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Les Carnets de route de Michel Asseray-1-2

#RideToTokyo   Michel Asseray, DTN adjoint du concouirs complet, se prête chaque jour à la rédaction d’un carnet de route, qu’il publie sur Facebook. Appelé « Billet », chaque publication permet de se rendre compte plus intimement de cette formidable aventure que connaissent les cavaliers et l’équipe d’encadrement. Nous relayons avec plaisir ces notes. Merci Michel ! Bonne lecture à tous.

BILLET 1 (jeudi 22 juillet)

« Il est temps de vous raconter le début de l’aventure olympique !

Tout le monde est repassé chez lui et il est temps pour la première fois d’enfiler la tenue olympique comme le précise la charte désormais en Lacoste jusqu’au retour.

C’est souvent la première grande émotion pour nous cavaliers de faire partie de la grande famille du sport.

Direction l’aéroport avec le guichet réservé à la délégation olympique, les premiers échanges avec d’autres athlètes (perchistes, water polo ….) dans le salon Air France avant l’embarquement, les premières photos, les premiers selfies et les derniers appels aux proches !

Ça y est on embarque et début d’un très long périple avec 11h30 de vol. On apprend que nos chevaux sont bien arrivés et sont tranquilles dans leurs boxes luxueux de Baji Koen Park, préparés gentiment par les grooms du dressage. Ils ont très bien voyagé, aux petits soins de Camille qui avait été choisie pour être l’hôtesse de l’air de nos champions.

Un très bon vol et la piste de l’aéroport d’Haneda est en vue et le Boeing 777 se pose délicatement sur le tarmac Japonais.

Alors maintenant commence un très très long chemin dans l’aéroport où s’enchaînent les validations de documents, d’applications téléphoniques et test salivaire.

Tout le groupe avance doucement mais sûrement quand soudainement on a perdu Chloé ! Une couleur noire au lieu de rouge sur un document et hop elle est déroutée dans les longs couloirs interminables. C’est la panique chez les bleus où est-elle ? On arrive à lui parler par téléphone, elle est terrorisée et elle n’arrive pas à se faire comprendre… C’est à mon tour d’avoir des soucis avec une application téléphonique qui ne veut pas s’ouvrir ! 30 minutes de mise à jour du téléphone et je repars !

Nous croisons des gens du CNOSF qui nous rassurent pour Chloé qui va prendre un autre parcours mais qui va nous rejoindre. Ça y est nous sommes au bout de la chaîne, des bénévoles récupèrent nos valises et on nous demande de patienter dans une grande salle. Il s’est donc passé 3h depuis notre atterrissage…

Alors que 2 Officiels Japonais viennent nous dire que nous allons pouvoir rejoindre la navette olympique, Chloé entre dans la salle avec les yeux humides sous un tonnerre d’applaudissements !

Quentin arrive et finalise les derniers documents pour nous autoriser à partir.

Tout est ok nous avons le TOP départ, on va récupérer nos bagages.

Un nouveau rebondissement, la valise de Nico a disparu ! Nous avons tous les mêmes, il en reste une mais pas la bonne !

Une valise de la délégation française sur laquelle il y a un numéro de téléphone.

On appelle, c’est le radiologue du comité olympique qui s’est trompé de bagages !

On embarque la sienne et nous ferons le troc au village !

On roule 45 minutes et les lumières du village olympique apparaissent.

Les yeux de tous sont grands ouverts à la découverte de cet endroit unique ou vadrouillent des milliers de sportifs avec les vêtements multicolores de chaque délégation, la vue de toutes ces tours avec leurs balcons décorés de centaines de drapeaux de chaque pays.

On jette vite nos bagages dans nos appartements.

Les cavaliers vivront tous les 4 et le Staff des 3 disciplines ensemble. La fatigue commence à se faire ressentir mais il faut aller manger un morceau avant d’aller se reposer.

Une nouvelle grande découverte : LE restaurant olympique de 5 000 places avec des dizaines de cuisines du monde. Les procédures sanitaires mises en place sont pointues. Gel hydro-alcoolique à l’entrée, gants obligatoires pour porter son plateau ou toucher les aliments, puis les tables sont installées avec des « plexi » sur le devant et sur les côtés, il n’y aura aucun contact.

Ce soir on ne prend pas de risque et ce sera donc pizza et fruits frais pour beaucoup d’entre nous.

On marche dans le noir pour rejoindre la tour France ou l’on multiplie les « bonsoir » car il est de coutume que désormais quand on croise un bleu on échange quelques mots.

Bonne nuit. »


Billet 2 (vendredi 23 juillet)

« Voilà c’est fait, notre première nuit au village ! Pas vraiment dormi avec ce voyage et ce décalage horaire, de plus on ne sait plus si c’est le jour où la nuit car la lumière du jour pénètre dans l’appartement à 4h du mat’ !!!

