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Dans les pas de l’Ecuyer en Chef du Cadre Noir


25/10/2018
    
Au titre de notre plus prestigieuse institution équestre, le Cadre Noir de Saumur est aujourd’hui une représentation vivante et moderne avec la capacité d’insuffler un vent nouveau dans la pratique de l’équitation et dans la relation homme/cheval. Aussi, et parce que rien de grand ne se fait seul, force est de constater la connexion qui

Au titre de notre plus prestigieuse institution équestre, le Cadre Noir de Saumur est aujourd’hui une représentation vivante et moderne avec la capacité d’insuffler un vent nouveau dans la pratique de l’équitation et dans la relation homme/cheval. Aussi, et parce que rien de grand ne se fait seul, force est de constater la connexion qui existe entre le Cadre Noir, l’IFCE, et l’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance. Voyons comment ce patrimoine culturel placé entre les mains du colonel Patrick Teisserenc évolue au quotidien. 


A l’occasion des célébrations de la 169ème édition du Carrousel de Saumur, on sent une certaine effervescence dans les rues de la capitale de l’équitation. Entre protocole, représentations, travail des chevaux, gestion des équipes, et administration, le colonel Teisserenc amorce sa journée comme à son habitude. Premier tour des écuries, point avec les palefreniers déjà à l’œuvre, il transmet à son soigneur le planning du jour. Passage au salon des écuyers, rapide briefing avec les écuyers présents, et le voilà à cheval. « C’est un 7 ans, il faut le mettre léger sur la main, qu’il trouve sa place dans la reprise collective». 


Trente minutes de travail en carrière, avant que ne suive une visite rapide de l’ancien écuyer en chef, le colonel Loïc de la Porte du Theil. Les échanges entre les deux hommes révèlent la richesse du partage inhérente à la fonction. La tenue d’un spectacle ce matin impose un rythme soutenu. Reconnaissance à cheval du grand manège avec la représentation, rapide passage au bureau « J’y passe normalement la plus grande partie de mon temps » précise le colonel. S’en suit une heure de représentation dans la plus grande tradition française dans une salle comble.


L’après-midi sera consacré aux nouveaux équidés arrivés. « Notre piquet de cavalerie comprend 282 chevaux, nous le renouvelons par tranche de 10% chaque année ». La planification des participations aux ventes se fait dès le début d’année en lien avec les représentants associatifs des élevages. « Informations sur les dates des événements, transmission du cahier des charges... » 


Deux écuyers reviennent d’une vente. En 24 heures, ils ont essayé une vingtaine de chevaux à deux. Quelle que soit leur spécialité quand ils testent les montures, ils gardent à l’esprit les besoins comme les préférences de leurs collègues en matière de chevaux, car la sélection des équidés se fait pour l’ensemble des écuyers. C’est donc logiquement qu’au retour, tous les responsables de sections assistent aux premiers tours en liberté des nouveaux arrivants. Chaque attitude, posture, allure, trait de caractère est scruté avec attention afin d’échanger sur les capacités du cheval. C’est au regard de cette session que les chevaux seront placés dans les différentes écuries, dressage, spectacle, ou compétition. Reste que rien ne sera figé puisqu’en fonction de l’évolution de l’équidé dans le temps, un changement de spécialisation est toujours possible pour cadrer au mieux avec ses qualités intrinsèques.


Des achats en France mais aussi en Europe, avec ce qu’il faut de procédures disparates. Pour cette vente, les chevaux ont été présentés, puis essayés, les carnets de santé étaient prêts, les papiers administratifs complets, les prix très corrects, achats et embarquements se sont ainsi faits dans la fluidité et pour ainsi dire dans la foulée. Cette qualité de produits, de service, ces facilités ont une valeur certaine dans la bonne marche du renouvellement de piquet qui s’effectue chaque année.


Nous sommes dimanche, il est 8 heures du matin. D’ici quelques minutes après une actualisation de ses tâches de bureau et un tour des équipes, la première séance de travail à cheval sur la carrière commencera pour le colonel Teisserenc en vue de la dernière présentation d’une « Matinale ». Aujourd’hui de nombreux officiels seront présents dans le grand manège des Ecuyers. Après sa descente de cheval, direction le service de communication qui est en effervescence du fait des « aléas du direct ». Temps du protocole, représentants politiques, homologues militaires, invités, l’Ecuyer en chef accueille avec écoute et attention. La traditionnelle appellation de « Grand Dieu » du Cadre Noir prend une dimension profondément humaine aux vues de la richesse d’interactions du colonel.


Le grand manège affiche complet pour cette dernière présentation. Veillant dans l’ombre, un écuyer se place au fond des tribunes, il observe, attentif à tout ce qui fera l’objet d’un débriefing.


Ce midi, déjeuner presse. Au menu, la Doctrine. « La Doctrine c’est tout ce que l’on considère être vrai à des fins d’enseignement ». « Il n’y a eu aucune édition depuis l’après-guerre, il convenait alors de se rallier et de prendre parti entre d’Aure et Baucher, ce qui était très délicat. (…) A mon arrivée, j’ai choisi comme objectif de revenir à l’édition. » et de reprendre le colonel Danloux « Le culte de la tradition n’exclut pas l’amour du progrès ». Il cite bien évidemment les grands noms de l’Equitation avec tout le recul de l’homme de cheval confirmé, selon le général Pierre Durand « Il faut monter d’Aure avec un bauchérisme mesuré », « je ne suis que peu favorable à cette formule trop vague », il revient sur l’habilité en dressage du Colonel Margot… jusqu’à en arriver à sa rencontre avec Ralph Hippolyte, ancien athlète et enseignant de l’INSEP. Il est question de « la reconnaissance que nous avons tous un fonctionnement différent ». La démarche « Action types », dont il est inventeur, permet de mieux optimiser le fonctionnement de son corps en analysant le positionnement et « la façon dont les individus se meuvent dans l’espace ».


Conscient du rôle du Cadre Noir et de l’IFCE dans l’équitation moderne, l’impulsion est donc donnée pour une « individualisation de l’entraînement », avec « un enseignement plus adapté ». « Un encadrement favorisant le naturel du cheval comme du cavalier, on évite ainsi la crispation ». La première étape sera l’édition d’un livre prévu pour la fin d’année, qui sera suivi d’une offre de formations. Un second ouvrage en cours d’élaboration traite de la planification de l’entraînement. Ainsi en collaboration avec l’INSEP, on recherche le bien-être du cheval, la performance sportive mais également l’équilibre psychique de l’équidé. Enfin, le troisième opus mettra en lumière l’accompagnement, avec comme but de faciliter concrètement l’encadrement personnalisé des cavaliers.


Il est temps de rejoindre la délégation officielle pour le carrousel des Ecoles Militaires de Saumur, place du Chardonnet. Le temps d’un après-midi, c’est l’histoire de la cavalerie depuis 1918 qui est retracée, entre spectacles équestres de l’école militaire et les tableaux blindés. 


Utile rencontre avec le colonel Teisserenc pour comprendre que ce militaire à la carrière internationale et son réseau de professionnels experts et performants, sont en train de nous préparer une véritable révolution des pratiques équestres et équines modernes. 




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Journal Le Cheval n°304 du 26 Octobre 2018


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