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Pierre-Yves Pose, élu Président de la Fédération Nationale des Conseils des Chevaux


16/04/2018
    
Lors de l’Assemblée Générale de la Fédération Nationale des Conseils des Chevaux qui s’est tenue le vendredi 13 avril 2018 à l’hippodrome de Vincennes, Pierre-Yves Pose (Nouvelle-Aquitaine) a été élu président de la Fédération, et succède à Michel Aubertin (Grand Est).

Il y a dans chacune des 13 régions métropolitaines et dans 3 régions ou territoires ultra-marins un Conseil Régional des Chevaux qui est l’interlocuteur référent de sa région et des collectivités locales. Chacun fédère les représentations des 5 membres du Comité de gouvernance* mais également les éleveurs et utilisateurs non représentés nationalement et les structures connexes à la filière équine (entreprises, formation, recherche…).

Depuis 2000, la Fédération Nationale des Conseils des Chevaux fédère les 16 conseils des chevaux régionaux. Elle représente les intérêts des régions au niveau national et européen ; elle apporte également une vision solidaire et transversale de la filière auprès de ses interlocuteurs et partenaires au premier rang desquels figure le comité d’attribution du Fonds Eperon où siègent 3 membres de la FCC.

Le nouveau président a présenté pour 2018 deux projets outils transversaux au service de la filière :

• Un outil de gestion partagé des démarches de qualité régionales ou sectorielles de la filière équine française existantes ou à créer. Ces démarches seront rassemblées sous un label socle, coordonnées par la FCC et répondant aux exigences de Certification de Haute Valeur Environnementale et aux conditionnalités de la Politique Agricole Commune 2014-2020. L’objectif est de mutualiser les moyens existants afin d’offrir à l’ensemble des entreprises de la filière une démarche de qualité accessible, dans le cadre d’une démarche de progrès nationale.

• Un observatoire dynamique national et son outil cartographique sous la forme d’une base de données récoltée par les Conseils des Equidés en région :

- Sur le plan technique, d’analyser en temps réel des données économiques et sociales sur l’ensemble de la filière équine et de les traiter régionalement et/ou nationalement.

- Pour le grand public, d’identifier et géo-localiser les entreprises/ établissement du secteur équin permettant ainsi aux professionnels de promouvoir leurs offres.

Ces deux outils sont coordonnés par la FCC et accueillent dans chacun de leurs comités de pilotage l’ensemble des entités de la filière. Ce sont des outils de prospective et d’anticipation qui permettront de préparer l’avenir de la filière équine française.

Le siège de la FCC se positionnera au Boulevard Vincent Auriol, à Paris, aux côtés des maisons mères SHF, SFET, et de l’Institut technique de la filière ifce.

*les CRE pour la FFE, les fédérations régionales des courses, hippodromes et associations d’éleveurs pour Le Trot et France Galop, les fédérations régionales d’éleveurs pour la SHF et les associations de races locales et fédérations régionales d’éleveurs pour la SFET.

 

La profession de foi de Pierre-Yves Pose

Suite à la démission de Michel Aubertin de la présidence de la fédération des conseils des chevaux, je vous propose ma candidature pour lui succéder.

Mon activité professionnelle depuis 21 ans est d’être éleveur d’équidés, des équidés certes un peu particuliers puisque ce sont des ânes des Pyrénées, que je fais naitre, éduque et valorise. Je les commercialise principalement auprès de professionnels de la randonnée, producteurs de lait d’ânesses et maraîchers en traction animale et parfois auprès d’acheteurs particuliers. J’exerce également une activité très saisonnière agro-touristique en organisant des randonnées avec ânes bâtés dans le Parc National des Pyrénées. Mes activités professionnelles ont parfois fait sourire dans cette filière à laquelle elles sont pourtant bien intégrées ; je les assume pour ce qu’elles sont, agricoles, économiques et répétables. En effet, si, à mes débuts, j’ai pu faire figure de précurseur, aujourd’hui, la filière équine c’est enrichi de centaines d’exploitations rentables autour de l’élevage et la valorisation asine.

Mon mode d’élevage, extensif et traditionnel, additionné à la saisonnalité de l’activité

touristique font que j’ai toujours eu du temps pour m’investir dans la vie associative et plus particulièrement dans le cadre de la filière équine.

