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Céréales, fourrages, granulés… surveillez-les !

Hépatotoxiques, néphrotoxiques, neurotoxiques, cancérigènes, perturbateurs hormonaux... les mycotoxines contaminent les aliments d’origine végétale donnés à nos chevaux. Elles sont issues du métabolisme des moisissures qui se développent au champ ou lors du stockage des matières premières. Ces mycotoxines, mortelles à haute dose, sont capables à faible dose de provoquer des syndromes variés et le plus souvent inexpliqués. Sensibilité accrue aux infections, fatigue persistante, soucis hépatique ou rénal discrets, les intoxications ne sont pas toujours évidentes à détecter.

De plus, les mycotoxines résistent particulièrement bien aux procédés habituels de « décontamination » et se retrouvent volontiers dans les granulés, ensilages, fourrages... bref dans toute l’alimentation.


Les mycotoxines font suite à la contamination des matières premières par des moisissures. Cette contamination peut avoir lieu au champ sur la plante vivante. Les insectes et des conditions climatiques peu favorables sont alors les principaux facteurs qui permettront aux moisissures de s’installer. Un foin récolté par temps pluvieux ou qui a mis du temps à sécher est un bon candidat pour les moisissures. Un enrubanné dont le plastique a été déchiré par des rongeurs aussi. Des céréales attaqués par les insectes le sont également car les agressions du végétal vont générer des points d’entrée idéaux. Une fois la récolte effectuée, les moisissures peuvent se développer si les conditions de stockage ne sont pas optimales. Une légère humidité avec un peu de chaleur suffira. Les produits humides comme les enrubannés ou les foins insuffisamment secs sont donc plus à risques vis-à-vis des mycotoxines.


Si certaines moisissures peuvent se détecter grâce à une odeur de moisi, de sous-bois, un feutrage noir ou blanc ou la présence de spores... on peut aussi suspecter la contamination par la présence de certains indésirables. La présence d’insectes ou de larves d’insectes dans les céréales, la présence d’acariens, de brisures ou de poussière, tout comme les fèces de rongeur ou d’oiseau, laissent penser à une contamination possible par les moisissures des aliments stockés. Un goût alcoolisé, rance ou moisi doit aussi faire penser à une possible contamination. De manière générale, une couleur ou une odeur inhabituelle doit amener à la prudence.


Fiez-vous également au nez de vos animaux. Si un cheval refuse sa nourriture, ce peut être parce qu’il est difficile ou malade. Mais si le phénomène se généralise, il faut regarder de près la qualité de conservation de la nourriture. Mais comme les animaux peuvent accepter une alimentation contaminée, ne vous fiez pas uniquement à leur jugement. La présence de moisissures ne permet pas de conclure qu’il y aura une contamination par les mycotoxines des aliments mais en l’absence de moisissure au champ et pendant le stockage, on est certain qu’il n’y en aura pas.


Pensez à bien refermer les paquets pour limiter l’apport en oxygène, à les garder au frais et au sec. Vous limiterez ainsi le développement fongique et donc la probabilité d’avoir des mycotoxines.


Anne Kaeffer
http://www.techniquesdelevage.fr/

11/06/2015

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