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L'Aquitaine augmente son attractivité pour 2017


05/12/2016
    
Le Sud-Ouest possède deux gros pôles hippiques qui drainent beaucoup de monde tout au long de l'année. Si les petites structures organisatrices ont aujourd'hui du mal à organiser des compétitions régulièrement, les gros Pôles Hippiques prennent le relais en investissant pour l'avenir du sport, mais pas que. Nous avons rencontré Xavier Trouilhet, dirigeant du Pôle Hippique Lou Chibaou de Barbaste en Lot et Garonne (47), désormais connu grâce à son étape du Grand National de CSO à franc succès, et Jean Miguel Prado Lacoste, fondateur de la société organisatrice de concours Jumping 64 et du Pôle Hippique d'Ascain dans le Pays Basque (64), à quelques kilomètres de la frontière espagnole au sud-est de Biarritz.

La première étape de ce voyage dans le Sud-Ouest est Ascain. Village dynamique de 4 200 habitants, situé au sommet de la Rhune, ultime sommet pyrénéen occidental situé à six kilomètres de la côte atlantique. C'est dans ce village basque que Jean Miguel Prado Lacoste a imaginé une structure hippique sortie de terre en février 2015 après plus d'un an et demi de travaux, pouvant accueillir de grosses manifestations. Ce site en hauteur domine une vallée qui offre une vue imprenable sur les monts pyrénéens. La carrière de concours est immense (95m x 60m ndlr), et elle est bordée de gradins naturels pouvant accueillir plus de 3000 places. Le site compte également un paddock, une capacité d'accueil de plus de 300 chevaux en période de concours, un rond de longe, de grands parkings, des espaces de pique-nique et de restauration et de nombreux espaces exposants. Avec de telles infrastructures, le risque financier était grand, mais Jean Miguel et son équipe organisatrice a fait un vrai travail de communication et d'organisation. Aujourd'hui, soit bientôt deux ans après l'ouverture du site, les concours sont remplis et saturés en moins de deux heures tant les cavaliers apprécient ce concours où rien n'est laissé au hasard. 

Nous avons donc rencontré Jean Miguel Prado Lacoste pour échanger sur l'année achevée et les objectifs pour l'avenir. 

Le Cheval : Quel bilan tirez-vous de cette saison de concours 2016 ?

Jean Miguel Prado Lacoste : « Le bilan est positif. On a fait le plein dans les 3 gros concours : les deux nationaux et l'international sur deux semaines. Nous avons également fait un assez bon plein dans le 1er concours jeunes chevaux. Pour le second concours jeunes chevaux, nous n'avons pas eu autant de participants suite à un problème de dates avec les autres organisateurs de concours. Et pour la première année, le CIR s'est bien déroulé et nous sommes satisfaits du résultat. C'était osé de le faire ici à Ascain, où nous sommes excentrés par rapport à Pau ou aux autres zones. Normalement nous sommes relancés pour l'année prochaine aux mêmes dates, ce qui signifie que la SHF est plutôt satisfaite de notre travail.
Le CSI sur deux week-end est également relancé pour l'année prochaine, avec une nouveauté cette année puisque nous montons d'un cran le deuxième week-end en ajoutant une étoile (donc CSI3* ndlr) »

LC : Quels sont vos objectifs pour les saisons prochaines ? 

JMPL « La saison prochaine comptera toujours deux concours nationaux : un au mois d'avril et un autre en octobre. La même semaine que le national en avril nous aurons un premier concours jeunes chevaux. Ensuite nous accueillerons une TDA (Tournée des As ndlr) sur deux jours, le week-end après le national « vieux chevaux ». C'est une nouveauté à Ascain puisqu'on me l'avait beaucoup demandé. Nous espérons également organiser à nouveau un concours jeunes chevaux au mois de mai, mais cela reste à concrétiser. 

Du côté des concours internationaux, ils débuteront le 25 juin et se termineront le 10 juillet. La première semaine comptera une CSI1* et 2*, et la seconde semaine un CSI1* et 3*. Les épreuves jeunes chevaux CSIYH auront lieu quant à elles en semaine. 

Et nous terminerons la saison avec le concours national au mois d'octobre. »

LC : Vous avez eu Jean François et Frédéric Pignon qui sont venus présenter un spectacle cette année, quel bilan tirez-vous de cette expérience « hors compétition » ?

JMPL « C'était un succès le premier soir. Après, le deuxième jour a connu une baisse de fréquentation. Nous avions choisi de le programmer l'après-midi pour essayer de faire venir des enfants et des plus jeunes pour qu'il n'aient pas besoin d'arriver à huit heures du soir, et il n'y a pas eu beaucoup de monde. Le samedi fut un succès mais le dimanche fut un peu un flop …

L'année prochaine, je ne pense pas que l'on reconduira le spectacle dans l'immédiat. Pour le moment on met une priorité aux concours. Économiquement c'est un peu lourd de faire venir tous ces spectacles. Nous essayons de préparer quelque chose d'ici deux ans. Quelque chose d'un peu plus travaillé. Ce devrait être plus gros que ce que nous avons eu jusqu'à présent. »

LC : Donc vous n'êtes pas uniquement focalisés sur le sport, vous vous ouvrez aussi d'autres perspectives type spectacle .. ?

JMPL « Absolument. Même l'année prochaine nous envisageons de louer une partie des installations, pas la carrière de concours, à des foires, des séminaires, des expositions automobiles, etc. 

