le saupoudrage. Il est évident que maintenant, l’attention de l’Etat se portera vers les éleveurs et les acteurs de terrain plutôt que vers les structures. » Pour 2010, il a été décidé de maintenir les primes SHF à leur niveau 2009 et d’assurer une stabilité relative (- 8%) des encouragements aux chevaux de 0 à 3 ans. Pour ce qui est de la prime pace, une augmentation de 12% a été prévue soit une enveloppe de 1 M d’€. Sur cette enveloppe, 70 000 € ont été attribués sous forme de subvention à l’ANSF. Le montant de la pace 2010 sera donc de 930 000 €.
Quant à la Pan (prime aux naisseurs) supprimée en 2008 après concertation des socioprofessionnels, elle est désormais reportée sur la pace avec les fluctuations que l’on sait.
Concernant la maison-mère, « enjeu de structuration majeure pour une filière forte et crédible », il appuie l’action de Marc Damians dans sa recherche d’un financement pérenne et estime qu’une logique de projets doit prévaloir sur une logique de pouvoirs.
Une table ronde autour du Dr-vétérinaire Olivier Lepage sur le thème de la croissance du poulain et de son alimentation a conclu cette AG.

Etienne Robert

Yves Chauvin : « Rien ne nous aura été épargné »
A l’issue du Conseil d’administration renouvelé à près de la moitié de ses membres, Yvon Chauvin, réélu président par 38 voix sur 40 votants, s’exprimait en ces termes :
Comme je l’ai dit avant les élections, j’ai beaucoup hésité à me représenter à la présidence de notre association. Au départ, je ne suis pas d’une nature particulièrement maso; mais à ce sujet, la présidence de l’ANSF vous oblige à supporter ce que vous n’avez jamais connu dans votre domaine professionnel ou personnel. En effet, j’ai très mal vécu les campagnes délétères visant ma propre personne (ça n’est pas important) mais surtout   certains de nos administrateurs qui travaillent et consacrent beaucoup de leur temps pour la réussite de notre stud-book. Le dénigrement de nos actions, les procès d’intention permanent qui frôlent l’hystérie, les tentatives de division de notre stud-book encouragés par certaines institutions de la filière; les appels, afin d’inciter les éleveurs à ne pas adhérer à notre programme d’élevage et notre marque Selle Français pour 50€; le procès en conseil d’état sur les livrets, caricaturer notre politique de décentralisation en projet de centralisation etc.……Rien ne nous aura été épargné.
Croyez-vous, en lisant ces pamphlets, abondamment relayés par la presse que le monde de l’élevage puisse encourager des investisseurs à nous accompagner dans notre démarche, ou que l’image que nous véhiculons soit positive pour les encourager.
Résultat de tout cela : Un énorme «Pschitt», je dirai même un énorme camouflet pour ces diviseurs  patentés. Il est temps de siffler la fin de la récré, de tourner la page et de se mettre au travail pour réaliser nos projets pour 4 ans.
Avant d’aller plus loin, je tiens a faire un point précis sur la représentativité légale de notre association afin de clarifier le débat définitivement. Seule  l’ANSF peut se prévaloir de la représentativité des éleveurs de Selle français; il en est de même pour les Anglos Arabe avec l’ANA, et de l’ACA pour les arabes. Toute la construction législative européenne est bâtie sur la base de la représentativité des stud-books. Notre légitimité est incontestable et personne d’autre ne peut se prévaloir de cette représentativité.
Le Selle Français est le poids super lourd de l’élevage sport Français. Ce n’est pas un handicap, n’en déplaise à certain, mais au contraire  une chance énorme pour notre pays. Notre association a montré par ses actions que beaucoup d’initiatives qu’elle a prise ont été déclinées au bénéfice de l’ensemble de notre filière. Nous devrons faire preuve de plus de pédagogie dans l’avenir afin que notre volonté de réforme soit encore mieux comprise.
Mais réfléchissons un peu. En période de crise, il est essentiel de s’appuyer sur ses points forts et le point fort de notre élevage National…. c’est le Selle Français. Dans ce contexte actuel si inquiétant, notre seule revendication est d’être locomotive de projets au service de tous. Non pas que nous soyons comme St Thomas, mais nous sommes nous-même condamnés à nous remettre en permanence en question, à prendre de nouvelles initiatives, à innover, à nous structurer. Pourquoi?  Parce que nous sommes les premiers concernés par la guerre économique à laquelle nous sommes confrontés et que ce sont nos éleveurs qui en subissent les conséquences de plein fouet. A titre personnel, je me sens responsable vis-à-vis de chaque éleveur de Selle Français et je me dois de tout faire pour mettre en place une politique à long terme qui réussisse.
Notre monde de l’élevage vit une crise sans précédents, dans le même temps l’état a réduit l’encouragement aux éleveurs de 30%( suppression de la PAN).Si l’état n’a plus d’argent, il a par contre des moyens humains  qui peuvent nous accompagner à la réalisation de projets concrets au service de l’élevage. J’ai des propositions  à faire à Mr de Guénin , nouveau directeur de l’IFCE, qui peuvent être mises en  œuvre rapidement au bénéfice de tous.
D’un autre côté, il est temps que nous unissions nos forces pour présenter un front uni afin de trouver un soutien financier extérieur à l’état. Nous devons arriver à convaincre nos amis des courses d’instaurer  un «fonds élevage». Cela montrera d’une manière indiscutable notre solidarité et l’appui de notre filière au monde des courses.  J’en ai parlé avec  Marc Damian qui a les mêmes objectifs que moi dans ce domaine et je suis à sa disposition pour l’accompagner dans ses démarches dès demain.
Ces trois années aurons permis d’épurer en grande partie les comptes, de mieux nous connaitre pour travailler en équipe et engager un certain nombre de projets stratégiques. Je reste très attentif aux opinions des uns et des autres; un président même si il doit insuffler une dynamique, doit d’abord et avant tout être le centre de l’union, écouter  les différents avis, rechercher un consensus et prendre les décisions finales qui lui incombent.

