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La parole aux juges SF

Focus sur deux juges Selle Français œuvrant sur les terrains de concours bretons. Noël Maréchal et Pascal Aizen ont accepté de répondre à nos questions à la sortie de la réunion annuelle des juges Selle Français Référents et Nationaux qui se tenait le jeudi 23 février dernier à Paris.

Le Cheval : Depuis quand exercez-vous en tant que juges ?
PA :
« Mes débuts en tant que juge remontent à une quinzaine d'années. J'ai reçu mon diplôme de juge national SF l'année dernière, en même temps que Noël Maréchal, des mains de Michel Gaspard. Nous avons passé les examens et avons réussi. Cela reste un souvenir très fort. Je me rends également sur les concours de race Shetland. J'ai eu l'occasion de me déplacer pour le studbook Selle Français en Pologne évaluer des 2 et 3 ans ainsi que des poulinières, ou encore dans d'autres régions comme à La Baule l'année dernière, ainsi que pour d'autres associations d'éleveurs comme l'AECVL ».
NM : « J'ai commencé par acquérir mes premières notions en matière de jugement à l'école du Haras du Pin, puis dans ma fonction de cavalier de jeunes chevaux au Haras de Lamballe qui m'a conduit à présenter des 3 ans en concours de Modèle et Allures. C'est ensuite le Directeur du Haras, Alain Ragois, qui m'a demandé de participer en tant que juge cette fois (mission qui n'était autrefois exercée que par les directeurs ou sous-directeurs). J'ai passé l'examen de juge national l'année dernière. Je juge désormais les chevaux SF ainsi que les poneys, à raison d'environ 200 animaux par an.

LC : Pouvez-vous nous brosser un état des lieux des concours d'élevage en Bretagne ?
NM : « Au niveau des points forts, nous bénéficions d'une solide organisation avec des sites d'accueil qui correspondent très bien à ce genre d'activité (Lamballe, Dinard, Hennebont, Landivisiau). Ces lieux sont sécurisés et parfaitement adaptés pour le déroulement des épreuves.
Nous avons la chance d'avoir des associations départementales très impliquées qui font le maximum pour offrir à leurs éleveurs des récompenses : lots, plaques, primes...Le point faible de nos concours reste la difficulté à mobiliser un public de professionnels (marchands, cavaliers pro, investisseurs susceptibles d'acquérir des jeunes chevaux de sport). »
PA : « Nous disposons en Bretagne des bénévoles très impliqués, à l'image de Marie-Claire Le Bris (trésorière de la Fedeb et présidente des Eleveurs du Nord Finistère) qui assurent une organisation parfaitement rodée et se démènent pour faire vivre ces concours.
Le département du Finistère dans son ensemble a d'ailleurs fait de remarquables progrès en matière de qualité de chevaux présentés et s'annonce comme un département à suivre de près ».

LC : Comment s'est passée la réunion des juges SF ?
NM :
« Ces réunions permettent de nous mettre à jour avant le début de saison au niveau des modifications réglementaires. A titre plus personnel, je trouve intéressant de rencontrer nos homologues des autres régions. Malgré un plan général, le fonctionnement est forcément différent en fonction de la spécificité des régions. Il est toujours enrichissant d'échanger les expériences pour élever le niveau de chacun ».
PA : « Pour ma part, je crois qu'il est important que nous nous connaissions tous entre juges nationaux SF, et de maintenir un niveau de sélection élevée pour ce « grade ».

LC : Dans quel état d'esprit êtes-vous à la veille de cette nouvelle saison ? Comment l'abordez-vous, quelles sont les principales nouveautés cette année ?
NM :
« Je suis toujours impatient de recommencer. Le gros changement cette année sera la naissance d'un circuit Femelles, réservé aux Femelles de 2 et 3 ans, non monté, et qualificatif pour l'Evènement Femelles du mois d'août à St-Lô ».
PA : « C'est toujours plaisant de repartir en concours et nous avons hâte d'observer les nouvelles générations.
Au niveau des nouveautés, je mettrai en avant particulièrement la Qualificative Etalon qui se déroulera cette année à Lamballe et verra pour l'occasion l'inauguration d'un nouveau rond d'Havrincourt. Nous attendons les éleveurs sur cette manifestation qui sera l'occasion de juger les entiers sur des critères de « saut » renforcés (autre évolution pour 2012, les notes d'obstacles, et notamment de saut en liberté, seront en effet réévaluées) car c'est l'aptitude sportive que l'on cherche à mettre en valeur chez nos Selle Français ».

LC : Quelle ambiance règne-t-il au sein du corps des juges SF et quelles sont les perspectives au niveau breton ?
NM : « L'ambiance est très bonne, sereine. Nous avons la chance d'avoir deux autres collègues de niveau national en Bretagne : Christian Planchon (également Responsable de la Commission Formation), Patrick Rabot (juge référent pour la Bretagne).
Nous avons de plus accueilli l'an passé de nouveaux juges, dit « stagiaires » qui devront faire leurs armes aux côtés de Patrick Rabot avant de se présenter à leur examen de passage et d'intégrer officiellement le corps des juges SF. Ainsi, nous saluons l'arrivée de Marie-Christine Rousseau (Elevage Gesmeraye) ou encore Valérie Moré (Elevage M'Auréa) et sommes ravis de féminiser par la même occasion les effectifs et de nous entourer de nouvelles compétences ».
PA : « Je tiens à saluer le travail remarquable de Noël Maréchal dont l'implication est indiscutable pour les concours d'élevage en Bretagne. La Bretagne compte une vingtaine de juges de niveau départemental à national. Mais la recherche de nouveaux juges pour renouveler les effectifs est une préoccupation constante, de même que la formation de ces juges pour entretenir un haut niveau de connaissances. La formation annuelle des juges en région aura d'ailleurs lieu courant avril ».

Brice Elvezi : « dynamique Bretagne »

Le point de vue de Brice Elvezi, responsable du corps des juges SF :
« Souvent discrète mais très dynamique, la région Bretagne est structurée avec une transmission de savoir des anciens aux plus jeunes, qui lui permet de fournir dans toutes les générations de très bons chevaux, que l'on retrouve aussi bien en épreuves d'élevage, qu'en jeunes chevaux, et à très haut niveau.
Le corps de juges suit la même ligne et joue un rôle très important dans la sélection. Pascal Aizen et Noël Maréchal, mais également, Christian Planchon, Patrick Rabot et beaucoup d'autres, ont à cœur de mettre en valeur le travail des éleveurs, et bénévolement de surcroit !
De nombreux projets sont en cours, et il est primordial pour le Selle Français de former et accompagner ses experts pour un objectif : la performance collective. » 
22/03/2012

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