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Russie/France : naissance d’un partenariat


13/12/2017
    
La Russie et la France sont riches d’un important patrimoine équestre bâti. C’est à travers lui que les deux pays en sont venus, en 2017, à parler « cheval ». A l’origine des premiers rapprochements : Jean-Louis Gouraud dont chacun connaît l’intime relation tant avec le quadrupède qu’avec la Russie. Répondant à la demande du Vice-ministre de la culture de Russie, Oleg Rizhkov d’échanger avec la France sur le devenir des écuries et manèges historiques, Gouraud l’a mis en rapport avec l’administrateur du château de Versailles, Thierry Gausseron, lui aussi en charge de patrimoine et passionné de cheval. Résultat : deux journées dédiées au patrimoine équestre dans le cadre du forum international culturel de Saint Petersbourg et la signature, le 18 novembre, dans les salles du palais de Peterhof dont les écuries sont en pleine restauration, d’une convention de partenariat entre ces dernières et les grandes écuries de Versailles.


Le patrimoine équestre au VIe Forum culturel international de Saint-Pétersbourg


Le VIe Forum culturel international de Saint-Pétersbourg se réunissait cette année entre le 16 et le 18 novembre 2017. Cette plateforme de rencontres permet aux acteurs européens et mondiaux de la culture d’échanger lors de journées thématiques consacrées, pour n’en citer que quelques-unes, aux arts visuels, au cinéma, au théâtre, à l’éducation, au tourisme, au patrimoine. 


L’un des thèmes retenus cette année portait sur « L’héritage équestre en Russie et en Europe, un enjeu patrimonial, un défi économique, sportif, touristique et international. » Organisées de main de maître par le Vice-ministre de la culture de Russie, Oleg Ryzhkov, assisté de sa conseillère à la coopération franco-russe Olga Shtaneva et sous la direction scientifique de Pascal Liévaux (conservateur du patrimoine au ministère français de la Culture), les deux journées réservées à l’héritage équestre ont permis d’évoquer non seulement les grands sites équestres russes et européens mais aussi les usages du cheval et leur avenir.


Parmi les pays présents aux côtés de la Russie, l’Allemagne, le Portugal, l’Italie, l’Iran et surtout la France, avec laquelle la Russie entretient depuis longtemps de très étroites relations culturelles. Les intervenants français venaient de tous les univers : l’édition (Guillaume Henry et Jean-Louis Gouraud), l’université (Sylvine Pikel-Chevalier), la FFE (Pascal Marry) la culture (Jacqueline Mongellaz, Christophe Degueurce, Charles-Eloi Vial, Thierry Gausseron). Pour l’IFCE, l’écuyer en chef du Cadre Noir, Patrick Teisserenc, a présenté l’équitation de tradition française et le travail du Cadre Noir. Quelques mois auparavant, l’Ecole Nationale d’Equitation avait accueilli pour trois ,mois de stage le cavalier russe Alexandre Trusov.


Depuis une vingtaine d’années, le cheval renaît en Russie et avec lui, son patrimoine, son élevage, ses utilisations. Ces deux jours de colloque, clôturés par la signature de l’accord de partenariat au palais de Peterhof peuvent être le point de départ d’une collaboration franco-russe qui - au-delà du patrimoine équestre - pourrait s’étendre à tous les secteurs de la filière du cheval.


Le cheval en Russie


Parler de renaissance du cheval en Russie n’est pas exagéré lorsque l’on regarde les chiffres présentés par Ekaterina Zabegina, secrétaire générale de l’Union des Vétérinaires Equins de Russie1. Avant 1917 le cheptel équin russe s’élevait à 20 millions de têtes ; en 2016, après une longue éclipse, il s’élève à 1,3 million et en 2017 à 1,37 millions. 


Aujourd’hui, le cheptel russe comprend 655 200 équidés de travail, 644 000 chevaux élevés pour la viande, 15 000 juments élevées pour le lait, 48 400 équidés d’élevage, 11 600 chevaux de sport. Cette répartition permet de comprendre l’intérêt des Russes pour le cheval de travail et notamment le cheval en ville.


La filière compte 41 hippodromes, 67 haras spécialisés, 18 races locales. La fédération équestre russe qui regroupe 5311 cavaliers de sport est présente dans 70 régions du pays à travers 63 « comités » fédéraux. 1 071 chevaux russes ont aujourd’hui un passeport de la Fédération équestre internationale (FEI). Dans un pays de plus de 130 millions d’habitants, la branche sport et loisirs, aujourd’hui naissante, a, de toute évidence, l’avenir devant elle. 


En Russie, le développement du cheval s’appuie aujourd’hui sur la culture et si ce pays peut tirer parti de nombreuses expériences françaises dans le développement général de la filière cheval, la France peut aussi être attentive à cette approche inhabituelle mais qui pourrait se révéler efficace et riche d’enseignements. D’ailleurs, ce n’est sans doute pas un hasard si la Russie s’est doté très vite d’une chaîne de télévision dédiée au cheval : Horse World.


Tsarskoye Selo : un patrimoine russe unique au monde


Dans les années 1970, Jean-Louis Gouraud découvre, par hasard, dans une revue célèbre du 19e siècle la nécropole équine de Tsarskoye Selo, située dans le domaine de la résidence d’été des Tsars de Russie, à une quinzaine de kilomètres de Saint-Pétersbourg. Dix ans plus tard, à l’époque soviétique, cet amoureux des chevaux se rend sur place et, grâce à son opiniâtreté parvient à éviter la disparition de ce lieu unique au monde. 


Aujourd’hui, le site en cours de restauration n’est pas encore ouvert au public. Toutefois, la présence de son bienfaiteur français nous ouvre le chemin et, au fond de l’immense domaine, nous découvrons une bâtisse de brique rouge munie d’une tour, au pied de laquelle la prairie accueille des pierres tombales.


La bâtisse comprend une écurie pouvant accueillir huit chevaux à la retraite ou invalides, des pièces attenantes pour le matériel et les fourrages et, dans la tour un logement pour le personnel chargé de soigner les animaux.


Les vieux chevaux de la famille impériale russe y étaient accueillis et terminaient là leur vie. Ils étaient ensuite enterrés et leur pierre tombale portait leur nom, leur taille et leur robe, le nom princier de leur propriétaire et les exploits éventuels du couple cheval-cavalier.


Le lien avec la France est ancien puisque la célèbre monture qui donna naissance au lieu fut celle qui porta le Tsar Alexandre, vainqueur de Napoléon, lors de son entrée dans Paris le 31 mars 1814. Il n’est pas impossible que l’Ami (nom du cheval) ait été français. Quoi qu’il en soit, cette nécropole illustre bien la place singulière du cheval auprès des hommes.




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Journal Le Cheval n°299 du 22 Juin 2018


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