On pourra lui ajouter cette année qu’il réussit en plus aux cavaliers inconnus. L’an dernier, c’est le jeune Maximilien Lemercier qui remportait son premier Grand Prix deux étoiles. Cette année, ce fut au tour du Suisse Manfred Müller, le plus rapide des huit doubles sans-faute du barrage de ce Grand Prix couru par 12 (dont cinq Français) des 56 couples au départ.

« Je suis très heureux, précise Manfred Müller, car Cheenook’s Boy (hongre de 11 ans par Cheenook) a aussi terminé 4e puis 2e des qualificatives »... Ces bons classements ont permis au Suisse d’être élu meilleur cavalier du concours.

Acheté à l’âge de 3 ans sans même l’avoir vu sauter, Cheenook’s Boy a offert un rêve à son cavalier âgé de 38 ans. « De 4 à ?6 ans, il a toujours fait partie des dix meilleurs chevaux suisses. A 9 ans, il a reçu le prix du meilleur cheval de sport Suisse. Il a fait 4e du GP deux étoiles de Ravensburg. Grâce à lui j’ai pu acheter il y a deux ans mon écurie, et depuis je tourne sur des internationaux » explique avec émotion ce maréchal ferrand installé entre Zürich et Saint-Gall. Prochaines échéances : Modène en Italie et puis la Coupe des nations de Linz.

Avec seulement 32/100es de plus, Pénélope Leprévost et Fastourel du Cap ont pris la 2e place de ce GP très bien construit par Gérard Delporte. Fastourel est un entier de 15 ans par Jalisco B et Laundanum PS, propriété de Gilbert Sabine. « Fastourel adore sauter sur l’herbe, surtout celle d’Hardelot. Il avait déjà fini 2e ici il y a deux ans avec Timothée Anciaume et avait remporté le GP avec Hervé Godignon. Je vais peut-être l’amener à Maubeuge. »

Précédemment victorieux du GP des 6 ans, le Hollandais Wous Jans Van Der Schans et son étalon KWPN Sir Corland (Corland) ont eux confirmé leur grande forme du week-end en s’emparant de la 3e place de ce GP.

Grands fervents du CSI d’Hardelot, Hollandais et Belges étaient présents en masse. Philippe Lejeune, le favori du public, a terminé 5e avec l’entier Vigo d’Arsouille (Nabab de Rêve) après une belle victoire vendredi. « Je préfère faire beaucoup de route pour venir dans un beau concours comme ici, précise Philippe, qui vient depuis huit ans à Hardelot, où nous sommes pris en considération, où les organisateurs ont toujours un mot gentil, que de rester en Belgique où les organisateurs nous prennent pour des sponsors ! Je trouve qu’un GP à 60 partants, c’est beaucoup; si nous étions 40, ce serait plus attrayant. Au CSI de Lummen en ce moment, ils sont 118... c’est de la folie ! »

Christian Hermon a ouvert le barrage à son rythme avec Ephèbe for Ever (8e au final, dernier sans-faute), Nicolas Delmotte l’a clos avec Luccianno*HN (4 pts, 9e). Pauline Guignery, toujours aussi rapide, a elle signé un beau double sans faute (6e). Une barre pour Sylvain Montigny et Gabyscion*HN (11e). « Luccianno a très bien progressé ses derniers temps, observe l’entraîneur national adjoint Laurent Elias. Il s’est redressé et ne fait plus les petites fautes d’équilibre sur les verticaux. »

Ce GP demandait beaucoup d’efforts aux chevaux. Certains ont même pensé qu’il était un peu asphyxiant pour les chevaux. Pour Laurent Elias, au contraire, il y avait de l’espace pour galoper. Tous les ingrédients étaient présents : rivière, six foulées, vertical et courbe serrée pour un léger triple aux couleurs pastels qui fut la plus grosse difficulté, avec le dernier gros oxer.

Installé désormais à côté de Liège, Maximilien Lemercier faisait ici son retour en France et en compétition après huit mois hors circuit à cause d’une blessure au tendon de Némo du Marais. Le couple a hélas abandonné. Bruno Broucqsault est lui sorti avec deux fautes. Ollivier Jouanneteau/Kaelème et Timothée Anciaume/Listam*HN ont fait ?5 pts.

Côté météo, le temps était au beau fixe pour ce GP, loin des ?10 cm de neige six jours plus tôt... « Nous avions tout prévu sauf cela ! C’était très stressant car les 330 boxes montés deux jours plus tôt s’étaient écroulés sous le poids de la neige » raconte l’organisateur Gilles Brousse.