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A Courlans, c’est le rock qui gagne


06/08/2018
    
Final en apothéose avec le récital grandiose de Catherine Ringer, samedi soir.  Ce fut géant. Un son juste énorme, des musiciens fantastiques et une Catherine Ringer déchaînée pendant presque deux heures devant public de plus de 2000 personnes. Quelques anciennes chansons seulement, notamment « Andy » pour finir et une grande partie de son nouveau répertoire avec deux références à Fred Chichin. Elle ne lâche rien la Ringer. (Voir notre galerie photos)

Du rêve, du lyrisme, de la poésie, de la tendresse sur une musique d’enfer. Du rock-pop de la meilleure des cuvées. Elle regarde toujours loin devant elle, invente, gesticule, saute, danse joue de la guitare. Vraiment un top spectacle que l’on doit évidemment à la famille Mortier, ces magiciens de l’organisation. Il leur aura réchauffé le cœur ce festival de rock. Car le moral était bien bas en début de concours. Il manquait une  cinquantaine de chevaux à l’appel. Certains cavaliers n’ont pas eu l’autorisation pour cause de niveau trop élevé, un autre a été prié d’engager ailleurs. « Veut-on faire mourir les organisateurs » s’interroge Alain Mortier. « Où va notre sport » se demande-t-il encore lorsqu’un cavalier se voit refuser l’accès à un 4* au motif qu’il ne prend pas de table… Je ne pensais qu’à 60 ans je serais encore aussi naïf… ». Et pour couronner tout ça, la canicule qui a tué le public. Pourtant tout cela était beau, bien fait, bien léché, bien organisé. La vie en rose à nouveau cette année. Le rose lui va bien à la Jument Verte, entre le bleu du ciel et l’herbe verte de sa piste. 

Nicolas Dezeuses, le cavalier de Savoie a fait carton plein : la ranking du samedi, saluée par Mme Ringer Catherine, le Grand Prix groupe Criner, dimanche. Grand Prix dans l’exacte configuration de celui de la veille avec un duel au somment Dezeuses vs Duguet. Nicolas était en selle sur Quilane de Lezeaux et Romain sur le toute bonne Normande Alba Mouche (Diamant-Kannan) des Bellet. Très difficle le GP Groupe Criner. Romain Duguet, un fidèle de Courlans, en selle sur Tanaelle du Moulin (Larino) fut longtemps le seul sans faute. Il fallut attendre le dernier partant, Nicolas Dezeuses/Stella de Preuilly pour enclencher le barrage qui tourna à l’avantage du cavalier de Savoie.

Le Grand Prix 1* du matin fut pour le Strasbourgeois Quentin Bonno/Urne de la Lande, seul sans faute de l’épreuve. Un autre Alsacien lui succède sur la première marche du podium dans la vitesse 140 avec le jeune champion Tom Dellenbach/Bacchus du Val devant Sofian Misraoui/Avisée du Moulinet et Laurent Guillet/A Kiss. Jean-Luc Mourier a signé quelques belles victoires en début de concours. Une cavalière de son écurie, Camille Seys/Titan Pavière qui montait son premier GP 125, remporte l’amateur Gold Tour Esthederm disputé en fin de matinée le samedi. Pas moins de 41 couples ont pris part au Grand Prix 1m25 dessiné par Michel Chambon. 9 couples ont réussi à se qualifier pour le barrage dont 8 tricolores et un Suisse. 

La deuxième place est pour une jeune tricolore également : Theodora Ivanov, minime 2e année. Le tiercé gagnant est complété par Lionel Pechalat avec Voltero d’Aurois. 

Tous ont remercié la famille Mortier pour l’accueil, l’organisation et l’excellence de leur concours. Rendez-vous en 2019, c’est sûr, Françoise Mortier l’a affirmé. 

E. R.


François Franzoni, coach de jeunes talents

S’il ne monte plus à cheval, François Franzoni n’en est pas moins très présent sur les terrains de concours. Transmettre ce qu’il a appris a toujours été pour lui une priorité.

Il explique.

« Quand j’ai terminé ma carrière en 2013, j’ai continué avec les deux cavaliers que je suivais pendant que je montais, Pierre-Alain Mortier, qui est ici, que je vais voir tous les hivers, en concours hippiques. Il n’a plus trop besoin de moi mais à la maison pendant l’hiver on passe pas mal de temps dans le manège. La deuxième c’est Nathalie Mack à Mulhouse. Après une interruption due à un grave accident, elle est en train de repartir, elle a un très bon piquet, elle a eu de très bons résultats cette année entre les CSI de Mâcon, Vichy, Vittel, la semaine dernière en Allemagne, elle est en train de revenir au niveau où elle mérite d’être. Là ce sont mes deux anciens élèves.

