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Du terrain de jeux à la piste aux étoiles


17/05/2018
    
Imaginez une terrain en herbe en léger dévers, coincé en pleine ville au pied des tours HLM entre la nationale et les douves des fortifications. Vous êtes à Maubeuge, la « belle balafrée » ainsi nommée après sa destruction partielle durant la seconde guerre mondiale. Le temps d’un concours, ce terrain de jeux devient une piste en herbe

Imaginez une terrain en herbe en léger dévers, coincé en pleine ville au pied des tours HLM entre la nationale et les douves des fortifications. Vous êtes à Maubeuge, la « belle balafrée » ainsi nommée après sa destruction partielle durant la seconde guerre mondiale. Le temps d’un concours, ce terrain de jeux devient une piste en herbe d’une grande tenue. Les abords sont aménagés pour recevoir les espaces des exposants, une immense et confortable tente VIP, un espace cavalier et des lieux de réception pour les partenaires. Pendant la durée du concours, 350 repas seront servis chaque jour. C’est classieux.


Les boxes démontables sont installés contre les remparts des fortifications voulues par Vauban. C’est une des spécificités de Maubeuge. Les cavaliers y disposent d’un premier paddock de détente. La piste précédée d’un second paddock est à 2 ‘’ 15 montre en main. Patrick Caron est aux manettes techniques. Rien n’échappe à l’œil du sélectionneur aux 100 médailles. Il a quasiment tout prévu, tout anticipé et les épreuves s’enchaînent dans la fluidité sous le regard très attentif de Thierry Pommel venu observer ses jeunes recrues. Belle organisation que pilote Valère Cogniot, très bien soutenu par le partenaire-titre Lorban TP dont le patron Philippe Lorban est le président de la société hippique de Maubeuge. Eleveurs français et belges ont fait de ce rendez-vous de la vallée de la Haine (d’où le nom du Hainaut) un lieu très convivial.


Projet : un site équestre de grande envergure


A l’instar des cités belges dont les équipements équestres connaissent un succès certain, Maubeuge pourrait d’ici peu se doter d’une structure permanente de grande ampleur. L’idée a germé dans la tête d’une jeune cavalière, Pauline Cogniot, à la faveur de rencontres et de voyages. Son projet comporte trois volets : un volet structure barns-manèges-carrière destinés aux cavaliers étrangers, un volet organisation de concours nationaux et internationaux tous niveaux et un volet centre équestre. La ville apporte son soutien et une terrain de 50 ha.


Elle explique sa vision de « grand » Maubeuge :


« C’est un projet que j’ai en tête, depuis au moins quatre ans. La première fois que je suis allée avec Nelson Pessoa à Wellington, j’ai constaté que beaucoup de cavaliers étrangers avaient un pied-à-terre aux Etats-Unis de novembre à avril et que le reste de l’année ils allaient en Europe et surtout en Belgique pour faire leur commerce. Là, ils n’ont pas de réelles structures pour leur permettre d’être aussi bien qu’aux Etats-Unis. Ils viennent souvent avec leurs clients et aimeraient disposer d’ un standing correct. Donc ça c’est vraiment une nécessité. C’est la première partie de mon projet, la partie location d’écuries dédiées au commerce, aux entraînements de cavaliers étrangers. Les JO qui vont se dérouler à Paris en 2024 sont une opportunité pour nous. Maubeuge est très bien situé géographiquement. Beaucoup de nations étrangères viennent déjà ici préparer les Jeux. J’ai rencontré notamment toute une équipe d’Egyptiens il y a 15 jours au CSI de Sancourt qui est à la recherche de site pour s’entraîner.


La deuxième partie concerne l’organisation de concours nationaux, internationaux de tous niveaux, un peu sur la même base des concours qu’on peut voir en Belgique à Moorsele, Lier, Oplabeek. Des concours qui se déroulent du mercredi au dimanche, hivernaux par exemple. Ici dans la région à moins d’une heure et demie, 150 km, on n’a rien pour faire des concours en France. Pour ça on a besoin d’un site, d’un manège couvert, d’infrastructures couvertes, qui nous permettent de faire de la compétition en hiver. Moi je vais toujours à Moorsele. Du mercredi au dimanche les épreuves sont pleines, le samedi-dimanche on est parfois 200 cavaliers dans chaque épreuve, ça commence à 8h et ça finit à minuit... Ce centre de compétition, c’est une nécessité. Avec le Jumping 3* de Maubeuge qui fonctionne bien, on a déjà un pied dans l’organisation de concours. On sait faire. Ce genre de structure sera hyper intéressante pour les personnes qui viennent louer les écuries à côté et qui ont directement accès au centre de concours pour tester les chevaux qu’ils veulent acheter. 


La troisième partie c’est le centre équestre, école d’équitation. A Maubeuge le centre équestre va s’arrêter, il a été racheté et va être privatisé, donc il n’y en aura plus. Ce serait bien pour la ville d’avoir un beau centre équestre. Il y a de la demande à Maubeuge, l’équitation est un secteur qui va toujours plaire. Donc une belle école d’équitation a sa place ici.


Voilà ce projet. Ce sont trois parties vraiment distinctes, séparées, j’insiste parce que je pense que les cavaliers étrangers n’ont pas envie d’être gênés par les cavaliers de club, et les cavaliers de clubs veulent pouvoir utiliser leurs installations comme ils veulent. Tout ce monde-là peut cohabiter de manière intelligente. »


Vous en êtes où aujourd’hui ?


« L’étude est en route. Une organisatrice de projets a commencé à recenser les besoins. La ville de Maubeuge nous fournit les terrains, 50 ha d’un seul tenant proche des voies rapides. On est près de Bruxelles, près de Liège, des grands aéroports, donc c’est vraiment top. Un architecte est dans le coup. J’ai été visiter avec le sous-préfet les écuries Stephex de M. Conter, M. le sous-préfet était enchanté, j’ai l’appui de M. Conter qui est un fervent partisan de ce projet. J’ai été visiter aussi les écuries d’Ecaussines de Christophe Ameeuw et l’écurie très futuriste de M. Decroix. »


Vous avez une idée du coût de l’opération ?


« Je ne veux pas faire peur aux gens et faire l’erreur qui a été faite à Lille. Mon idée c’est vraiment de faire quelque chose de fonctionnel, clair mais joli, classique. Le coût devrait tourner autour de 3 millions d’euros. »




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Journal Le Cheval n°303 du 5 Octobre 2018


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