vendredi, la cavalière de Thedinghausen s’était imposée aux commandes d’un Shutterfly redevenu extra-terrestre en finale d’un German Masters à couper le souffle, s’octroyant du même coup un premier véhicule à l’étoile (GLK 320 CDI). Un doublé auquel les seuls John (1988) et Mickael Whitaker (2001) étaient parvenus. Elle mit ainsi un peu plus à distance ses poursuivants (Eric Lamaze, Marcus Ehning, Lüdger Berbaum et Jessica Kurten) aux Rolex Rankings et devrait être sacrée fin décembre meilleure cavalière mondiale 2008.

L’autre fait marquant, c’est l’incontestable réussite des frenchies, présents chaque jour et dans chaque épreuve au niveau des tout meilleurs. Incontestablement, une dynamique est enclenchée, les complexes s’estompent et un collectif semble sur le point de naître.

Ils étaient 40 au départ de ce GP dessiné par Ulliano Vezzani : 12 obstacles dont un triple meurtrier - 150/150, 150/160, 155 - placé en 5 et fautif à 11 reprises et une dernière courbe constituée de l’oxer Mercedes (155/165) d’une largeur réduite à ?3 m, à la sortie duquel apparaissait au dernier moment le vertical FEI (160) puis l’oxer final (155-160).

D’hécatombe pourtant il n’y eut point, ou du moins pas celle escomptée, puisqu’après le passage des quinze premiers, on dénombrait déjà neuf sans-faute, et les meilleurs restaient à venir. Mais dès lors le vent tournait : Bosty, Albert Zoer, John Whitaker, Marcus Ehning, Jessica Kürten, Michel Robert, Edwina Alexander et Marco Kutsher faisaient du bois. Meredith elle-même bénéficia de deux gros sursis, Shutterfly heurtant franchement la barre de l’oxer 3 puis à nouveau celle du 9 Mercedes, mais qui chaque fois retombait sur ses taquets. Parmi les 17 barragistes : Timothée Anciaume/Lamm de Fétan et Eugénie Angot/Ilostra Dark, de surcroît parmi les plus rapides du premier tour.

Max Kühner et Acantus GK réalisaient à nouveau un sans-faute au terme d’un tour prudent (44’’14). Stratégie opposée pour Thomas Mülbauer et Asti Spumante : 37’’89 mais avec 4 pts. Timothée Anciaume et Lamm de Fetan, de plus en plus impressionnants, réalisaient eux aussi un sans-faute et le premier chrono de référence (39’’48). Ni Geir Gullikser, Tina Lund, Lars Niberg ou Omar Bonomelli (4 pts) ne parvenaient à déloger les Normands.

Quand Eugénie et Ilostra s’élancèrent, on crut qu’elle allaient relever le défi mais l’incontournable option courte pour la gagne s’avéra fatale sur l’entrée du double 5 (14e place au final). C’est finalement Rutherford Latham et Guarana Champeix qui les premiers amélioraient d’un souflle (14/100) le temps de Timothée, avant que Steve Guerdat et Jalisca Solier abaissèrent le chrono de près de 3’’ (36’’43). Mais rien n’est jamais définitif dès lors que la reine Meredith n’en a pas terminé. Une règle une nouvelle fois vérifiée, puisqu’au terme d’un vol d’anthologie avec un Shutterfly sur lequel les ans ne semblent pas avoir de prise, l’Allemande bouclait son tour en 35’’26 !

Le Suisse Steve Guerdat qui a fait de la finale de Las Vegas un objectif majeur, s’est emparé du provisoire Coupe du Monde avec 34 pts. Il précède d’un petit point Rutherford Latham et de deux Geir Gulliksen. Côté français, Timothée Anciaume engrange 12 pts et réalise la belle opération du jour (22e), tandis que Nicolas Delmotte, non présent à Stuttgart, conserve avec 20 pts une méritoire 10e place. Compteur bloqué à 9 pts pour Bosty et un Ideal moins saignant qu’à l’accoutumée, mais qui, à 4 pts du 20e, restent dans la course.