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Le Haras de Mormoulins sous les projecteurs de Broadway

  • Stéphanie, Ludovic et Riviera de Toscane
    Stéphanie, Ludovic et Riviera de Toscane
Le Haras de Mormoulins, écurie de compétition et centre de reproduction situé à Chaudon (28), est tenu par deux amoureux des chevaux : Ludovic Taugourdeau, mordu de concours hippiques et Stéphanie Marchandon, de dressage. Il y a près d’un mois, l’un de leur enfants, Broadway de Mormoulin, devenait Champion de France Pro Elite sous la selle d’Edward Levy. Zoom sur cette structure au sein de laquelle grandit l’élevage de Mormoulins.

D’abord cavalier, puis maréchal-ferrant, éleveur et naisseur, Ludovic Taugourdeau a aujourd’hui le mérite de porter plusieurs casquettes. Passionné depuis toujours, l’Eurélien était cavalier de concours hippiques. Alors qu’il sortait en concours tous les week-end, particulièrement en Cycles Libres, le jeune homme a eu de plus en plus de chevaux en pension à gérer. 

Une décision s’imposait : « Arrivé à 6 chevaux je me suis dit que plutôt que de jeter l’argent par les fenêtres autant créer une structure agricole. » Ludovic Taugourdeau a donc acheté le Haras en novembre 2005. « A l’époque il y avait des vaches en liberté, une toute petite maisonnette qui n’était pas habitée depuis 25 ans. Il n’y avait ni clôture, ni box, il a fallu tout faire. »

De bonnes souches initiales 

Assez vite, les premiers poulains naissent. Au fil des années, le couple développe le côté élevage du Haras de Mormoulins. En 2009, une jument SF, fille de For Pleasure par Laudanum, Riviera de Toscane est mise sur leur chemin par Vera Benchimol et Nicolas Brot. Sœur utérine du fabuleux Rahotep de Toscane, né à la SCEA du Vieux Noyer « elle nous a donné goût à la très bonne génétique. Rahotep n’était pas encore connu car nous l’avons acheté à 4 ans. Cependant Jadis et Karla de Toscane performaient déjà. Nous savions que nous achetions une potentielle bonne génétique avec comme mère Fanny du Murier ». 

Tout de suite, dès l’année des 5 ans de Riviera, le couple commence à faire du transfert d’embryons avec la jument. De là est né Broadway de Mormoulin. 

En plus de Riviera, deux poulinières sont présentes au Haras : Joy de la Tour et Beryl de Nivelle, les deux anciennes juments de concours de Ludovic. Ils font également l’acquisition, avec Catherine Gonzenbach, d’une deuxième jument de concours : Quamille de Grandrie, une fille de Le Tot de Semilly par Cadbula du Tillard née chez Eugénie et Cédric Angot, qui deviendra la deuxième jument de base de l’élevage d’aujourd’hui. « Maintenant nous avons plusieurs souches, on croit dans toutes celles que nous avons, mais ces deux-là restent les principales ». 

Le Haras de Mormoulins possède 5 poulinières. Les petites-filles de Riviera font déjà le transfert d’embryon : « Dès l’âge de 3 ans nous les faisons sauter en liberté. Et comme nous connaissons déjà la génétique en amont si nous voyons que sportivement c’est intéressant on fait tout de suite de la reproduction avec les femelles ». 

Le Fantastique Broadway de Mormoulin

Le jeune mâle par Kannan Broadway quitte assez tôt le Haras de sa naissance. A l’âge de 3 ans, il est vendu aux ventes Fences : « A cette époque nous étions obligés de les vendre relativement tôt. A ce moment-là nous avions une grosse génération de B. Nous avions Broadway et Bettina des Celtes, une jument que nous avions achetée à un an également à Vera Benchimol et Nicolas Brot, propriétaires de Riviera. Sur 8 poulains, ces deux-là sortaient du lot ». 

Aujourd’hui, Bettina des Celtes performe sous la selle de la Canadienne Erynn Ballard et Broadway de Mormoulin est Champion de France Pro Elite. « Une bonne dizaine d’années après c’est assez incroyable ». 

D’ailleurs lorsque Ludovic Taugourdeau évoque ce titre, l’émotion qui se dégage est forte. « Ce jour-là nous n’y étions pas. Il partait douzième dans le classement alors nous nous étions dit qu’il ne monterait pas sur le podium, nous avions pas mal de boulot. Mais nous l’avons finalement vécu comme une arrivée de Prix d’Amérique à travers le téléphone. C’était formidable. Pour nous professionnellement c’est presque une consécration sauf que notre carrière n’est pas terminée ! Nous avons commencé en bas avec ma femme, nous n’avions pas forcément de gros moyens et là faire naître des chevaux qui intéressent les gens c’est super. Puis j’ai été ravi qu’il revienne sous la selle d’Edward Levy. Ils forment un vrai couple parfait. » 

Riviera de Toscane aura bien aidé ! « Tout le monde a accès aux plus grands étalons de la planète. La recette maintenant, ce qui fait la différence, c’est la génétique femelle ». 

Le Haras de Mormoulins d’aujourd’hui et de demain

« Nous travaillons beaucoup avec du transfert d’embryons pour favoriser le progrès génétique. » 

Le Haras compte aujourd’hui entre 10 et 12 naissances par an, avec pour objectif de porter ce chiffre à 15. Leur centre de reproduction réalise entre 40 et 50 poulinages. « Nous avons deux étalons en frais cette année : Thaïs de Pegase et Arlem Andalou ». 

Grâce à leur titre récent, l’éclairage a été mis sur la souche Mormoulins. Le but de Ludovic Taugourdeau et Stéphanie Marchandon, pérenniser cette souche. « Contrairement aux débuts de Broadway, nous pouvons nous permettre d’attendre que les chevaux grandissent un peu plus avant de les vendre, quitte à les emmener nous-mêmes plus haut ou bien de les confier à un cavalier qui sera adapté au cheval. Nous aimerions avoir des étalons Mormoulins qui deviendraient reproducteurs. »

F. Pamart

 

01/06/2023

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