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La Pironnière, une trilogie toujours gagnante

La Pironnière, c’est la Vendée du marais fou, près de Luçon. C’est aussi le nom d’un célèbre cheval, celui d’un affixe indissociable des frères Bonneau, amis de toujours, et celui d’une ferme, celle des Canteteau, éleveurs de Champagné-les-MaraisLes Photo 1 sur 4
Pironnière font partie du Gotha de l’élevage français. Depuis Pierre Trichet, le père de Martine. Une succession de hasards heureux a fait que Jean-Marie, le cavalier amateur « fondu » d’élevage a rencontré et épousé Martine, la fille de Pierre Trichet, l’éleveur éclairé. La base des Pironnière, c’est Surprise du Marais, une fille du Pur-sang Bois Rouaud, née à Champagné que le père Trichet acheta en 1965. Elle avait 3 ans. C’est elle la fondatrice. Croisée le plus souvent aux pur-sang, elle n’eut pas plus d’une dizaine de descendants, mais une grande majorité de femelles. Nous retiendrons Gourmande, fille d’Arquebusier et Royale Pironnière, fille de l’anglo Vidoc dont les filles furent mises à l’élevage.

De cette branche Gourmande sont issus deux produits indicés à plus de 160 : La Pironnière (ISO 164 en 85) par Vidoc AA et Quincy Pironnière (ISO 164 en 90) par Hurlevent. Tous les poulains de Gourmande seront à destination CSO, sauf un, Papyrus III qui deviendra en 92 champion de France de Complet.

Le CSO, c’est évidemment l’affaire des frères Bonneau. L’amitié qui les lie à Jean-Marie Canteteau est toujours d’actualité. C’est André qui le premier prend les affaires en mains. Les Pironnière ont une bonne tête et Jean-Maris, un feeling très particulier avec les chevaux. Quand ils arrivent à 3 ans chez André, ils sont quasiment débourrés. Tous vont tourner en classique sous la selle de Jean-Pierre ou celle de Jean-Maurice. La valorisation passe par eux, la commercialisation aussi, selon un rituel immuable. Ainsi va la vie des Pironnière. La Grande Semaine de Fontainebleau devient l’incontournable période de vacances pour Jean-Marie et Martine dont le métier d’agriculteur, négociant en paille et foin ne laisse que peu de loisirs mais n’exonère pas d’une certaine qualité de vie et de convivialité. L’accueil est toujours simple et chaleureux, à la ferme comme sur les terrains de concours ou les salons d’étalons. La Pironnière apporte aux Canteteau les premiers frissons du haut niveau sous la selle de Jean-Maurice. Papyrus aussi, en CCE , Quincy suit la même trajectoire en remportant une coupe des Nations avec Jean-Maurice. Les portes de l’équipe de France s’ouvrent. Hélas la jument se blesse et sa carrière sportive est stoppée nette. « Une gagneuse, une vraie Mac Laren » disait d’elle son cavalier. Un coup dur pour le moral de Jean-Marie. Quincy rejoindra donc le piquet des poulinières. Un de ses fils par Nashville III, Havane de Quincy fut champion des étalons de 7 ans en 2002 avec Timothée Anciaume. Urlevent Pironnière, propre frère de Quincy atteindra les sommets avec Jean-Maurice qui l’avait acheté à 3 ans. Da la ferme de Pironnière sortira aussi Gavroche de Quincy qui passera sous les selles de Francis Mas et d’Edouard Couperie, en internationaux. « L’idéal pour moi, dit Jean-Marie, c’est de vendre les poulains au sevrage ou de garder quelques bons chevaux jusqu’à ?5 ou 6 ans, le temps de les valoriser et de faire une plus value. Après, à un certain niveau, nous éleveurs, nous ne maîtrisons plus la carrière de nos chevaux ». Aujourd’hui, six poulinières sont à l’élevage.

La plus longue buvette de Vendée

Si Champagné est connu pour ses élevages, elle l’est aussi pour l’organisation des concours et sa plus longue buvette de Vendée : un bar de 25 m, couvert, où la convivialité est de rigueur. Les bénévoles se chargent de tout. Et ça marche. Fin juillet-début août, 700 à 800 chevaux s’y donnent rendez-vous chaque année sur une carrière en sable d’une bonne tenue. L’espace est vaste et l’organisation top.

C’est là aussi qu’Aurélie Jouin vient travailler les jeunes chevaux que lui confient les éleveurs. Sous la houlette de Vincent Blanchard, elle débourre, prépare les concours de 3 ans et débute les 4 ans. Un précieux service de proximité pour les éleveurs qui apprécient le travail de la jeune cavalière. Michel Bouju, Jacques Imbert et Jacques Heraud sont de ceux-là.

Berceau de ?Lavalette Leamax

La Vendée, c’est un terroir exceptionnel, lieu de rencontres privilègiées. C’est là que Luce et Philippe Bossé, avocat parisien, vont donner libre cours à leur penchant pour l’élevage. Ils sont propriétaires d’une excellente jument, Coquette du Roc (Rungis des Halles), fille de Coquette, la jument base de l’élevage d’Alain Chevalier (lire par ailleurs). C’est Jean-Marie qui va veiller au grain en prenant la jument sous sa coupe. Les Bossé choisissent l’étalon. Ce sera Obéron du Moulin. De cette union naît un chic poulain : Lavalette Leamax (affixe Bossé). Le cheval grandit sereinement et fait ses classes avec Vincent Blanchard, un cavalier très apprécié ici, qui le qualifie pour les finales de Fontainebleau à 4, 5, 6 et 7 ans. Passé chez Bruno Rocuet qui le confie à Thomas Rousseau, l’étalon se révèle l’année de ses 8 ans en gagnant la six barres de Nantes, se classant à St Lô, Auvers, au CSI*** de Maubeuge, gagnant le GP de Béthune, celui de Franconville, 2e à Vannes entre autres. Lavalette va faire sa première saison de monte cette année à l’élevage du Figuier chez Thierry Fruchet en Vendée. Sa carrière sportive reste confiée à Bruno Rocuet. Coquette du Roc, morte il y peu, a encore produit Jalna Leamax (Velcome Fontaine), Marechal L (Esterel des Bois), Nandy L (Elf d’Or), Orizza L (Elf d’Or) Pomone L (Elf d’Or), Quetzalcoat L (Obéron du Moulin), Tanahis L (Quincy) et Ulysse L (Flipper).

Autre jument du couple parisien confié à Jean-Marie, Iris des Peux (Arra d’Auzay et Quetty st Pierre) née chez Stéphane Godard, autre éleveur vendéen et sortie en concours par Vincent Blanchard.

Etienne Robert

26/03/2009

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