Milor Champeix, son étalon de 8 ans, aux Haras nationaux, il y a deux mois. Sans succès. Même après l’avis favorable du conseil d’administration de l’ANAA.
Et pourtant le prix ne semblait pas exagéré : 80 000 € pour ce fils de Ryon d’Anzex et Fille Champeix (Tango de Brejoux*HN). Un alezan brûlé, meilleur Anglo de sa génération, valeur sûre du CSO sous la selle de Jeroen Zwartjes qui a fait son éducation jusqu’à 7 ans et valeur montante du CCE. Franck Bourny, qui lui fait faire son apprentissage en complet depuis le début de l’année, voit en lui un cheval d’avenir, un élève doué qui devrait très rapidement se frotter aux deux étoiles. « Il a tout pour faire un grand cheval de complet : trois bonnes allures, de la force, une très bonne tête et beaucoup d’intelligence sur les parcours. Il apprend très vite et c’est un cheval très gentil qui intéressera forcément dans quelque temps les investisseurs étrangers, les Anglais notamment qui aiment nos bons chevaux ».
Cela dit, les conseilleurs ne sont pas les payeurs.
Reste que cet achat du cheval allemand continue de semer le trouble. « Beaucoup d’argent, et bien au-dessus du prix du marché » selon les experts de part et d’autre du Rhin. Mais laissons aux éleveurs la liberté du choix de leurs croisements. Pour le moment, le cheval est aux Haras nationaux en phase de tests. « Mais, assure Mde Harli Seifert, l’affaire n’est pas finie ».
Ce qui irrite Hélène Hermann, c’est le peu d’intérêt que les HN ont manifesté pour son cheval. ?« Les bons chevaux français partent à l’étranger, c’est une réalité. Pourquoi ne pas faire un pari avec Milor ? Sa génétique est loin d’être inintéressante et ses qualités sportives sont réelles. C’eut été aussi le moyen d’apporter de l’oxygène à mon élevage et de redonner du courage aux éleveurs français. Pourquoi aller faire du ‘‘social’’ en Allemagne alors que nous avons ce qu’il faut chez nous. Ça me fait mal, je ne comprends plus rien. »
Jean-Marie Bernachot, président de l’ANAA, voyait dans cet achat l’occasion de valoriser la race Anglo-arabe par l’expérience. ?« C’est sur le terrain qu’il faut voir les chevaux, pas ailleurs. Nous avons besoin d’un cheval phare pour tirer la race vers le haut. Les éleveurs n’ont pas la possibilité de valoriser leurs chevaux. Quand un cheval a du potentiel, il faut savoir se donner les moyens. La décision des HN n’est pas définitive. La porte reste ouverte ».
Actu Nationale
Et pourquoi pas Milor Champeix ?
L’achat de Conterno Grande n’a pas fait réagir que les étalonniers privés. Hélène Hermann, la naisseuse des Champeix dans la Creuse, est dans tous ses états, follement « remontée » contre les choix de l’institution. Elle avait proposé
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