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Tenues de gala


20/12/2018
    
Tenues de soirée et soirée de gala pour la galaxie FFE, comme à l’accoutumée dans le grandiose salon de l’hôtel Intercontinentale à Paris. 180 médaillés 2018 de tous les sports et de toutes disciplines étaient à l’honneur et en apothéose, une standing ovation finale pour le voltigeur médaillé d’or à Tryon, Lambert Leclézio. En revanche, rien sur l’affaire qui secoue le haut niveau et qui fut évoquée à la manière d’un non-événement.

L’ambiance était joyeuse, détendue et les invités, généreux en applaudissements. Parmi eux, Jean Arthuis, l’auteur du rapport sur la filière cheval, Jean Roch, le patron de l’IFCE, Pierre Durand, le dernier médaillé d’or olympique individuel en jumping. Dans une intervention d’une dizaine de minutes, Serge Lecomte a brossé le tableau de l’année fédérale écoulée distribuant ici et là ses bons points, citant en exemple Thierry Touzaint et Michel Asseray pour leur gestion « instinctive » du Complet. Eloges pour les circuits Grand National CSO et Indoor qui ont favorisé une éclosion spectaculaire de talents, cavaliers et chevaux. Concernant le haut-niveau « Pour le saut d’obstacles qui nous occupe beaucoup en ce moment, j’ai entendu siffler les remarques des uns et des autres sur l’actualité de la discipline mais il faut savoir s’inscrire dans une logique de long termeEn 2008, nous avons mis en place le Grand National, nous avions alors à peine trente cavaliers qui couraient sur 145. Aujourd’hui, le Grand National c’est plus de 80 cavaliers qui tournent sur 150. Nous avons créé un vrai vivier de cavaliers et de compétences, il nous reste encore beaucoup de chemin à faire parce que rien n’est acquis. Si en 2008 nous sommes partis dans une optique de formation des cavaliers, en 2012 nous avons changé d’axe et nous avons souhaité mieux accompagner les cavaliers sur les concours. Nous avons donc changé d’objectifs et nous avons mis en place un chef d’équipe-sélectionneur pour accompagner les cavaliers et pour pouvoir faire monter en puissance tous ces cavaliers qui ont commencé à émerger. Aujourd’hui nous devons réfléchir et prendre une nouvelle direction.

 Aujourd’hui il faut voir les choses comme elles sont : les cavaliers français ont disparu des dix meilleures places du classement mondial, ils sont assez rares dans les vingt premiers et l’on doit rebondir pour retrouver notre rang aux premières places. Pour cela il faut travailler, revenir sur les carrières, reprendre un entraineur qui va vous faire travailler, travailler encore pour que l’on puisse en dégager les meilleurs des meilleurs afin d’être présents dans les grands rendez-vous. Le sport est ainsi fait et je parle sous le regard de Pierre Durand qui est présent, il y a des montées et des descentes. Aujourd’hui dans une descente tranquille il faut que l’on reprenne nos forces, notre ardeur pour pouvoir monter les prochaines montagnes. Voilà où nous en sommes. Le projet sportif de la fédération va être développé tout début janvier avec pour objectif de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Tokyo mais aussi pour retrouver la dynamique de travail nécessaire pour aller jusqu’aux Jeux Olympiques de 2024 à Paris. 

C’est important et c’est notre travail quotidien d’essayer de donner de la place à chacun d’entre nous pour participer aux compétitions et de soutenir et d’aider les meilleurs pour parvenir au plus haut-niveau. Je dois dire que le temps est dur, le temps est dur, plus dur que je ne l’ai jamais connu. Les moyens de la fédération sont en train de baisser donc il faut les resserrer. Le nombre de cavaliers est en train de baisser après un certain nombre d’événements tels la TVA, les rythmes scolaires, mais aussi la crise du pouvoir d’achat. Il y a aussi la conversion des mentalités et des modes de pratique, les aspirations de nos concitoyens par rapport aux activités sportives. Tout cela nous amène à avoir une réflexionde fond et à rebondir pour garder une fédération automne, indépendante et performante. »

Jamais le nom de Philippe Guerdat n’a été prononcé et son image a disparu des différentes rétrospectives. La page est tournée. Sur la suite des événements, peu de choses. En aparté Serge Lecomte indique que la succession sera assurée momentanément par Sophie Dubourg. Le nom d’Henk Nooren avancé un temps pour être l’entraineur, a été écarté.

Une cinquantaine de cavaliers du haut-niveau avait convié la veille leur ex-sélectionneur pour une soirée conviviale pleine d’émotion et de reconnaissance. « Vous êtes des compétiteurs leur a-t-il dit, regardez devant vous et continuez à progresser ».

Morceaux choisis

 

« Le rôle de la fédération est de crédibiliser le cheval, crédibiliser les sports équestres, de sensibiliser nos élus, nos députés, nos sénateurs, mais aussi le gouvernement pour que, comme le disait tout à l’heure Jean Arthuis, nous puissions trouver une fiscalité adaptée au bon développement de l’équitation. Le cheval, c’est le sport mais aussi ce qui a fait la France, c’est dans notre sang et on sait à chaque fois qu’il le faut, le remettre en selle. Les actions sont nombreuses. Nous sommes présents bien-sûr à chaque rassemblement d’élite, nous sommes présents sur les différents salons. Nous avons la volonté de fédérer la communauté équestre. 

Ce soir nous sommes là pour parler du sport. Le sport est un fédérateur dans la fédération parce que les deux grandes missions de la fédération sont de transformer le plus grand nombre possible de piétons en cavaliers mais aussi d’atteindre la performance, de progresser, d’être les meilleurs. Nous sommes à la croisée des chemins puisqu’au lendemain des Jeux Equestres Mondiaux à Tryon, il nous a fallu réfléchir, il nous faut réfléchir alors que les choses vont plutôt bien, que le sport se maintient, que le reste des activités sportives gardent un bon niveau. Il faut, pendant que les choses vont bien, choisir les orientations pour les années à venir. C’est pour ça qu’il est nécessaire d’écrire une page blanche pour que nous soyons au meilleur niveau dans les huit et dix ans qui viennent pour affronter les plus grandes échéances, en particulier les Jeux Olympiques de Tokyo mais surtout ceux de Paris où nous devons particulièrement briller sur notre territoire. 

Pour le complet, j’ai vu tout à l’heure Thierry Touzaint et Michel Asseray. Les choses vont plutôt bien, ce sont des valeurs sûres sur lesquelles on a fait beaucoup de performances avec un ancrage des cavaliers, une vraie dimension que je pourrais dire instinctive des sports équestres.  

Pour le dressage, nous avons remis en place une nouvelle ligne, plus objective, un minima à atteindre pour pouvoir être considéré à l’international et présent dans des compétitions honorables. Il y a beaucoup de travail à faire, on a déjà beaucoup fait ces derniers temps pour remonter le niveau général et aujourd’hui  il faut qu’on s’attache à aider les meilleurs pour pouvoir décrocher des sélections mais aussi une place honorable au sein des grandes manifestations internationales ». 

ER

 

 



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Journal Le Cheva n°314 du 31 Mai 2019


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