Tout d’abord au sein de l’association nationale de race des ânes des Pyrénées, race qui a accéléré la professionnalisation de ses éleveurs et qui reste la seule race française de la SFET dont les effectifs des naissances ont progressé sur ces 15 dernières années, ensuite à la fédération nationale des 7 races d’ânes françaises que je préside depuis 6 ans.

C’est à ce titre que j’ai été parmi les fondateurs de la Société Française des Equidés de Travail, la quatrième maison mère française d’élevage, qui représente les 25 races patrimoniales de chevaux de trait, ânes et chevaux de territoires. Je pourrais écrire un livre pour raconter cette aventure exaltante de la création de la SFET et du Parcours d’Excellence du Jeune Equidé de Travail, son circuit de contrôle de performance agréé par décret ministériel. J’appuierai seulement sur deux détails qui vous en diront peut-être plus : la SFET est « la » maison mère d’élevage d’équidés dont le conseil d’administration est paritaire et ou les agriculteurs à titre principal sont majoritaires !

Sans savoir qu’en réalité, c’est le président de l’UNIC, Louis Romanet qui m’a poussé vers le marché international, la SFET retiendra surtout de mon action l’ouverture de la route du Japon pour le cheval de trait. Il faut dire que grâce à ce marché les revenus annuels des éleveurs de chevaux de trait ont plus que doublé en augmentant de plus de 6 millions d’euros, soit 12 fois l’enveloppe des allocations élevage de la SFET. A côté de ces engagements nationaux, j’ai toujours été, avant tout, impliqué dans ma région.

La première réunion, hors famille asine, à laquelle j’ai participé a été à l’hippodrome de Pau, sur convocation de Paul Essartial, le 28 octobre 2000. Il s’agissait de créer le Conseil des Equidés d’Aquitaine, quelques années après la naissance de celui de la Basse Normandie. Je ne m’étendrai pas sur les conditions extras-ordinaires, qui m’ont conduit à représenter en 2009 le collège élevage de ma région au sein du conseil des équidés. Il faut dire que l’on comptait à cette époque presque autant d’associations que d’éleveurs dans un climat politique où le conseil régional et les représentants de l’agriculture ne voulaient plus entendre le mot « cheval ». Je préside depuis 2012 dans l’ancienne, puis la Nouvelle Aquitaine, un conseil des équidés qui a retrouvé sa place d’interlocuteur privilégié des collectivités locales, de la région, des chambres consulaires et de leurs représentants. 

Au niveau de notre fédération, j’ai succédé à Olivier Lautier du Languedoc Roussillon comme votre représentant au sein de la commission d’approbation du Fonds Eperon avec Michel Aubertin, Philippe Lemaistre et les personnalités nommées par les Sociétés Mères du secteur Courses et par la Fédération Nationale du Cheval. 

Je m’implique auprès de Michel dans tous les dossiers de la Fédération et je l’ai accompagné de mon mieux dans les tempêtes que notre filière traverse depuis un an, avec la remise en cause de la liberté de constitution et de fonctionnement de nos conseils des chevaux régionaux et du mode de financement des projets d’intérêts collectifs nationaux et régionaux qu’est le Fonds Eperon. Ces sujets me sont précieux et vous pouvez compter sur moi pour m’investir afin de préserver nos fonctionnements et notre indépendance.

Cette phase politique qui a vu une gouvernance nationale de la filière se constituer sans que nous ne soyons consultés m’a conduit à m’interroger sur notre fonctionnement et plus particulièrement sur celui de la Fédération Nationale. Par nature discrète, la fédération a toujours laissé chaque région définir ses objectifs et gérer par elle-même ses projets. Elle assurait le financement d’un niveau de dotation de fonctionnement forfaitaire pour chaque région et la coordination de projets nationaux à déclinaisons régionales comme les Observatoires, le Réseau Référence ou l’instruction des dossiers Eperon. Il en résulte que nos structures sont très disparates dans leur fonctionnement, leurs moyens et donc la reconnaissance dont ils bénéficient.

Ce que je vous propose c’est de mettre en place au niveau national des outils mutualisés que chacun aura la possibilité d’utiliser pour assoir sa propre politique régionale de développement.

Il y a deux outils sur lesquels je travaille par délégation du président Aubertin depuis plus de deux ans et que je souhaite voir éclore :

- La mise en place d’un nouvel outil observatoire capable d’agglomérer de multiples sources de données et d’en faire des restitutions cartographiques ajustées aux besoins de chacun.

