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Joël Albert : bonjour, l’artiste

  • Joêl Albert et Thomas Vergne
    Joêl Albert et Thomas Vergne
Joël Albert est incontestablement le maître-bottier français de l’excellence. Sur le Grand Parquet comme sur les autres manifestations où il décide d’aller, il a sa place attitrée. Impossible d’ignorer son stand « so chic » sans ostentation, fait d’objets anciens ou de coups de cœur, où trônent les bottes de cavaliers qu’il a toutes façonnées. Si vous êtes distrait, Joël vous hèle, parce que l’homme au catogan et au bouc élégamment taillé vit aussi du contact humain.


Fontainebleau, Grande Semaine, huit heures trente. Il est tôt, le Grand Parquet fume de rosée. Olivier Guillon passe en coup de vent : « Joël ? (Il réfléchit un instant) La Qualité ! Cela se perd de nos jours... »


Joël ne voit pas trop pourquoi nous voulons lui dresser le portrait. Alors il parle de ce qui nous entoure, d’une botte étonnante peinte dans les tons Hermès, qui l’accompagne sur tous ses stands : « Tu vois cette botte ? C’est un jeune peintre qui me l’a réalisée. Les artistes me fascinent. »


Son père était cordonnier dans la région de Saumur, il se dit joliment « fils de cordonnier de village ». Pendant dix ans il effectue son Tour de France des Compagnons du devoir. Puis se pose la question de son installation : « La botte d’équitation à l’époque était l’apanage des militaires. Ce métier de luxe était très fermé. C’était difficile d’y rentrer. » Alors il se « barre » en Afrique, à Cotonou dans le Bénin, où le métier de la cordonnerie était vivace. Il y reste dix mois. A son retour la chance lui sourit : un bottier militaire, à Saumur, entre les grandes caves saumuroises et l’Ecole nationale d’équitation, souhaitait remettre son affaire. Joël démarre, ouvrier pendant un an et demi, puis à son compte.


Je suis une éponge


D’où lui vient ce sens de l’élégance de la botte, l’alliance parfaite des cuirs, des couleurs, il coupe court, en toute simplicité : « J’ai appris à Saumur, par les gens qui passent. Je suis une vraie éponge, ce sont les clients qui me forment. Et puis j’aime prendre des risques. » Il y a tout dans cette phrase : son empathie et son savoir-faire vont créer la botte, parce qu’il a cette vertu si rare de l’écoute, la vraie, et qu’il sait donner vie aux désirs de celui qu’il a en face de lui.


L’artisan


Il accepte la dénomination d’artisan, et il a raison : artisan et artiste ont la même racine latine, celui qui met son art au service d’autrui. Son art s’inscrit pour autant dans une vraie tradition, qu’il a apprise puis vécue au cœur de la cité du Cadre Noir, Saumur, dont il n’a plus bougé : « Mon entreprise est traditionnelle, artisane, je ne développe pas à l’étranger, les gens viennent à nous. Je vends essentiellement dans ma boutique. Saumur est un grand lieu de passage, je vois tout le monde. »


Une rencontre en particulier ? La rencontre avec Georges H. Morris, le grand cavalier américain de saut d’obstacles : « C’était un moment magnifique. Mon métier m’a fait faire de si belles rencontres ».


Parce qu’il sait que son savoir-faire a un coût, il rencontre en 2006 Michel Richard, le patron de Paraboot. Ils collaborent en créant un produit d’artisan, avec les mêmes cuirs de qualité, mais plus abordable.


Demain ?


Il nous présente Thomas Vergne, 23 ans, originaire du Puy de Dôme, son successeur, qui travaille avec lui depuis déjà cinq ans. Le processus de transmission s’opérera sur sept ou huit ans. Qu’est-ce qui a tenté le jeune homme dans l’aventure ? Cavalier, il désirait trouver un métier annexe de l’équitation.


Retrouvez-le du 21 au 25 septembre à la Grande semaine de Saumur (Of course !), du 29 septembre au 1er octobre, au Cossé Brissac L’Etrier de Paris, du 2 au 3 octobre, Championnat des Enseignants, du 1er au 5 novembre à Equita’Lyon.


14/09/2017

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