Il y a 2 ans, j’ai eu la chance de rencontrer Paul Delforge. Nous avons fait pas mal de route ensemble et nous avons attaqué l’an dernier le Grand Circuit. Cette année, il confirme avec des participations à Arezzo, gagnant dans certains Grands Prix 2*, participation à une Coupe des Nations au Danemark où il est sans-faute dans le Grand Prix, de bons résultats la semaine dernière en Allemagne et surtout une très belle 7e place aux Championnats d’Europe à Fontainebleau à 4 pts de la médaille d’argent, c’est dommage. Paul est maintenant sur la route des grands circuits. 

Quant au dernier, le petit Tom Dellenbach, je l’ai rencontré l’an dernier en fin de saison, nous avons tiré des plans. Cette année, il a fait un très bon début de saison, nous sommes allés à Arezzo où sur 18 parcours il a été 13 fois aux prix, ensuite CSIO Juniors à Gorla Minore à côté de Milan, une victoire et de nombreux classements, CSIO à Fontainebleau une victoire, peut-être qu’il aurait mérité d’entrer dans l’équipe aux Championnats d’Europe mais l’entraîneur national en a décidé autrement, c’est peut-être un peu dommage, et là il est en  train de confirmer en accédant au grand niveau puisque là dans ce CSI 3* ce matin il gagne l’épreuve de vitesse à 140.  Le Grand Prix il l’a monté peut-être avec un petit poil de pression, c’était son premier GP 150 ainsi que pour son cheval. Je crois que pour lui l’avenir peut être rose. Il a trois années de Jeunes Cavaliers devant lui. L’entraîneur national Thierry Pomel avec qui je travaille  va nous aider pour le favoriser dans sa progression ».

Tom Dellenbach : un bac S et des ambitions avec les jeunes cav

Tu viens de gagner l’épreuve de vitesse ce dimanche matin, tu en es où dans ta jeune carrière sportive ?

« Pour l’instant j’ai perdu mon titre, j’étais champion de France l’année dernière à Auvers en Juniors. Cette année je me suis surclassé en Jeunes Cavaliers où j’ai fini 5e, parce que j’ai décidé de passer tout de suite en Jeunes Cavaliers. Je pensais ne rien avoir à perdre et rien à refaire en Juniors. Pour l’année prochaine je vise l’équipe de France Jeunes Cavaliers, en espérant que ça se passe mieux qu’avec les Juniors. Je pense qu’avec Thierry Pomel ce sera plus facile et plus clair dans les sélections ». 

Comment expliques-tu qu’on ne t’aie pas vu beaucoup dans les sélections Juniors ?

« Parce que les sélections sont toujours compliquées. Honnêtement je n’ai pas trop d’explications et c’est ça qui est gênant. Je ne comprends pas ».

Pourtant on t’a vu aux classements des Grands Prix…

« Des fois on ne se sert pas assez des classements j’ai l’impression, on réduit le classement général français on va dire… »

Tes chevaux tu les trouves où ?

« Les deux chevaux que j’ai emmenés ici sont nés à la maison, de pères et de mères qui nous appartiennent. Le petit, le cheval qui a gagné ce matin, Bacchus du Val, c’est un cheval qui est né à la maison, qui fait 1,55 m, donc qui est tout petit et que mon père m’a donné à la naissance. On ne pensait pas qu’il arriverait jusque-là et aujourd’hui il en est à gagner 1,40 m, sauter 1,45 m, et pourquoi pas bientôt faire les 150. Je vais faire le Grand Prix avec Brussel, c’est son premier GP à ce niveau, comme moi d’ailleurs.

C’est la jument qui aurait dû être dans l’équipe de France si cette année j’avais tourné, c’est ma jument de tête ».

Tu te destines à quoi ?

« L’année prochaine je vais faire une école de commerce en e-learning, donc cours par correspondance en sport-études. En fait je vais continuer à monter tout simplement. Je viens de finir un bac général en parcours scolaire normal donc c’était compliqué de tout gérer en même temps. Avec un sport-études et cours à la maison, je pourrai me mettre à fond dans mon sport ». 

Et tu as pu conjuguer sport et études ?

« Jusqu’ici j’ai réussi, j’ai eu un petit passage à blanc parce que justement à un moment ça a été compliqué en passant en S, mais finalement j’ai réussi à me rattraper pour le Bac et c’est ça le plus important pour moi ». 

Cavalier, tu veux en faire ton métier ?

« C’est ce qui est prévu. Pour l’instant je vais faire 3 ans en bachelor pour avoir une formation mais sur le principe dès que j’aurais obtenu mon diplôme, le but ce serait d’en faire mon métier ».

Comment ça se passe avec ton coach ?

« Très bien. J’ai commencé à travailler avec François en début d’année. Il m’a emmené à Arezzo avec Paul Delforge dont il s’occupe aussi et depuis on travaille ensemble. 

Il vient surtout m’aider sur les gros concours et les concours de sélections.

C’est quelqu’un de posé pour parler, pour expliquer en sortie de piste. Il me sert aussi d’intermédiaire avec le sélectionneur ».

E. R.



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Journal Le Cheval n°303 du 5 Octobre 2018


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