la modernité, contre et avec les marées de la passion, de l’engagement, de l’intelligence. Sans jamais vraiment s’adapter à l’air du temps. La fin des Haras nationaux mobilise nettement moins que la fin de la Poste ou que les privatisations de tels ou tels services publics. Qui se soucie de vous?
Comme si, et c’est peut-être le cas, les Haras nationaux étaient considérés comme un service de « privés ». La notion de service public est d’ailleurs intervenue au moment précis où le réalisme politico-économique a décidé de couper les vivres à ce service de public restreint, cette niche dont les plus malins, au fil des belles époques, ont su tirer profit de la tutelle jusqu’à en abuser. Les exemples sont légions. Les belles histoires aussi. Pas facile de passer du tout régalien au tout démocratique. Il y a très exactement onze ans que le message a été lancé. C’était le début de la fin. Beaucoup l’ont reçu. Peu s’y sont préparés, même si l’accélération fut brutale ces deux dernières années. Quelques individualités ont anticipé. Elles ont aujourd’hui plusieurs longueurs d’avance. La filière, elle, cette nébuleuse vertigineuse, n’a pas compris, empêtrée dans des conflits d’influence. Résultat d’un individualisme forcené arc-bouté sur d’illusoires privilèges ? Victime d’un pouvoir à visage humain mais toujours aussi régalien qui joue sur la division?
Toujours est-il que le cheval ne sera jamais un animal comme les autres et que les gens de chevaux ne seront jamais des gens tout à fait comme les autres. C’est bien là le charme discret de la fantaisie. De sa fantaisie.
Quel sera le paysage économique de demain dans l’élevage?
J’ai demandé à une dizaine d’étalonniers de donner leur vision à l’aube de cette ère nouvelle, à partir de trois questions. Quatre ont répondu. A vous de juger. Vos commentaires seront toujours les bienvenus.