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Vadrouille d’Avril, un des fleurons de la race Anglo


12/09/2019
    
Vadrouille d’Avril aa (Popayann (Ryon d’Anzex) et Cannelle d’Avril x Quatar de Plape) était, avec son cavalier Olivier Robert, engagée dans les épreuves d’Aix-la-Chapelle. Rare anglo ici sur la scène internationale de ce grandiose CHIO. On ajoutera Vassili de Lassos, l’ancienne monture de Thomas Carlile passée sous la selle de

Vadrouille d’Avril aa (Popayann (Ryon d’Anzex) et Cannelle d’Avril x Quatar de Plape) était, avec son cavalier Olivier Robert, engagée dans les épreuves d’Aix-la-Chapelle. Rare anglo ici sur la scène internationale de ce grandiose CHIO. On ajoutera Vassili de Lassos, l’ancienne monture de Thomas Carlile passée sous la selle de l’Australien Andrew Hoy pour le Concours Complet.


Georges Moutet, éleveur à Pau-Orthez, ardent défenseur de la race Anglo, propriétaire de Vadrouille était à Aix. Nous l’avons rencontré sur le corner Anglo de l’espace SHF. Il nous a raconté l’histoire de cette jument, sa rencontre avec Olivier Robert, très fin cavalier avec les anglos et sa passion pour la race du Sud-Ouest.


« J’ai commencé en 1978, quand j’ai acheté sur le conseil de Claude Joigneau, un Anglo qui s’appelait Voltigeur, et qui était le fils de Resena (Nithard aa), une jument de base de l’Anglo-Arabe, qui appartenait à M. Guicheney sur les bords de l’Adour à Sames. Ensuite avec Claude Joigneau on a acheté la famille de Resena : Maldonne (Flipper ar), Flina (Flipper), Tonton Joe (Dairin). Claude Joigneau a fait naître, avec Flina, la fille de Resena, Cannelle d’Avril, qui a été une bonne jument de concours hippiques, et Cannelle d’Avril lui a donné avec Popayann, Vadrouille d’Avril, que moi j’ai achetée en fin d’année de 4 ans parce que je cherchais une poulinière. Comme je m’étais remis à faire de l’élevage après une interruption de 4 ou 5 ans, je cherchais une poulinière et je me suis dit « la meilleure origine c’est celle que je connais », c’est-à-dire la famille de Resena. J’ai acheté la jument pour faire poulinière et en réalité je l’ai confiée à des cavaliers de concours hippiques et elle a été assez bonne. En 6, 7, et 8 ans c’est Michel Faumont (cavalier de Fusain du Defey*HN) qui l’a montée, et ensuite j’ai eu la chance qu’Olivier Robert accepte de la prendre dans son piquet dans son année de 10 ans, et je dois dire que cette année avec les concours hippiques internationaux où il a emmené Vadrouille on a eu beaucoup de succès. La jument a été très performante, surtout en vitesse, c’est une jument très rapide qui tourne très bien sur 145-150 ». 


Est-elle destinée à l’élevage ?


« Il faut être très réaliste, être éleveur ce n’est pas une sinécure, vous savez que les juments ne sont généralement pleines qu’une fois sur deux. Elle a déjà 10 ans, elle va commencer à pouliner peut-être à l’âge de 12 ans, elle va faire 5 produits sur 10 années de production. Le but c’est quand même de la vendre maintenant. Je dois dire que je n’ai pas de mérite parce que je n’ai pas fait le croisement. Le mérite revient au naisseur, c’est-à-dire à Claude Joigneau, qui a su faire le croisement avec Popayann qui était un Ryon d’Anzex. Il a su utiliser ce merveilleux étalon qu’est Ryon d’Anzex. Après, le couronnement de la carrière de Vadrouille, je pense, c’est d’avoir trouvé comme cavalier Olivier Robert qui est un extraordinaire utilisateur de chevaux Anglo ».


Vous étiez aussi propriétaire de son grand-père.