Nos projets pour demain :
1. Consolider la «Maison Selle Français» et inscrire dans la durée les projets déjà engagés dont nous vous avons parlé déjà ce matin.
2. Mais le grand objectif pour ce nouveau mandat est axé sur deux priorités essentiels: améliorer significativement notre performance dans la valorisation et la commercialisation de nos produits Selle français.
Ceci devra se concrétiser par des actions précises auquel nous devons nous associer ensemble. Nous devrons faire tous des efforts importants afin que notre coté «franchouillard individualiste» qui réjouit nos concurrents évolue; il est temps de changer d’état d’esprit, de la jouer collectif plutôt que de vouloir toujours montrer son particularisme.
Cette politique va s’appuyer sur:
- Le développement de notre image de marque Selle Français avec  une accélération de notre politique de communication en France comme à l’étranger.
-Caractérisation de notre production mais aussi de nos éleveurs pour mieux savoir ce que chacun attend de nous.
-Développement de contacts professionnels à l’étranger, ambassadeurs de notre marque SF , consolidant ainsi nos premiers pas en Espagne et en Italie.
- Développement de nos» Journées Selle Français  St Lo»: vitrine nationale et Internationale de notre élevage. Une vitrine c’est bien, mais nous devons tout faire pour que cet évènement devienne un évènement commercial important au même titre que les plus grandes Korung du nord de l’Europe. Nous ne le ferons pas seul. Le commerce est un métier et nous devons nous associer à des professionnels  aguerris. Ce premier galop d’essai avec NASH en 2010 va nous permettre de faire notre apprentissage.
-Concernant le commerce des produits Selle Français, nous avons un retard important sur nos concurrents étrangers car la préparation à la vente de notre production ne correspond pas aux besoins du marché. Le consommateur, pour une bonne part attend de nous un produit «clé en main» pour une utilisation immédiate. Notre défi  pour demain est de répondre à cette attente. Cette prise de conscience  nous oblige   à une remise en question importante du  schéma de valorisation existant. A nous de trouver les bonnes réponses  avec la SHF, il y a urgence sur ce sujet aussi.
-Sur l’évolution de notre politique de race, de nombreux éleveurs sont intéressés par une identification des souches qui ont constitué notre Selle Français historique; d’autres, aussi nombreux, sont moins sensibles à cet aspect génétique. Personnellement je ne suis pas opposé à ce que nous entamions une réflexion sur ce sujet qui, je n’en doute pas va passionner notre conseil d’administration. Concernant l’ouverture à la génétique étrangère, je crois que nous devrons encore resserrer nos critères de sélection.
Concernant les prises de parole  de nos invités, j’aurais pu escompter, comme l’ont fait les autres intervenants ,  quelques encouragements du ministère de l’Agriculture à notre association ,  pour reconnaitre tout le travail professionnel et les réalisations concrètes réussies par notre équipe pendant ce mandat de trois ans qui vient de se terminer .  C’est vrai que nous avons beaucoup travaillé et réalisé des projets porteurs d’avenir qui sont dès à présent en place,  appréciés  de toute la filière. Peut être avons-nous trop privilégié l’efficacité?   Action, Projet, Responsabilisation, Professionnalisation ne sont pas pour nous que des mots mais une philosophie  qu’il est nécessaire et indispensable  de partager avec nos éleveurs de Selle Français.
Pour conclure, je dirai que depuis notre arrivée à la tête de l’ANSF, je comparerai notre équipe restreinte à celle d’une famille  qui reçoit à diner des invités importants et qui réussit des mets qui sortent de l’ordinaire. Au départ de ses invités le maitre de maison se dit qu’il aurait bien du mal à réussir dans les 4 ans qui viennent un repas équivalent tous les jours. C’est ce qui fait toute la différence entre l’exploit d’un jour et la réussite dans la durée. Notre mission pour demain est de pérenniser l’action et  d’asseoir ainsi la crédibilité de notre stud-book par une conduite professionnelle de qualité.
Le nouveau conseil d’administration :