- La création d’une base unique de labellisation agréé par le ministère en charge de l’agriculture pour permettre l’ouverture d’enveloppes budgétaires européennes. Base sur laquelle chaque conseil des chevaux pourra utiliser directement ou prendre appuie pour mettre en place des labels sectoriels et/ou régionaux tout en optimisant les coûts pour les labellisés.

Ces deux projets seront présentés lors de la prochaine AG, j’espère qu’ils rencontreront tout votre soutien mais ils ne sont pas uniques. Il appartient à chacun des conseils régionaux de dire s’il a besoin d’une aide technique que la Fédération pourrait apporter.

Vous savez donc maintenant d’où je viens et quels sont mes objectifs, je reste très attaché à ce que nous partageons avec nos adhérents dans chacune de nos régions, la nature transversale des conseils des chevaux, l’écoute et la recherche de consensus qui prédominent.

Ce sont ces valeurs que nous devons maintenant porter au niveau national dans le respect de nos différences régionales.

 

La profession de foi de François Lucas (2ème candidat)

La Fédération Nationale du Conseil des Chevaux et des Equidés est, avec ses structures régionales, une institution dont le monde du cheval a le plus grand besoin face aux pouvoirs publics nationaux et Européens.

C’est une initiative qui a su réunir un bon nombre d’acteurs du monde du cheval sans avoir su s’imposer vraiment jusqu’ici comme l’organisme représentant et unifiant la filière.

La récente mis en place de la « Gouvernance » en est une démonstration évidente. Elle doit nous conduire à reprendre l’initiative de rassembler tous les acteurs concernés sans esprit partisan ou catégoriel. Ainsi nous devons absolument rassembler les acteurs et favoriser les complémentarités pour améliorer l’efficacité économique et sociale de notre secteur.

Notre avenir, « Filière cheval », passe par la modernisation de notre organisation générale en confortant nos ramifications régionales, lesquelles ont le privilège du contact direct avec le terrain dans leurs spécificités territoriales.

La nature et la position des « sociétés mères » dans la filière qui développent l’emploi et l’économie, en font des acteurs majeurs des activités liées aux usages des équidés. Mais la filière doit également s’ouvrir à toutes les activités qui contribuent à l’animation technique et économique autour du cheval.

Entretenant les meilleurs relations avec chacune des composantes de notre petit monde uni par les métiers concernés par les équidés, je vous propose ma candidature à la présidence de la Fédération des Conseils des Chevaux et des Equidés dans le but d’engager la réforme indispensable pour rassembler effectivement de façon engagée l’ensemble des acteurs concernés.

Dans la future organisation, la place des représentations régionales doit rester centrales, car elles ont prouvé leur utilité en étant très proches du terrain et assoient la légitimité de l’ensemble.

Une forte représentation nationale est aussi nécessaire, car l’organisation des pouvoirs publics, et notamment de l’exécutif de notre pays, impose de disposer d’une forte capacité à relayer au sommet de l’Etat, les préoccupations de la base. « L’effet tenaille » est à rechercher pour mieux faire avancer les dossiers qui nous préoccupent en travaillant aux deux extrémités de la chaine des décisions.

Toujours très attaché et engagé dans la recherche de l’unité du monde du cheval, je crois profondément que désormais tous les acteurs ont bien saisi les enjeux du rassemblement et sont prêts pour cette union.

C’est pour quoi, je vous propose :

1. Une large consultation pour élaborer un nouveau contrat statutaire en concert avec les sociétés mères et tous les organismes œuvrant dans le domaine du cheval

2. Ce contrat statutaire précisera la volonté de mener en commun les actions qui nous sont transversales à tous sans interférer dans les domaines spécifiques de chacun

3. D’organiser la représentation nationale via les représentations régionales comme nous les connaissons aujourd’hui

4. De proposer à vos suffrages un nouveau texte qui engagera chacun à se réunir au sein du « conseil des chevaux et des équidés » et organiser à la suite de nouvelles élections conformes à notre volonté de rassemblement

Ma motivation consiste à mettre en œuvre ce qui a toujours guidé mon engagement : donner de la force au monde du cheval afin qu’il prenne sa vraie place dans notre société comme acteur social, culturel et économique.

Nous avons l’opportunité de la faire maintenant. Avec notre unité, nous serons mieux écoutés et toutes nos actions seront ainsi largement facilitées.

Tous ensemble, nous pourrons enfin construire ce que nous souhaitons depuis de nombreuses décennies.



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Journal Le Cheval n°295 du 12 Avril 2018


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