Nous nous concentrons principalement sur le concours hippique, mais il y a peu être un projet d'organiser un concours de dressage de niveau international. Ce ne sera pas mon organisation personnelle, puisque je louerai les installations à l'organisateur. C'est quelque chose qu'on m'a demandé à de multiples reprises compte tenu que le concours de Biarritz tombe un peu à l'eau.
Si je le fais, ce sera en bonne entente avec Biarritz. En aucun cas je ne veux prendre la place ni de Biarritz, ni d'Anglet, ni d'autres concours dans le secteur. Si je le fais c'est pour augmenter un peu le niveau dans le Pays Basque. 

LC : Avec le Pôle Hippique de Barbaste, vous êtes les deux gros pôles hippique du sud-ouest. Barbaste a intégré le circuit du Grand National l'année dernière, est-ce que intégrer le circuit du Grand National pourrait être un objectif ?

JMPL « Économiquement je n'ai pas trouvé la même viabilité. C'est plus viable de faire un concours international qu'un concours national au niveau économique et sponsoring. Je préfère me concentrer sur les concours internationaux parce que nous avons des entreprises internationales qui sont prêtes à sponsoriser des événements de dimension internationale. Pour le Grand National, il faudrait être sûr que les gens viennent d'aussi loin. C'est envisageable dans l'avenir mais pas dans l'immédiat.

Les CSI ont très bien marché. Nous avons eu de bons cavaliers qui sont descendus à l'instar de Jérôme Hurel, qui, je pense, reviendra l'année prochaine. Nous avons eu plus de 10 nations de représentées. J'avais mis un point d'honneur à accueillir les cavaliers espagnols et nous avons eu 60 chevaux espagnols. J'ai même dû refuser du monde, environ une centaine de chevaux au total (!), parce que les épreuves étaient limitées à 80 partants. La demande est donc bien là et le bouche à oreille va se faire. J'ai encore eu des réservations pour les concours de l'année prochaine cette année pendant la Grande Semaine de Fontainebleau. Je pense que les dates sont bien choisies, et ce n'est pas par hasard que j'ai choisi ces dates : c'était les dates des concours internationaux de St Sébastian et Santander qui ne se font plus pour le moment. Mon objectif est de relancer ces concours là, de faire un jumelage. Pour refaire le fil rouge qu'il y avait à l'époque. » 

Nous remontons désormais 200 km au nord, en direction de Barbaste, petit village de 1500 habitants du Lot et Garonne situé à la croisée des département de Lot et Garonne, des Landes et du Gers. Barbaste est à 1h30 de Bordeaux, 40 min d'Agen, 1h de Mont de Marsan et 1h d'Auch.
Plus aguerri que son cadet d'Ascain, le Pôle Hippique Lou Chibaou a vu le jour il y a 6 ans. Avec au départ une seule carrière de concours, un manège et quelques boxes, le Pôle Hippique dirigé aujourd'hui, et depuis quelques années par Xavier Trouilhet, connaît une belle croissance ces dernières années. Aujourd'hui en chiffre, le Pôle Hippique Lou Chibaou c'est 2 carrières de concours (100x60m et 80x40m ndlr), deux paddocks, une carrière couverte, un manège, un rond d'avrincourt, plus de 250 boxes en dur et de nombreux parkings. Xavier Trouilhet et son équipe de l'association organisatrice Cashoo Three effectuent à l'année un travail colossal pour sans cesse améliorer le site et le rendre plus attractif … et les efforts paient !
Nous avons donc rencontré le directeur du site pour faire le point sur l'année 2016 et entrevoir 2017. 

LC : Quel bilan tirez-vous de cette saison de concours 2016 ?

Xavier Trouilhet « Le bilan est plutôt positif puisqu'on avait augmenté sensiblement le nombre de concours. Avec des échéances importantes comme les championnats de France, à nouveau le Grand National et, dans une catégorie, le championnat régional des clubs que nous organisions pour la première fois. Tous ces événements se sont très bien déroulés avec une très bonne fréquentation, en progression. Au niveau des engagements c'est très bien. J'ai calculé que nous avions eu 22.000 partants sur l'année. 

Après, nous sommes toujours dans une phase de travaux puisqu'on a reconstruit des dalles pour reconstruire des boxes, un nouveau parking, un bâtiment en bois au bout de la carrière et l'autre bâtiment va être fait cet hiver, on va goudronner les parkings et faire les finitions. »

LC : Après 6 ans d'existence, une fréquentation en constante progression et une hausse progressive du niveau des concours, quels sont vos objectifs pour les saisons prochaines ? 

XT « Pour la saison prochaine, nous allons progressivement nous diversifier. Nous avons intégré le circuit du Pro Élite en Horse Ball où il y aura un week-end  de compétition au début du mois de mai. 

Ensuite je pars du principe qu'on a certain de nos concours qui sont désormais incontournable, et entre les concours nous avons des jours vacants. Et pendant ces jours, principalement en semaine, nous allons essayer d'organiser des stages fédéraux, des stages avec la SHF, on essaie de dynamiser ces jours creux.
L'année prochaine j'ai sensiblement le même nombre de concours que cette année, c'est à dire 33.

La TDA (Tournée des As ndlr) qui avait lieu cette année est reconduite en 2017 et aura lieu les 25 et 26 février. Je n'aurai pas de championnats nationaux, mais nous aurons à nouveau l'étape du Grand National de CSO. Et au mois de mai et mois de juin, nous allons essayer de mettre en place des formules pour les faire rester deux week-end de suite. 

Nous commençons à avoir des intervenants en dressage, en endurance et dans d'autres disciplines. 

L'objectif étant d'essayer d'avoir une activité permanente et diversifiée sur le site tout au long de l'année. »

T. Garnier



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