1er Collège Eleveurs

Aquitaine : Cécile Marin
Auvergne : Robert Maury
Bourgogne : Yves Chauvin - Henriette Desbrosse
Bretagne : Bruno Chassaing - Patrick Rabot - Jean-Pierre Texier
Centre : Philippe Lemaistre - Dominique Reymond
Champagne-Ardenne : Gérard Cousin
Franche-Comté : Elyane Hanriot Colin - Raphaël Suchet
Ile-de-France : Jean Louis Bussereau
Languedoc-Roussillon/PACA : Béatrice Gauffreteau
Lorraine : Lucien Hecht - Pascal Trassart
Midi-Pyrénées : Jean-Paul Regis
Nord-Pas de Calais/Picardie : Thierry Morlière
Normandie-Le Pin : Bénédicte Barrier - Sabine Lecourt
Normandie-St Lô : Olivier Brohier - Jean Luc Dufour - Jean François Noël - Jean Baptiste Thiebot
Pays de la Loire La Roche/Yon : Paul Hubert - Philippe Poiraud
Pays de la Loire Le Lion d’Angers : Alix Martin Lalande
Poitou-Charentes : Pascal Cadiou
Rhône-Alpes : Daniel Blanc - Philippe Prevost

2e Collège

Propriétaires d’étalons : Jean-Louis Bourdy Dubois - Jean-Claude Daguet - Michel Guiot - Roland Le Fustec - Raymond Lefevre - Grégory Mars

3e collège
Associations d’Utilisateurs : Christian Baillet - APCS; Jean François Danton - Acsof; Jean Fourcart - Asep; Olivier Jouanneteau - Acsof; Bernard Le Courtois - Asep; Danièle Mars - APCS

4e collège
Associations d’éleveurs : AECCP - Bernard Lesage; Asecra - Michel Levrat; ASFMP (Midi Pyrénées) Jean-Paul Régis; Cheval Normandie - Jean Muris

Entendu
• Au sujet de la génétique SF, Marc Hiriart-Durruty, cavalier et éleveur de SF en Aquitaine interroge, au regard des achats d’étiquettes pour obtenir la marque SF : Ne serait-il pas bon d’ouvrir un débat sur l’identité nationale du SF avant qu’il ne soit trop tard ?
• Du même interlocuteur à propos de « l’embrouille » Fedecsa-FE3ASF dans sa région, cette remarque frappée au coin du bon sens ironique : « pourquoi, si on suit votre logique politique, ne pas laisser la présidence de l’ANSF à M. Bernachot, président de l’Anaa ? »
Réponse d’Yvon Chauvin : « Je me suis trompé en intervenant dans cette affaire ».
• De Philippe Martin à propos de 50 € par livret : « Imaginez que pour avoir droit à la sécu, il faille adhérer à un parti politique. Vous avez fait la même chose avec vos 50 € pour être SF ».
Réponse de la salle : mauvais exemple, la sécu est malade.
27/05/2010

Actualités régionales