- Toute l’actualité du cheval et des sports équestres

Endurance : Le triomphe français

CEIOJY** et CEIO*** Compiègne (60) 30-31 mai Les jeunes cavaliers comme les seniors ont tout raflé dans ces deux épreuves majeures très disputées, face aux meilleures nations d’endurance Compiègne, c’est un accueil immédiat, chaleureux, dans un cadre somptueux, et une Photo 1 sur 10
prise en charge toute professionnelle. pour répondre aux sportifs des 13 nations présentes. Sur les parcours des épreuves de samedi et dimanche, une centaine de personnes assuraient la sécurité, et dans le stade équestre pas moins d’une cinquantaine. Pas un raté. Christian Depuille, directeur de course, et Nicolas Wahlen, commissaire général, ont raison d’être fiers. Leur travail et celui de toute leur équipe fut un pari gagnant.

Car il y avait les meilleurs ; un superbe panel de concurrents, les meilleurs chevaux, les meilleures nations : Barhein, Allemagne, Suisse, Espagne. Et tout au long du week-end la rage de vaincre ne faiblira pas sous les frondaisons ensoleillées de cette forêt magique.

Christian Depuille, directeur de course, explique le tracé : « Pas plus de 380 m de dénivelé, à la demande de l’entraîneur national, parce qu’il veut voir le comportement des chevaux sur une course plus rapide : en effet les deux échéances (championnat du Monde des juniors en Hongrie, à Balbona, et Assise pour le championnat d’Europe Open se courront en terrain plat. »

Pour l’entraîneur de l’équipe de France d’endurance, Jean-Louis Leclerc, et Jérôme Boisson, son adjoint, Compiègne, ainsi que Rambouillet, servent en effet de « test de sélection » pour les chevaux et les cavaliers. Et ceux-ci le savent. Ils ont donné le meilleur d’eux-mêmes et ont été de loin les plus forts.
Les Juniors au sommet

L’épreuve du samedi rassemblait 53 partants, pour un parcours de 130 km. Les chevaux sont restés groupés dans les trois premières boucles. C’est sur la 4e que Roman Lafaure/Kaltsoum Cabirat se détachent et gagnent, devançant Justin Mourou/El Abiad Dejalima de 4 min, Laetitia Gonçalves/Jasmina Des Ayssade de 7 min. Julien Lafaure, le petit frère du gagnant, arrive 4e sur Laharanée Cabirat. Bon sang ne saurait mentir! Notons la performance de Roman qui dans la dernière boucle a atteint la vitesse moyenne exceptionnelle de 29,861 km/h.

Les juniors français raflent les 6 premières places, et se permettent d’être 8 classés sur les 10 premiers!
Cherchez la femme

Dimanche 31 mai. Jusqu’à la cinquième boucle c’est Caroline Denayer Gad/Gwellik du Parc qui mènent les débats. Elles sont suivies par Laurent Mosti et Jean-Philippe Frances. Premier coup de théâtre à mi-boucle.. Le premier à passer est Laurent Mosti, seul, suivi de Guy Dumas, qui revient d’une 11e place, Frances, Cécile Totain. Caroline est reprise par ses poursuivants.

Une course d’endurance à ce niveau c’est un peu comme une étape du Tour de France et un circuit de F1. Il y a de la frénésie, de la facétie, du calcul. Bref, de l’émotion.

Au Puits du Roi le tour est joué. Laurent Mosti est largement en tête. Le marathonien est devenu sprinter. ?Le deuxième est Guy Dumas ! Où ?est Cécile Totain? Un groupe de 3 surgit : Jean-Philippe Frances, Caroline Denayer, et Cécile Totain, passée 5e.

Retour en trombe au stade équestre; sur la butte nous guettons tous. Le premier est Laurent Mosti, follement acclamé. Guy Dumas confirme-t-il sa place? Oui! 1’45 plus tard il déboule, lève les bras sous les hourras, radieux. Jean-Philippe Frances est 3e, Caroline Denayer Gad 4e, et… Raphael Willot, qui a fait une superbe remontée depuis sa 8e position arrive 5e !
Ils ont dit…

Laurent Mosti : « La bagarre a été rude. Mais ma jument a montré ce qu’elle savait faire après la polémique de l’an dernier. Pourtant c’est ma course de rentrée, cela fait un an qu’elle n’a pas couru. Je ne savais pas si elle allait revenir après sa boiterie de l’an dernier. C’est vraiment une jument facile à vivre. » Sa jument a eu deux poulains gagnants sur course de plat, vendus, l’un au Qatar, l’autre aux Haras Nationaux comme étalon.

