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Gauthier Lenoir, jeune cavalier qui rêve d’espace

  • Gautier Lenoir et Casalor, sa jument de tête (© FFE/DR)
    Gautier Lenoir et Casalor, sa jument de tête (© FFE/DR)
La FFE, après avoir organisé un stage au Mans mi-janvier à destination des jeunes de l’équipe de France de CSO, récidivait à Toulouse début février. L’occasion de partir à la rencontre de la relève tricolore et plus particulièrement de Gautier Lenoir, cavalier Junior 2e année de la région Occitanie. Du haut de ses 17 ans, Gautier Lenoir rêve de Jeux olympiques mais aussi de travailler dans l’aérospatiale. Deux passions incompatibles ? Pas forcément pour ce jeune homme qui a la tête sur les épaules. Son baccalauréat en poche, Gautier a choisi de se consacrer aux chevaux. Pour le moment…

Double nationalité, double passion

« J’ai toujours eu deux rêves : monter à cheval ou évoluer dans le spatial. Même si c’est assez clair que je veux être cavalier, tout ce qui touche à l’espace reste une passion pour moi. J’adore apprendre, ça m’apporte un plus en dehors de l’équitation. Je prends le temps d’étudier le soir ou le matin avant d’aller monter. » 

Au programme : physique, chimie, biologie, mathématiques et … russe : « C’est une langue utile dans le milieu de l’espace. Si je change d’avis et je ne veux plus faire de l’équitation mon métier, comme je suis Américain, j’essaierai d’aller dans l’Air Force rejoindre l’aérospatiale », argumente le jeune homme qui a la double nationalité franco-américaine.

Né aux Etats-Unis, il y passe les sept premières années de sa vie. « Je me sens Français, mes parents le sont tous les deux mais je reste attaché aux USA. J’ai beaucoup de souvenirs de San Francisco où je suis né et de Denver dans la Colorado », s’attendrit le trilingue après quelques mois passés à Madrid. Il revient ensuite en France avec ses parents et c’est par hasard qu’il découvre l’équitation.

Faire des choix

« J’ai découvert le poney à dix ans puis je suis passé rapidement à cheval et j’ai commencé la compétition », raconte celui qui a débuté à Castelnaudary (11) chez un certain Denis Polge, son coach actuel. « Denis a ensuite déménagé à Fanjeaux, à 1 km de chez moi, ce qui m’a permis de monter davantage », se souvient Gautier. Habitué aux cours par correspondance aux Etats-Unis, il les poursuit en France, se dégageant ainsi plus de temps pour les chevaux. Si le côté social de la scolarisation lui manque parfois, le jeune diplômé sait où il va : « Il faut savoir faire des choix et des sacrifices pour réussir », affirme-t-il. 

Un système bien rôdé

Après trois saisons en Amateurs notamment avec Tamise du Rampan, Gautier Lenoir poursuit son apprentissage en cycles classiques avec de jeunes montures : « Pour Denis, il n’y a rien de mieux pour se former que les jeunes chevaux. On achète peu de chevaux ayant beaucoup d’expérience et comme mon coach a « l’œil », j’ai de la chance », expose-t-il. Gautier remporte en 2017 la finale des Cycles Libres 1re année 5 ans avec Coup de Cœur d’Ick. Il s’aguerrit ensuite sur les épreuves Pro notamment avec Othello des Aubiers et Bella Donna du Clos.

Petit à petit Gautier se forge un piquet de chevaux, quatorze au total. Denis Polge se projette déjà avec le jeune Franco-Américain : « Gautier a toujours été doué. Il a une aptitude naturelle pour le sport en général. C’est un garçon studieux qui comprend vite les choses. Nous essayons de mettre en place un système économiquement viable mélangeant sport de haut niveau et commerce. Malgré son jeune âge, il est très mature par rapport à tout ça. On voit à moyen terme sans vouloir aller trop vite ».

Premiers pas en équipe de France

En 2018, Gautier termine 5e du Championnat de France As Cadets avec Up Arc de Saint Fray. Il participe en 2019 à son premier CSIO à Fontainebleau. Il enchaîne classements et victoires en Pro 2 et Pro 1, entre autres avec Valkera d’Anto et Belladone du Batut.

A la même période, il effectue ses premiers stages en équipe de France. Olivier Bost, sélectionneur national jeunes, dit de lui que : « Gautier a un très bon sentiment à cheval. Il est très travailleur et écoute bien toutes les consignes. C’est un garçon très ouvert sur l’extérieur. Aujourd’hui il a un très bon piquet de chevaux. Le travail effectué avec son coach se fait dans la continuité, on sent qu’il y a une bonne osmose ». Début 2020, le Chaurien prend part à son premier CSI 3* et fait l’acquisition d’une nouvelle recrue : Casalor. « Je pense qu’à l’heure actuelle, c’est ma meilleure jument. Elle a tout ce que j’aime : respect et bonne tête. »

Un adepte du yoga

Celui qui adore travailler ses chevaux sur le plat accorde également une place importante à la préparation physique. « Je fais beaucoup de yoga, sport qui apporte souplesse et tonicité. Le travail autour de la respiration permet d’être plus relâché à cheval. Lors des regroupements en équipe de France, j’apprécie les séances de posturologie avec Véronique Bartin », confie Gautier.  Ce qui explique en partie son admiration pour le cavalier américain Kent Farrington pour ses talents de sportif en dehors de l’équitation. Quant à son approche équestre : « J’aime privilégier le relâchement et la précision d’un travail très simple : galop à faux, déplacements latéraux etc. Mais également barres au sol au trot et cavalettis. » Garder le moral de ses compagnons compte pour lui : « Le respect des chevaux est primordial. Je recherche leur complicité. » 

Et maintenant ?

Le jeune cavalier vise le Championnat d’Europe Juniors cet été. « J’ai hâte de participer à une Coupe des nations, l’esprit d’équipe, c’est chouette ! Représenter les couleurs de mon pays c’est un honneur ! », estime-t-il. Et pour plus tard ? « J’aimerais poursuivre le système mis en place avec Denis. C’est une aventure précieuse. Après, j’aimerais accéder au plus haut niveau et pourquoi pas faire les Jeux olympiques un jour mais la route est longue et il y a tellement d’aléas », concède-t-il.

D’ici là, Gautier Lenoir pourra compter sur de jeunes montures : Falling In Love DK, une fille de Vendome d’Ick, bonne gagnante avec Aurélien Leroy, Bollam de Noards, son frère utérin, Enarque du Vimage ou encore Milton S. La NASA attendra encore…

(Avec FFE)

24/02/2021

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