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Poulinage : Mettre toutes les chances de son côté


08/03/2018
    
D’abord, par une bonne surveillance, en particulier la nuit, où les dispositifs phoniques ou vidéo à distance peuvent rendre la veille plus confortable, mais ne remplacent pas les rondes régulières toutes les 30 minutes. 
Cette surveillance avant, pendant et après accouchement, sera la plus discrète possible : pendant cette période, le

D’abord, par une bonne surveillance, en particulier la nuit, où les dispositifs phoniques ou vidéo à distance peuvent rendre la veille plus confortable, mais ne remplacent pas les rondes régulières toutes les 30 minutes. 


Cette surveillance avant, pendant et après accouchement, sera la plus discrète possible : pendant cette période, le bruit ou la présence de personnes non indispensables sont particulièrement stressants pour la jument, et peuvent provoquer des gestes de défense, l’arrêt des contractions utérines, la rétention du placenta, la perte d’une grande partie du colostrum nécessaire au poulain, et un déficit de lactation. 


Dès l’apparition de signes annonciateurs (gonflement des mamelles, œdème ventral, chandelles, relâchement des ligaments de la croupe), placer la jument, après curetage et brossage à l’eau savonneuse des sabots, dans une stalle de grande dimension, préalablement désinfectée (sol, murs, abreuvoir, auge, …), sèche* et bien ventilée*, dotée d’une litière neuve, épaisse et non poussiéreuse.


* L’urine qui stagne au sol se transforme en gaz ammoniac qui, plus lourd que l’air, se concentre près du sol, au niveau où respire le poulain couché. 


Irritant pour les voies respiratoires, l’ammoniac urinaire est la première cause des affections pulmonaires du poulain nouveau-né.


Se brosser soigneusement les ongles et se laver les mains à l’eau savonneuse avant toute intervention manuelle au niveau des mamelles ou des parties génitales de la jument, ou sur le poulain nouveau-né: mettre les doigts non désinfectés dans ses naseaux ou sa bouche pour en retirer des glaires suffit à provoquer des infections respiratoires ou digestives, 


Prévoir plusieurs litres de gel lubrifiant et une seringue drogueuse à laquelle s’adapte un tuyau en caoutchouc d’un mètre minimum, particulièrement utiles pour faciliter la sortie d’un poulain en présentation postérieure.


5% des accouchements sont dystociques, dont 1 sur 5 dû à la présence de jumeaux. Un contrôle de gestation par le vétérinaire, peu de temps après saillie ou insémination, permet, par élimination manuelle du plus petit, d’éviter ensuite un avortement ou l’accouchement problématique de poulains morts ou chétifs.


La plupart des dystocies proviennent d’une malposition du poulain, souvent parce qu’il est trop faible pour de se mettre dans une position favorable à son expulsion. 


Cette faiblesse est souvent due à des toxines qui passent du sang de la jument au fœtus par le placenta,


Ces toxines proviennent souvent de fermentations bactériennes indésirables dans le gros intestin de la jument, consécutives à l’ingestion trop rapide de la nourriture, et en particulier des concentrés (voir : Le Cheval, édition du 16 février 2018, page 11). 


En fonction de la nature des toxines, de leur quantité, de la durée des fermentations intestinales, du stade de gestation, les toxémies peuvent tuer l’embryon, provoquer l’avortement, ou sinon affaiblir le poulain, qui souffrira d’un retard de développement s’il survit à l’accouchement.


Lors de distribution d’une grande quantité de concentrés à une jument gestante pour la remettre en état, réguler la vitesse d’ingestion est indispensable pour éviter une toxémie qui affaiblira encore plus le futur poulain.


L’ingestion lente des concentrés aura également toute son importance pendant les premières semaines de lactation, car les toxines passent dans le lait et affaiblissent le poulain, favorisant alors l’apparition d’affections digestives et respiratoires.


Pendant la gestation, ne jamais négliger le moindre signe de coliques, pendant lesquelles des toxines sont produites en grande quantité, et faire contrôler l’absence de torsion de l’utérus, au pronostic sombre en cas de diagnostic tardif. 


Après l’accouchement, ne jamais tirer sur le placenta, mais l’attacher pour le soutenir afin que la jument ne marche pas dessus. 


Vérifier que le placenta expulsé est complet. En cas d’incertitude, demander conseil à une personne compétente plutôt que de risquer une fourbure aigue de la jument.


S’il n’est pas complet, ou n’est pas expulsé 2 heures après accouchement, faire appel en urgence au vétérinaire.


Tremper une fois par jour pendant 4 jours le cordon ombilical du poulain dans un bol (propre !) rempli de teinture d’iode (renouvelée chaque jour). 


Enfin, laisser le poulain, s’il parait en bonne santé, se lever seul et trouver la mamelle, avec l’aide exclusive de sa mère. 


S’il parait faible, l’aider à se lever et à boire le colostrum (à la mamelle ou, s’il est trop faible, au biberon) une demi-heure après sa naissance.




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Journal Le Cheval n°299 du 22 Juin 2018


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