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L’artérite virale équine

Il existe plusieurs souches de virus, de virulence variable. Les souches circulant en France jusqu’en 2007 ne provoquaient pas de maladie. Une souche virulente est apparue en Normandie en juin 2007. Seuls des chevaux de race de selle ou de race lourde ont été touchés (pas de cas déclaré chez des trotteurs ou pur-sang).

Le virus est peu résistant dans le milieu extérieur :

•En effet, il ne persiste pas plus de 24h sur un support inerte (mangeoire, camion, vêtements…) ;

•Les désinfectants usuels le détruisent. La transmission peut donc être prévenue par des mesures hygiéniques de base.

•Une contamination indirecte est néanmoins possible si différents animaux sont en contact immédiatement avec le même matériel.

Transmission de l’AVE

La contamination se fait par :

•Voie respiratoire : par inhalation de virus provenant d’un cheval en phase clinique (phase très courte suivant immédiatement le contamination, durant 1 à 2 semaines, maximum 30 jours). 

Les principales sources sont : le jetage, les larmes, l’urine, les crottins, le sang,  le sperme... La transmission nécessite un contact étroit entre chevaux

Après cette phase clinique, les juments et les hongres éliminent totalement le virus et ne sont donc plus contagieux. Seuls certains chevaux entiers peuvent rester excréteurs dans le sperme. Ils ne sont alors contagieux que s’ils sont reproducteurs.

•Voie vénérienne : uniquement d’un étalon excréteur aux juments qu’il saillit ou qui sont inséminées avec sa semence (fraîche, réfrigérée ou congelée). 

Après guérison clinique, environ 40% des étalons restent porteurs du virus dans les glandes annexes de l’appareil génital et excrètent le virus dans le sperme. Cette excrétion ne se fait que dans le sperme (un étalon excréteur n’est donc pas contagieux pour les autres chevaux, en dehors des juments qu’il saillit, ou éventuellement les autres chevaux qui pourraient entrer en contact avec son sperme ou son urine). Cette excrétion peut durer de quelques mois à toute la vie. Ce portage est sous dépendance de la testostérone (la castration le fait cesser), mais il peut cesser spontanément. L’étalon est alors débarrassé définitivement du virus.

Il n’existe aucun moyen efficace de faire cesser l’excrétion. Une piste de recherche prometteuse concerne l’inhibition temporaire de la production de GnRH (hormone induisant la production de testostérone) grâce au « vaccin anti-GnRH » ou molécules antagonistes de la GnRH. 

Une jument infectée ne transmettrait pas le virus à l’étalon par voie vénérienne, mais peut lui transmettre par voie respiratoire si elle est en phase clinique.

Les voies de contamination de l’artérite virale (voir le visuel ci-dessous). 

Les symptômes de l’AVE

Durant l’été 2007, en Normandie, de la fièvre, des troubles respiratoires et des engorgements des membres et du scrotum ont été observés chez des chevaux adultes. Un avortement a été confirmé et d’autres suspectés sans analyse de laboratoire. Des cas mortels ont été confirmés sur 5 jeunes poulains. 

Symptômes classiquement décrits :

•Phase clinique (dure 1 à 2 semaines) : 

o Fièvre, jetage, larmoiement (ressemble à  la grippe ou à la rhinopneumonie) ;

oEngorgement des membres, œdème du fourreau et du scrotum.

Avortement 2 à 4 semaines après la contamination par voie respiratoire d’une jument pleine. Toutes les juments contaminées n’avortent pas. Elles peuvent avorter sans avoir présenté de signes cliniques.

Subfertilité transitoire chez l’étalon pendant 6 à 8 semaines après l’infection, mais les juments contaminées à la saillie ne présentent pas d’infertilité.

Comment traiter l’AVE ?

Les animaux guérissent spontanément.

Un traitement atténuant les symptômes peut être mis en place (soutien de l’état général, soins locaux…).

Après guérison, juments et hongres se débarrassent du virus. Seuls les étalons peuvent devenir porteurs sains et sont alors excréteurs dans le sperme. Ils constituent alors le réservoir du virus.

Prévention

Prophylaxie sanitaire

Une mise en quarantaine de 3 semaines lors de l’introduction d’un nouvel animal est appliquée.

Les chevaux sont contagieux par voie respiratoire au maximum pendant les 3 semaines suivant  l’infection.

Prophylaxie médicale

Un vaccin est commercialisé en France depuis juin 2005, il s’agit du vaccin ARTERVAC® (Fort Dodge). L’efficacité n’est pas absolue sur les animaux porteurs (limite seulement la quantité de virus excrété). La vaccination n’est donc valable que sur des chevaux sérologiquement négatifs (analyse de moins d’un mois avant la première injection de vaccin). En cas de rupture vaccinale, il est possible de reprendre la vaccination après un contrôle virologique négatif sur le sperme. 

Protocole de vaccination

•Primovaccination : 2 injections à 21-30 jours d’intervalle ;

•Rappels tous les 6 mois (jusqu’à 8 mois pour tenir compte de la période de monte).

Le cheval vacciné produit des anticorps et devient donc positif au test de dépistage dans 90% des cas.

Dépistage de l’AVE

Sérologie

L’analyse sérologique consiste à rechercher dans le sang d’un animal des anticorps spécifiques d’un germe donné.

La présence de ces anticorps indique que l’animal a été en contact avec ce germe ou qu’il a été vacciné contre la maladie.

Le taux d’anticorps augmente après un contact avec le germe, pour stagner ensuite, puis diminuer lentement. Après exposition au virus de l’artérite virale, la séropositivité dure très longtemps, parfois même toute la vie du cheval.

Afin d’estimer le risque qu’une jument soit contaminante pour les autres chevaux, par exemple avant d’aller à la saillie, il faut procéder à 2 analyses sérologiques (séroneutralisation, technique de référence) avec au minimum 15 jours d’intervalle et comparer le titre en anticorps qui doit être stable ou déclinant. 

Virologie

Lors de résultat sérologique positif sur un étalon non vacciné, il faut rechercher le virus dans le sperme.

Il existe deux techniques de mise en évidence du virus : culture (isolement viral) et amplification génique (PCR).

Le sperme doit arriver au laboratoire réfrigéré et dans les meilleurs délais. Après analyse :

•Si le résultat est positif, l’étalon est excréteur ;

•Si le résultat est négatif, l’étalon est non excréteur et ne présente pas de risque de contamination pour les juments.

Réglementation de l’AVE

L’artérite virale équine fait partie de la catégorie 2 des dangers sanitaires mentionnés dans l’article L.201-1 du Code rural et de la pêche maritime. La classification en cours est définie par l’arrêté ministériel du 29/07/2013. La catégorie 2 regroupe les « dangers sanitaires affectant l’économie d’une filière, animale ou végétale, et pour lesquels des programmes collectifs, volontaires ou rendus obligatoires, sont définis pour pouvoir efficacement conduire des mesures de prévention, de surveillance ou de lutte ».

(Source Equipédia-ifce)

12/03/2020

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