« J’ai acheté Quatar de Plapé à Louis Délieux, à 2 mois. A l’époque je voulais acheter un produit de Emir IV, qui est un cheval qui sort de la famille Pons sur les bords de l’Adour. Quand j’ai regardé les catalogues j’ai vu que chez Délieux il y avait une de ses juments de base, Flore, qui était par Jecko, et dont le fils Hasard A était à cette époque-là champion de France de concours hippiques. J’ai trouvé que c’était une origine intéressante. J’ai téléphoné à Louis Délieux pour lui acheter le poulain de Flore. C’était Quatar. On a fait affaire par téléphone et je suis venu chercher le poulain à 6 mois et après je l’ai vendu au Haras Nationaux.


J’ai acheté aussi une autre des juments de base de l’élevage Anglo-Arabe du Bassin de l’Adour, qui était Lady Sissie (Taylor aa), fille de Sissie du Pélaud qui avait produit 5 étalons avant de produire une seule femelle qui était Lady Sissie. Je l’ai achetée à Paul Suhas, son éleveur et avec Lady Sissie et Garde de Cœur j’ai eu Deux de Cœur qui a été un excellent cheval de concours hippique puisqu’il a été indicé 147 et il a tourné au niveau 150 avec Claude Joigneau ».


Beaucoup de poulinières chez vous actuellement ?


« Avec ma fille, nous avons à peu près une vingtaine de chevaux qui sont à la fois à l’élevage, en concours, en course Anglo-Arabe, en course Arabe, en endurance et en concours hippique. Et là-dedans on a quatre poulinières, deux poulinières Arabes dont une qui a produit pour de l’Anglo-Arabe en endurance avec mon étalon Ivain, qui est un fils de Deux de Cœur et de Maldonne (la fille de Resena), et j’ai deux poulinières Anglo-Arabe, il y en a une qui est Aragaia par Quatar de Plapé qui sort du Haras de Pompadour et l’autre qui est Carla de Favi, une fille de Kim du Maury, famille de Dilemme de Cephe qui a été le seul Anglo-Arabe champion du Monde ».


Vous êtes un ardent défenseur de la race Anglo 


« Oui, je suis un défenseur de l’Anglo-Arabe. J’ai toujours eu des Anglo-Arabe. En 40 de carrière, j’ai eu à peu près 50 chevaux, 50 chevaux Anglo-Arabe qui ont couru en général en concours hippiques ou en complet. J’ai eu un très, très bon Anglo-Arabe qui a fait du complet à haut niveau avec Patrick Marquebièle, qui à l’époque était membre de l’équipe de France, qui s’appelait Fidélio et qui était à l’origine un cheval de concours hippique. Il a fait du complet alors qu’il n’était pas du tout fait pour ça. C’était un Anglo par Baby des Combes. Si vous avez entendu parler de Baby des Combes comme étalon, je vous félicite parce que à mon avis il n’a jamais rien produit d’autre….C’était un cheval extraordinaire ce Fidélio, il était très, très fort, très ramassé, pas du tout fait pour faire de la course. A l’époque il y a avait du steeple, il a fait la 5e série de Pompadour qui à l’heure actuelle serait une 5* en concours complet. 


Malheureusement la race Anglo est utilisée actuellement par les éleveurs français ou étrangers, surtout étrangers, pour retremper leur propre race. Ils utilisent la qualité de nos Anglos c’est-à-dire leur réactivité, leur sens de la barre, leur tonicité pour retremper leurs propres chevaux qui sont plutôt lourds et actuellement vous avez vu la modification des parcours hippiques, ce n’est plus les concours qu’on voyait il y a 10 ans où on demandait de la puissance, où vous aviez des lignes qui favorisaient les chevaux allemands. Maintenant il faut tourner, il faut aller vite, regardez les chevaux, ils sont légers avec beaucoup de tonicité, beaucoup de réactivité, et ça correspond exactement à nos Anglo-Arabe. Je dis malheureusement parce que notre race, en race pure, diminue ».


Recueillis par ER




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Journal Le Cheval n°319 du 4 Octobre 2019


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