Guy Dumas : « Le secret de cette 2e place ? Ici les chevaux et les cavaliers sont tous des cracks. Il faut se placer dès le début. Nous avons pu doubler Caroline, Cécile Totain et moi, on n’a pas hésité. J’ai vu que Cécile fatiguait et j’ai foncé. Dire que jusqu’à la fin j’ai eu Laurent en ligne de mire… Mais mon cheval est encore un peu jeune, 9 ans, pas encore assez d’expérience. Rendez-vous l’an prochain…» Ce cavalier rhône-alpin, dont le cheval, Mohac, a gagné Nancy à 7 ans, a un petit élevage de demi-sang arabes, 2 poulinières haut de gamme. Il est aussi entraîneur pour le sheik Mohammed.

Caroline Denayer Gad : « Gwellick du Park va de mieux en mieux, malgré ses 15 ans. Je me suis régalée toute la journée. Mais il a trouvé plus fort que lui… »
Résultats par équipe : la France triomphe

Chez les juniors la France est 1e avec une vitesse moyenne de 20,58 km/h devant la Belgique.(18 km/h).

Chez les seniors la France est 1e devant la Suisse. Mais la vitesse moyenne des Français fut de 19,86 km/h, pour …16,36 km/h de moyenne suisse. Cela se passe de commentaire…
Et ces sélections, Jean-Louis Leclerc ?

« Avec le lot de chevaux et de cavaliers que nous avons vus ici nous avons un gros potentiel, nous pourrons faire 2 équipes. Ils se rapprochent en vitesse des épreuves internationales de référence. Les 10 premiers chevaux sont tous à près de 20 km/h de moyenne. C’est bon signe! Mais il faut attendre Rambouillet pour prendre une décision finale. »
Et le marché dans tout ça ?

Un cheval de podium se vend entre 100 000 et 300 000 €. Si Dubaï était encore récemment le plus gros acheteurs de chevaux arabes français, d’autres pays s’y mettent : Oman, le Barhein, d’autres petits émirats. Dans une moindre mesure, les Belges et les Portuguais également. Il y moins de commerce que l’an dernier et les Emirats achètent de plus en plus des chevaux jeunes, de 5 et 6 ans.

Pour Jean-Louis Leclerc l’orage de 2008 est passé : « La demande est un peu moins forte et les cavaliers veulent garder leurs bons chevaux. Ils ont envie de jouer. C’est rassurant ».

Etienne et Carine Robert

Compiègne : potins…endurés

Deux jeunes françaises ont fait l’épreuve du samedi et du dimanche. Sarah Chakil, sur Hamalia de Gion termine 22e des 130 km et 25e des 160 km avec Lubie Armor 160. Anne-Sophie Laborde termine 9e des 130 km sur Chanak d’Isatis (130 km) mais ne sera pas classée sur les 160 km avec Mangalia de Crouz (160 km). Par contre elle est 3e du classement par équipe. Elles auraient mérité un prix spécial toutes les deux.

C’était la journée sans tabac… pourtant il y en avait encore qui voulaient fumer sur le vet-games… Ah tabac quand tu nous tiens…

Le fils du roi du Barhein s’est épargné quelques km à pied… Des cavaliers français ont prévenu les organisateurs sur un passage qu’un cheval galopait seul. Ils l’ont attrappé, puis sont allés chercher le cavalier qui se tenait le bras en grimaçant. S’agissant du fils du roi, les gardes du corps (une dizaine) ont un peu impressionné le médecin de la course qui faisait son diagnostic. Cela ne l’a pas empêché de voir juste.

Les officiels et organisateurs, entre chaque passage, doivent se faufiler dans la circulation avec une dextérité étonnante. La maréchaussée est-elle complaisante? Que nenni… Si un arrêté préfectoral autorise la course… TOUS doivent respecter le code de la route. Respect!

Nous nous sommes entendu dire que Philippe Tomas, fameux cavalier, qui a pratiqué le horse-ball est un brin facétieux… N’a-t-il pas un jour franchi la ligne d’arrivée à l’envers sur son cheval « à la manière d’Averell Dalton »? Il y a des légendes dans l’endurance.

Les pro de l’endurance disent que l’entente entre cavaliers semble plus détendue qu’en CSO. Serait-ce une question de marché? En endurance, ce n’est pas parce que vous êtes 2e ou 3e que vous ne vendrez pas votre cheval.

La grogne aussi atteint l’endurance. Plus encadrée, elle a perdu de son élasticité, de sa fantaisie, de sa liberté, regrettent certains. Un petit moment de protestation s’est spontanément formé le vendredi soir. En cause, la tenue vestimentaire imposée sur le vet d’avant courses, la complexité des engagements sur FFE compet, l’incohérence du règlement. Une chose est sûre, le cérémonial des remises de prix aujourd’hui n’a plus rien à voir avec le folklore «homme et femme des bois» d’hier. Et c’est tant mieux.
04/06/2009

Actualités régionales