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Les chevaux poètes de Jean Rochefort


25/10/2017
    
Il va nous manquer Jean Rochefort. Que de belles histoires va-t-il encore partager avec son complice et ami Philippe Noiret qu’il avait convaincu à l’équitation. Louise va perpétuer ce souvenir galopant en montant les chevaux qu’il a fait naître. Ils portent tous des noms de films ou rappellent des films comme « Tulipe Fanfan » une petite fille de Nashville. Voici un texte qu’il avait dédié au Cadre Noir. 


« Un jour mon cheval Apollinaire, par Rimbaud et Hémistiche par Aragon H.N. fit un écart léger, tendre, triste, douloureux aussi : nous longions un cheval mort. Un autre jour un écart violent me fit postérieurement choir sur un champ de trèfles, leur proximité me permit de constater qu’ils avaient tous, et peut-être à perte de vue, quatre feuilles.


Une autre fois encore un paon faisant la roue au centre de la Beauce betteravière, Apollinaire, surpris, nous transforma tous deux en statue équestre, un temps si long que des pigeons voletèrent (autre poète) autour de nous.


Le paon ayant soigneusement rangé ses rectrices, Apollinaire nous ramènera à la vie à l’aide d’un piaffer, puis d’un passage qui me stupéfièrent ; j’en conclus qu’Apollinaire travaillait seul dans son box, en cachette, par trop honteux de mes incompétences.


Oui les chevaux sont poètes, l’incongru les exalte, l’imprévu les inspire, le rien les effraie, rejoignant ainsi leurs collèges Homo sapiens sapiens, et comme ceux-ci, les chevaux poètes décident eux-mêmes des bonheurs qu’ils nous donnent.


J’aurais mille autres exemples de ces moments fulgurants dans l’intimité desquels mon cheval poète consentit à m’admettre.


Mais il serait peut-être indécent d’entrer par trop dans le domaine de notre vie privée qui nous lie à jamais Apollinaire et moi.


Indécent surtout face à vous, Princes superbement noirs : rigueur mais légèreté, tradition novatrice, et surtout tant à l’écoute du cheval que vous savez celui-ci, bien mieux que nous, aux trois allures, à jamais rimeurs.»


Autre extrait délicieux de sa prose : « Un jour, c’était je crois à la présentation des étalons de 3 ans à Saint Lô, (concours que l’on venait regarder tous les ans à la même époque) il y avait là près de moi un éleveur qui avait environ en tout 30 cheveux (et non pas chevaux) sur le haut de la tête, un gros nez rouge (certainement à cause du calva) et qui me regarda en me disant : «Vingt dieux de vingt dieux, j’tai vu hier à la télé et j’savais pas que tu faisais du cinéma», cela a été pour moi l’apocalypse du bonheur car j’étais enfin et officiellement reconnu comme un véritable éleveur ! » 




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Journal Le Cheva n°312 du 26 Avril 2019


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