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L’équitation complice proposée par Antoinette Delylle


27/11/2015
    
On ne parle plus que de « ça ». Le bien-être animal, le bien-être des chevaux. Des livres, des colloques dissertent à n’en plus finir sur le sujet, comme si c’était une grande découverte, une nécessité nouvelle, un impératif révolutionnaire. Alors que, de Xénophon à nos jours, tous les grands auteurs ont recommandé et recommandent au cavalier de se comporter avec patience et douceur, en tenant le plus grand compte de la nature à la fois craintive et fougueuse de sa monture, et donc en respectant son être.


Mais, depuis quelque temps, l’affaire prend des proportions qui frisent parfois le ridicule, comme lorsqu’un orateur a osé proclamer, dans l’enceinte de la vénérable École Nationale d’Équitation de Saumur au cours des « Premières rencontres de l’équitation de tradition française » (octobre 2014), que le bien-être du cheval est « la finalité » de l’équitation. Faudrait quand même pas exagérer !


Ces excès présentent en effet quelques dangers. À trop vouloir ce qu’on suppose être le bien-être de son animal (certains se proposent même d’assurer son bonheur !?!), à trop le protéger à coups de lois, de réglementations, d’interdits, ne va-t-on pas finir par en réduire voire en déconseiller l’usage ?


Ce serait la mort de l’équitation et, conséquence inéluctable, la disparition du cheval, comme on peut le constater partout où l’on a cessé de l’utiliser.


Aussi faut-il se réjouir de toutes les initiatives qui, remettant les pendules à l’heure, rappellent que ce qui peut sauver l’espèce équine de l’extinction pure et simple, c’est son usage, c’est-à-dire l’équitation. Et que l’équitation est nullement contradictoire ou incompatible avec non seulement le confort du cheval (et, si possible, celui du cavalier), mais même son bien-être, son plaisir, sa joie. Oui, son bonheur.


C’est en tout cas ce que nous explique Antoinette Delylle dans un nouveau livre fort bien écrit (comme toujours) et fort agréablement illustré (principalement des instantanés de l’excellent photographe Thierry Ségard) : « En intelligence avec mon cheval » (Vigot, 2015) ;


En 18 courts chapitres, elle nous y explique très simplement, très clairement comment créer l’harmonie entre son cheval et soi – non pas comme on le préconise souvent en établissant avec lui un rapport de dominé à dominant, mais en équilibrant les rapports, c’est-à-dire, comme le formule fort bien le titre de l’ouvrage, en bonne intelligence.


Ce véritable « manuel d’équitation complice » (la formule est d’Antoinette) donne toutes les recettes pour instaurer, comme elle le dit elle-même, « une relation épanouie avec un cheval heureux ».


On peut faire confiance à Antoinette Delylle, qui sait de quoi elle parle. Dans un de ses premiers ouvrages « L’Équitation sentimentale » (Le Rocher, 2003), elle racontait ses expériences de débutante, de palefrenière, de propriétaire, de cavalière. En s’appuyant, déjà, sur l’enseignement tiré non seulement de ses pratiques, mais de l’écoute de quelques maîtres plus expérimentés qu’elle.


Poursuivant inlassablement ses recherches, Antoinette n’a eu de cesse d’apprendre à lire dans les pensées et les émotions de ses chevaux, exprimés sans mots mais par des mimiques, des attitudes, des postures, des comportements. En s’appuyant, toujours, sur des hommes et femmes de cheval dont le témoignage pouvait compléter le sien, Antoinette Delylle a publié, dix ans plus tard, un nouvel ouvrage « Ce que les chevaux ont à nous dire » (Le Rocher, 2013).


Elle persiste aujourd’hui dans cette méthode qui consiste à faire vérifier ou étoffer ses dires par le témoignage d’hommes et femmes de terrain. C’est ainsi que chacun des 18 chapitres du livre qui vient de paraître se trouve enrichi des propos d’un invité spécial à la compétence indiscutable. Parmi eux, de très prestigieux, tels que Lorenzo, Frédéric Pignon, Mario Luraschi, Philippe Rozier (et j’en passe).


Ce qu’il y a de remarquable chez Antoinette Delylle, c’est sa constante bienveillance à l’égard des hommes, et son infinie tendresse à l’égard des chevaux. Aussi son guide, comme elle le déclare elle-même, ne propose-t-il pas « une méthode à suivre à la lettre, mais plutôt une philosophie, un état d’esprit ».


« Pratiquer une équitation complice, sportive et créative, c’est possible, dit-elle encore. Il suffit de faire appel à sa propre intelligence… et à celle du cheval ».


Qu’il est bon, en cette période de polémiques, d’anathèmes, d’exclusions, d’entendre d’aussi simples, d’aussi justes, d’aussi prometteuses considérations !


Jean-Louis Gouraud 




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Journal Le Cheval n°313 du 17 Mai 2019


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