Pourquoi cela ? Parce que les grands sires étaient là aux côtés des jeunes, ceux que les éleveurs veulent voir de près, parce que l’envie d’achat mijotait dans les têtes et que la proximité a enclenché le passage à l’acte, parce que aussi l’éleveur aime rencontrer et discuter avec l’étalonnier. Le désir de faire naître est toujours d’une intense actualité.

L’élevage vit plutôt bien au regard de ce qu’il nous a été possible d’observer ici. Son écosystème, mutant parfois, conjoncturellement perturbé, fonctionne bien.

Au regard aussi de « l’after » car, de nombreux étalonniers nous l’ont dit lors d’un rapide sondage, des contrats ont été vendus au téléphone dans la semaine à des éleveurs qui n’ont pas réussi à approcher le stand convoité…La convivialité est une règle d’or de ce salon.

Si les grandes maisons ont bien travaillé, les plus petites structures ont, elles aussi, fait valoir leurs arguments à partir d’un catalogue, contenu et contenant, bien choisi.

Fait-on encore confiance à la publicité sur papier, glacé ou pas ? Le salon 2024 aurait tendance à le laisser croire. C’est elle qui attire la curiosité et le catalogue bien léché est une marque de respect et de reconnaissance de l’étalonnier vis-à-vis de l’éleveur. Les graphistes ont du talent et les imprimeurs un vrai savoir-faire. On aurait tort de s’en priver. L’information passe aussi par ces codes-là.

De nouvelles enseignes ont fait leur apparition. Nous en citons quelques-unes par ailleurs. L’élevage de Riverland (Charente), fort connu, était là pour la première fois avec un espace. Démarche identique pour le haras de Castille (Vosges) associé à la branche étalons constituée par Grégory Rulquin, le patron de Cheval Liberté. La victoire de Kentucky du Biolay, seul fils de Cordial représenté, monté par Sofian Misraoui dans le Master 4 ans, leur a assuré un vif intérêt. L’occasion pour cette structure novatrice et unique dans le Grand-Est de montrer aussi Halifax du Barquet (Lauterbach-Baloubet) et Rotterdam de Muze (Cumano-Voltaire).

Ruée sur le Dollar (du Rouet). Yannick Fardin n’en revenait de l’engouement suscité par son étalon. Plus de 80 contrats ont été signés pour le fils de Chacco Blue que montait Gilles Botton comme huit jours plus tard à Gesves. Même intérêt pour ses voisins d’espace belges Wathelet-Botton Stallions et Erik Duran du haras des Roziers. Gros attroupements et files d’attente au GFE, à France Etalons, chez BLH, au haras de Semilly, au haras du Bois Margot où la descendance de Qlassic avec J’accuse et Hitchok a été remarquée, au haras du Géry, à Ibreed Agency où Mosito VH Hellehof et Kasanova de la Pomme ont été plébiscités, au haras de Gravelotte, atterré après la blessure fatale à Dallas, mais où Diego et Chavez ont fait le buzz, au stand du stud-book holsteiner et généralement à toutes les cellules qui surplombaient les gradins. Coup de chapeau au passage à la restauration Edouard Set.

Le Master a consacré Kentucky du Biolay (Cordial) pour le haras de Castille en 4 ans, Jacadi du Paradis (Clarimo)/Vincent Pacaud pour France Etalons en 5 ans et Itoki de Riverland*GFE (Candy de Nantuel)/F-X Boudant.

Hwen d’O Vezauziere (Landator)/Lison Rivière pour l’écurie les Lays remporte la palme poneys du Grand Match by Reverdy. Hoptum de l’Abbaye (Malito de Rêve)/Clément Fortin pour le haras de Semilly s’impose dans le match 7-8 ans et Pégase vt Ruytershof (Comme il Faut)/Joren de Winter pour France Etalons dans les 9 ans et plus.

Cérémonies et hommages ont ponctué ce marathon. Yann Adam, en ouverture, a salué la mémoire de notre confrère Marc Verrier disparu quelques jours plus tôt. Rexter d’or, Excalibur de la Tour Vidal ont eu leur moment privilégié ainsi que les naisseurs des chevaux qui ont hissé le SF en haut de l’affiche.

E. R.