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Concours complet : Pivoine des Touches et Minos de Pétra tirent leur révérence !


12/04/2019
    
Pivoine des Touches et Minos de Pétra, deux chevaux qui ont marqué le concours complet français, prennent leur retraite sportive en ce début de saison 2019. La Fédération Française d’Equitation et l’ensemble de l’équipe fédérale d’encadrement technique saluent leurs performances.

Pivoine des Touches, médaillée de bronze par équipe aux Jeux équestres mondiaux de Tryon (USA) en 2018 avec son cavalier de toujours, l’adjudant Donatien Schauly, cavalier du CSEM de Fontainebleau, prend sa retraite du haut niveau à 16 ans.

 Pivoine des Touches fait véritablement partie de la famille Schauly. Achetée à 4 ans, la baie était initialement destinée à Anne-Sophie, l’épouse de Donatien. Si le couple de cavaliers la débute en compétition, Pivoine ne quittera plus la selle de Donatien à partir de 6 ans. « Ce n’était pas une jument d’amateur et à l’époque je manquais d’expérience. Elle s’est toujours montrée précoce alors j’ai choisi de la laisser à Donatien », explique Anne-Sophie Schauly. Elle participe au Championnat du monde à 6 et 7 ans puis à son premier CICO 4*S (anciennement CICO 3*) et CCI 4* où elle remporte le cross à seulement 9 ans. La fille de Nykias démontre des qualités de vitesse indéniables. « C’est une véritable guerrière. Elle n’a pas beaucoup de force mais elle compense avec son mental et sa rapidité », analyse Anne-Sophie.

En 2013, le couple obtient la 6e place du CCI 5* (ancien CCI 4*) de Pau (64). La carrière de Pivoine est interrompue l’année suivante en raison d’une blessure mais elle revient petit à petit à son meilleur niveau pour participer à la belle médaille de bronze glanée par l’équipe de France aux Jeux équestres mondiaux en septembre 2018. « L’histoire de sa vie c’est finalement d’avoir toujours été la n°2 car Donatien avait soit Ocarina soit Séculaire pour les grosses échéances. Elle était notamment réserviste pour les JO de Londres en 2012 et le championnat d’Europe en 2013. Pivoine a enfin eu son heure à Tryon et c’était vraiment génial ! Elle nous a tant donné, c’est une belle récompense pour elle », se réjouit sa propriétaire. 

Le couple Schauly prend la décision de lui offrir une retraite bien méritée début 2019 : « C’est difficile de prendre ce genre de décisions mais nous avons aujourd’hui la possibilité de choisir quand s’arrête la carrière de notre jument, ce qui n’est pas le cas pour tous les chevaux. Pivoine est en pleine forme mais je la sens un peu moins tonique qu’avant alors je ne voudrais pas faire le concours de trop. Elle a couru les JEM de manière formidable, elle termine sa carrière idéalement », confie Donatien Schauly.

Si Pivoine ne concourra plus à haut niveau, Anne-Sophie et Donatien se laissent encore le temps de savoir à quoi l’année de leur jument de cœur va ressembler : compétitions en Amateurs avec Anne-Sophie ou reconversion en tant que poulinière. L’avenir le dira mais le couple a déjà une idée du futur étalon pour Pivoine, un certain Trésor Mail, compagnon de la médaille conquise aux USA… Encore une belle histoire à venir !

Après avoir foulé plus de 19 fois les terrains des concours complets les plus prestigieux, les CCI 5*, Minos de Pétra galopera désormais dans les prairies de son propriétaire et cavalier de toujours, Pascal Leroy.

L’histoire entre ce grand cheval bai et Pascal Leroy commence d’une drôle de façon. Issu de Northia, une ancienne poulinière de Pascal, Minos de Pétra s’avère, dès son plus jeune âge, délicat. Sa naisseuse, Martine Chiavassa, contacte alors Pascal qui le lui achète une bouchée de pain à 4 ans sans même le voir. 

Bien équipé à l’époque, il n’a pas beaucoup de temps à consacrer à ce bai au physique loin d’être parfait : « Il était très grand avec une encolure et un dos courts. Il avait un modèle ingrat. Quant aux sensations que j’avais dessus, elles étaient loin d’être bonnes ! », se remémore Pascal Leroy. Le hongre se révèle très sensible et compliqué.

« Avec le recul je me dis que j’aurais dû lui consacrer beaucoup plus de temps quand il était jeune », concède son cavalier. Pourtant les capacités du fils de Sioux de Baugy sont évidentes et Pascal sent qu’il possède un cheval d’exception : « Rapidement, j’ai su qu’il pourrait faire des 5*. Il avait une résistance et une endurance hors du commun », explique le cavalier originaire du Sud.

Le cheval montre rapidement des aptitudes exceptionnelles sur le cross. À 7 ans, il évolue en 4* et participe au CCI 5* de Pau à 9 ans où il termine 3e. L’année suivante le couple est sélectionné aux Jeux équestres mondiaux de Lexington dont Pascal garde un souvenir ému : « Nous avions ouvert le cross et il avait été fabuleux ! Des chevaux comme ça, c’est rare. »

Des facilités expliquées aussi par un physique hors norme. À l’arrivée du cross de l’un des cinq Badminton auxquels il a participé, et qu’il a tous bouclés sans-faute, Minos affichait un rythme cardiaque identique à celui d’un cheval qui n’avait pas encore couru, « les vétérinaires n’en revenaient pas ! », s’amuse Pascal Leroy.

Si Minos survole tous les cross, en revanche, le test du dressage est plus compliqué à gérer pour son pilote. « Il a toujours été difficile à monter sur le plat et à l’obstacle. Avec le temps, j’ai su composer sur les barres mais le dressage n’a jamais été notre fort. Je crois que psychologiquement je n’en ai toujours pas fait le tour ! », reconnaît son cavalier. Le duo décroche une médaille d’argent par équipe au championnat d’Europe de Luhmuhlen (GER) en 2011 et une 5e place au CCI 5* de Badminton (GBR) en 2014. 

À 19 ans, le cheval détient le record de participations en CCI 5* : 19 ! « Il est connu dans le monde entier. Les sensations que j’avais avec Minos sur le cross étaient incroyables ! », s’émeut le cavalier. Minos de Pétra aura marqué de son empreinte le concours complet mondial par sa galopade extraordinaire. Il avalait les distances avec une telle aisance que tout semblait facile.

Cette année il aurait pu devenir le deuxième cheval à prendre le départ de son sixième Badminton mais son complice préfère lui offrir une retraite bien méritée. « Il a toujours une santé de fer mais il vit mal les transports alors je ne veux pas insister », concède Pascal Leroy. Ce sont désormais plusieurs hectares en région nantaise qui l’attendent et dans lesquels il se plaît déjà.  Pascal pourra désormais compter sur Dior du Léou, le neveu de Minos, pour, peut-être, écrire une nouvelle page du concours complet français.



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Journal Le Cheva n°314 du 31 Mai 2019


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