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Détournements en Aquitaine : Joël Canicas devant la justice

L'homme-orchestre de la filière équine en Aquitaine aurait détourné près de 368 000 €, selon la police judiciaire. Les fonds venaient en partie de subventions versées par la Région.  
Convoqué jeudi (17 février) devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour répondre d'importants détournements de fonds au préjudice de la filière équine, Joël Canicas s'était fait porter pâle. Un certificat médical établi par un médecin de Lesparre attestait de manière imprécise que son état de santé lui interdisait de quitter son domicile. Me Lionel Marconi, son conseil, soutenait qu'il n'y avait aucune malice dans les écritures du généraliste. Le tribunal a pourtant perçu comme un parfum de complaisance et a refusé tout renvoi de l'affaire. Le procureur Christian Lagarde a requis à l'encontre de l'ancien homme-orchestre de la filière équine en Aquitaine 30 mois de prison pour partie assortis du sursis. Avec l'interdiction d'exercer pendant cinq ans toute activité professionnelle ou sociale dans le monde équestre.
Le jugement sera rendu le 10 mars.

20 comptes bancaires

Venu de l'industrie papetière, Joël Canicas, propriétaire d'un élevage dans le Médoc, s'était progressivement inséré dans les rouages du petit monde du cheval. Dans un univers déchiré par des rivalités et des querelles picrocholines, son allant et son enthousiasme apaisaient bien des conflits. Il était devenu le rouage indispensable du Conseil des équidés d'Aquitaine (CEA) une structure au sein de laquelle cohabitent diverses associations équines, des éleveurs aux détenteurs de chevaux de course.
Officiellement, Joël Canicas n'en était que le vice-président. Dans les faits, il tenait ferme le gouvernail. Chacun lui reconnaissait une capacité rare à décrocher des subventions, notamment auprès du Conseil Régional d'Aquitaine présidé par le socialiste Alain Rousset. Jusqu'à ce fameux jour de 2008 où le président Jean-Marie Bernachot a découvert que le CEA détenait un second compte bancaire. Joël Canicas l'avait ouvert sans rien dire à Saint-Laurent-du-Medoc.
Les responsables de la filière ont pensé un moment pouvoir laver leur linge sale en famille. Avant de se résoudre à déposer plainte. Aucune comptabilité n'ayant été jamais tenue, il est bien délicat de chiffrer avec précision les ponctions. Après avoir épluché la vingtaine de comptes bancaires qu'actionnait Joël Canicas, la police judiciaire les a évaluées à près de 368 000 € entre 2006 et 2008. « On découvre une nouvelle profession : le bénévole rémunéré », ironisa la Présidente Caroline Baret.
La révélation du pot aux roses a enterré le projet de parc équestre envisagé par le CEA à proximité de l'hippodrome du Bouscat. La Région a coupé le robinet à subventions, les partenaires se sont retirés. Subitement, l'homme providentiel a eu mauvaise presse. « Rien dans ce dossier ne plaide en sa faveur, assène le procureur Christian Lagarde. C'est quelqu'un de profondément malhonnête qui avait trouvé un filon pour bien vivre et s'enrichir. »

(Extraits du journal Sud Ouest)
24/02/2011

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