Direction le resto pour notre premier petit déjeuner au Japon. Je ne savais pas encore que j’allais vivre ma première difficile épreuve au Japon qui allait être de manger devant Tom Carlile qui dégustait au réveil un pavé de saumon recouvert d’un œuf au plat.

Après cette aventure culinaire qui ressemble à une épreuve de Koh-Lanta pour moi, on file prendre le bus. A l’extrémité du village ça ressemble à une gare routière avec de multiples arrêts de bus qui vous amènent sur les différents sites olympiques. Ils ont pris soin de nos petites jambes car nous avons le premier arrêt !

Le bus quitte le site et nous roulons une quarantaine de minutes en traversant la ville sur une quantité insupportable de ponts.

On rentre sur le site, le bus est arrêté sous un énorme porche par des militaires, il est examiné au peigne fin avec des caméras qui passent dessous pour contrôler que le bus ne soit pas piégé. Puis soudainement le chauffeur lui même se lève et passe un par un chaque passager pour lui prendre sa température ! Et la, surprise générale nous avons tous entre 35,8 et 36,2 !!!!

On repart, il file nous déposer au pied des écuries.

De magnifiques barns confort 5***** sont alignés et la Team France a été installée dans le D avec nos amis belges et hollandais. De plus aux JO, nous ne sommes pas hébergés par discipline mais par nation, nous retrouvons donc la team dressage arrivée quelques jours plus tôt.

Aussitôt dans les écuries, chaque cavalier entre toucher, palper, caresser son cheval comme s’il le retrouvait après des années de séparation. Les chevaux ont été promenés hier par Camille, Chloé, Lourie et Thomas sous le contrôle permanent du vétérinaire Xavier qui veille sur sa couvée. Ils ont pu profiter de bon casse-croûte d’herbe bien grasse japonaise boostée au climat local.

Les cavaliers cherchent Thierry, ils veulent monter, tellement envie de sentir leur sensation sur leurs chevaux, confirmer que tout va bien et que le voyage n’a pas installé de raideur. Tout le monde fera une petite ballade puis un petit stretching d’une vingtaine de minutes sous les yeux d’expert du docteur bien-être Serge Cornut.

Alors que la nuit tombe subitement vers 17h une atmosphère de trafic de gang opère à chaque recoin des différents barns. Vient de commencer le trafic du pin’s où le grand jeu est d’échanger le joyau de chaque pays ! Pour la France le plus trafiquant est découvert, ce sera David le maréchal ferrant qui en arbore autour de son cou une quantité incroyable qui le déséquilibre presque un peu !

Il est temps de rentrer et nous allons vivre une manœuvre d’auto école de haut vol où le chauffeur n’arrivera pas à sortir le bus du portail qu’il arrachera à 3 reprises sans aucune émotion, mais qui déclenchera un fou rire général des passagers !!

Une deuxième journée tranquille sera rythmée de 2 séances stretching le matin et une vingtaine de minutes dans le carré pour répéter les gammes.

Le village se remplit progressivement ce soir, ça grouille encore un peu plus et il y a une queue à l’entrée du restaurant. On attend un peu, ça avance doucement et là on comprend mieux, il y a Djoko qui enchaîne les selfies !!! On passe à table, on parle tennis tout le dîner pour s’apercevoir que juste derrière nous, casquette vissée sur la tête Tsitsipas déguste les sushis locaux.

Les cavaliers profiteront du break obligatoire sans équitation de 11h à 15h pour faire une petite visite à la boutique du village pour ramener quelques souvenirs olympiques aux proches mais à la surprise générale, elle est déjà dévalisée et il n’y a même plus de mascotte ! Il va falloir attendre le nouvel arrivage et attendre devant les portes fermées comme le 1er jour des soldes !

Ce matin réveil 5h nous avons rdv au petit déjeuner à 6h et nous sautons dans la navette de 6h45. La France a réservé un créneau de 15 minutes pour galoper les 4 « Ferrari » sur un anneau sur place de 900 mètres. Thierry Touzaint lâchera toutes les 30 secondes ses cavaliers et feront ensemble les travaux du matin. A la suite de l’exercice chacun profitera des nombreux brumisateurs mis à disposition pour le bien-être des chevaux.

Tout le monde est en super forme il nous tarde de rentrer dans la compétition.

Après de nombreux échanges nous apprenons que les cavaliers vont défiler ce soir à la cérémonie d’ouverture dans des conditions spéciales mais qui reste un souvenir inoubliable pour un sportif. Nous vérifions que la tenue de défilé est bien dans les bagages et les jeux de Tokyo 2020 vont enfin commencer…… avec 1 année de retard !! Saleté de Covid !!! »

Michel Asseray

Pour suivre au jour le jour : https://www.facebook.com/michel.asseray

23/07/2021

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